Tenet – Christopher Nolan – 2020

05. Tenet - Christopher Nolan - 2020Be hard rewind.

   6.5   D’habitude j’aime beaucoup écrire sur le cinéma de Nolan. Mais Tenet ne m’inspire pas. Sans doute parce qu’il se prête moins au voyage et à l’analyse de ce voyage qu’à celle d’une fonction mathématique. Je ressens sensiblement la même chose avec le premier Matrix. Il faut le digérer, car thématiquement et visuellement y a plein de choses intéressantes, mais passé ce cap, il ne reste pas grand-chose. Sinon un déroulement suffisamment, ou en apparence, tortueux, tout du moins curieux, pour qu’on prenne plaisir à repenser au film ou à l’évoquer durant une conversation. Sensation étrange qui doit bien révéler quelque chose d’autre.

     Et pourtant c’est tout sauf un film béant et désordonné. C’est un pur film de matheux. Pas celui d’un matheux chiant, calculateur et poseur, mais plutôt celui d’un passionné, qui veut épater sa galerie tout en s’éclatant très sincèrement avec son jouet. Un peu comme un magicien. On en revient au Prestige, en somme. Bon là c’est le carré Sator et ses cinq inscriptions latines, que l’on retrouvera ponctuellement dans le film, qu’elles s’incarnent dans un lieu, un personnage, une société, un peintre ou le titre du film lui-même. Pourquoi pas. De mon côté, je préfère quand Nolan s’extirpe de cette froideur théorique et rigoureuse, pour m’embarquer au-delà, dans une dimension plus sensorielle, comme dans Inception ou Interstellar.

     Ces deux films me surprennent sans cesse. Je n’anticipe rien, j’aime cette capacité qu’ils ont de générer de la croyance. Ici c’est le contraire, le film ne sort pas suffisamment des rails pour être un pur objet de fascination et quand il le fait, on regrette qu’il n’ait pas joué la carte d’un Fury road, par exemple : En effet, j’ai été assez déçu que Tenet ne soit pas un pur palindrome, qu’il ne revienne pas à cette scène introductive de l’opéra ; Que la fin du film ne soit pas aussi intense et ludique que la double étrange scène de l’aéroport. Certes, la grande bataille finale se déroule dans la même temporalité que l’introduction, mais elle est aussi abrutissante qu’interminable.

     Mais il y a d’autres problèmes majeurs : Le premier, le plus évident, c’est que ce film-là, son Mission : Impossible ou son épisode de James Bond, en gros, Nolan l’a déjà fait et en mieux, c’était Inception. Le second problème vient d’une réplique, celle clamée en début de film par le personnage incarné par Clémence Poésy « Ne cherchez pas à comprendre. Ressentez ! » qui est une belle promesse d’évasion proposée au spectateur, tandis que le film ne va faire que prouver le contraire, tenter de nous accrocher par son récit et non par son voyage. L’autre souci c’est que si les acteurs sont tous très bons, leurs personnages manquent d’une vraie épaisseur, contrairement aux deux films suscités. Et pour finir, disons simplement que ce film existe déjà en mieux, c’est Terminator. Et une chose est sûre, Nolan n’est pas Cameron.

     Néanmoins, j’y suis retourné. Pas d’emblée comme j’avais pu déjà le faire avec Nolan, pour profiter à nouveau du voyage, mais ici avec l’espoir que je plonge justement dans le plaisir du grand–huit et non à me creuser la tête pour…pas grand-chose, il faut bien l’avouer. Et c’était plutôt agréable de le revoir, même si ça manque clairement d’émotion à mon goût, de personnages et d’une ambiance musicale. Alors voilà c’est un film à voir, même à revoir, avec de l’aspirine sur soi, mais ce n’est pas un très bon Nolan non plus.

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