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Archives pour 4 février, 2021

Le cercle rouge – Jean-Pierre Melville – 1970

23. Le cercle rouge - Jean-Pierre Melville - 1970« Tous coupables »

   8.0   Que dire si ce n’est que c’est un film-emblème assez parfait, la quintessence de l’art melvilien : Délestés au maximum, dégraissés jusqu’à l’os, le récit et son déploiement formel touchent à la grâce. Dans son épure de film noir, Melville s’y révèle plus souverain que jamais. Pourtant, Le cercle rouge arrive juste après L’armée des ombres, qui déboulait juste après Le samouraï, qui était lui précédé par Le deuxième souffle : C’est dire le niveau d’excellence dans lequel se situe l’auteur en l’espace de quatre ans.

     Le film s’ouvre sur une citation de Rama Krishna, qui lui donne son titre. Au départ, le film est éclaté entre plusieurs pôles, personnages qui n’ont à priori rien pour se chevaucher. C’est une histoire de cercle, de carrefour : Une rencontre entre un repris de justice, un commissaire, un évadé et un vieux flic corrompu. Une magnifique combinaison Delon, Bourvil, Volonte, Montand. Melville prendra toutefois le temps de faire éclore cette rencontre, de tracer l’entièreté du cercle.

     Ici, les flics et les truands s’y confondent. Le quotidien minutieux du flic solitaire, qui chez lui parle à ses chats et se fait couler un bain, pourrait être celui d’un ancien prisonnier en réinsertion. Quant à l’ancien flic, passé alcoolique, c’est en acceptant de se lancer dans un casse de grande envergure qu’il est extirpé de ses cauchemars. Les frontières sont minces. Après tout, Bourvil ne partage-t-il pas les menottes avec Volonte, accrochés à la couchette d’un train ?

     Le cercle rouge est un film incroyablement silencieux. Les dialogues ne sont jamais de trop, systématiquement nécessaires. Toutefois, j’ai compris pourquoi je ne l’avais jamais revu, contrairement au Samouraï par exemple : Tout y est tellement bien agencé, minutieux, millimétré, ascétique que le film, c’est sa limite – imposante ou non suivant l’humeur – ne laisse pas vraiment entrer l’émotion. Sans doute aussi que l’on sait trop vite où il nous emmène, dans un récit circulaire où les hommes, prisonniers de leur destin, chutent inéluctablement.

     Ceci étant, certaines séquences sont parmi les plus magistrales que Melville ait tournées. Le casse Place-Vendôme en tête, bien sûr et ses vingt-cinq minutes sans aucun dialogue. On n’oubliera pas non plus la lente fabrication de l’équipe d’élite qui mène à ce casse. Et plus tôt l’évasion du train puis la traque de Vogel qui s’ensuit. Jusque dans le coffre de la Plymouth, dans un champ boueux, le dialogue qui s’ensuit avec Delon. Très fort.


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silencio


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