Archives pour juin 2022



125 rue Montmartre – Gilles Grangier – 1959

13. 125 rue Montmartre - Gilles Grangier - 1959Noyade inédite.

   6.5   Lino Ventura y incarne Pascal, vendeur de journaux à la sauvette dans Paris, qui se lie d’amitié avec Didier (Robert Hirsch) un garçon mystérieux et dépressif qu’il sauve de la noyade. Ce dernier lui apprend qu’il a hérité d’une fortune mais que son ex-femme fait tout pour le faire interner. Pascal accepte alors de se rendre chez lui pour dérober l’argent mais se retrouve embringué dans une improbable histoire de meurtre. C’est un film noir très classique raconté ainsi. Mais le film est passionnant car il est clairement scindé en deux parties. Le début ressemble à du Duvivier, ou au Verneuil de Des gens sans importance, dans sa fine description du milieu, de cette amitié naissante, la suite davantage au Grangier que l’on connait quand il fait jouer Gabin. Les dialogues d’Audiard sont excellents et une fois n’est pas coutume ne phagocytent pas l’atmosphère du film. Mais c’est bien Ventura qui impressionne, tant il incarne une sensibilité à l’époque assez nouvelle dans son jeu, qu’il déploiera évidemment chez Melville.

Loin du périph – Louis Leterrier – 2022

09. Loin du périph - Louis Leterrier - 2022Pour Laffite.

   5.0   Aucun souvenir du premier, De l’autre côté du périph, qui était réalisé par David Charhon il y a dix ans si ce n’est que j’en avais écrit ceci : « Quelques situations/vannes pas désagréables, et la sympathie de son duo Laffite/Sy, mais dans l’ensemble c’est un buddy movie sans imaginations, calqués sur ses références qu’il ne fait que citer, de L’arme fatale à 48 heures ».

     J’oublierai probablement celui-là très vite aussi mais sur le moment j’ai vraiment trouvé ça très chouette en GRANDE partie grâce à Laurent Lafitte, qui me fait beaucoup rire. Il a vraiment un super timing comique. Omar Sy à ses côtés fait bien pitié, mais ce n’est pas très grave, leur duo fonctionne toujours bien. Grâce à Lafitte. Je l’ai déjà dit, oui.

     Autre point intéressant : Le film est globalement tourné en Rhône-Alpes, loin du périph donc, et ça offre une texture particulière au film, qui est une sorte d’Hot Fuzz à la française : C’est souvent bourrin, mais au moins la réalisation est très dynamique. Et Louis Letterier s’éclate au moins autant qu’Edgar Wright.

Oranges sanguines – Jean-Christophe Meurisse – 2021

17. Oranges sanguines - Jean-Christophe Meurisse - 2021« Il ne faut jamais être politiquement correct »

   6.0   Celles et ceux qui ont vu Apnée (2016), le premier film de Jean-Christophe Meurisse, ne seront pas surpris : Oranges sanguines en reprend clairement les codes, le ton, la méchanceté, déclinant l’humour des Chiens de Navarre (Il faut rappeler l’irrésistible titre de l’une de leurs pièces : « La peste c’est Camus, mais la grippe est-ce Pagnol ? ») de la scène à l’écran.

     Comme si les Blier et Délépine & Kervern d’aujourd’hui avaient (de nouveau) un peu de folie et d’inventivité. Celui-ci va plus loin encore, il est plus trash, plus « bête et méchant », plus dans la lignée d’une actualisation d’un C’est arrivé près de chez vous, disons.

     Et il opte moins pour le parcours initiatique et franchouillard de trois clampins (Il y avait du Peretjatko dans Apnée, qui était plus doux, poétique et absurde) que pour une mixture de film à sketchs et de film choral, au point de citer sans vergogne Pulp fiction à plusieurs reprises.

     Il y est donc question d’un couple de vieux participant à un concours de rock dans l’espoir d’éponger leurs dettes ; D’un ministre du budget plongé en pleine affaire de fraude fiscale ; de l’éveil d’une adolescente à la sexualité. Tout va se mélanger, y aura du viol, de la torture, des morts. Il, y aura Blanche Gardin en gynécologue, Patrice Laffont en présentateur d’émission de danse ; un sanglier dans le salon d’un péquenot grimé en joker ; un chien mangeant des testicules.

     C’est inégal bien entendu. C’est aussi très dérangeant, cynique et violent, mais ça fait plaisir de voir une vraie comédie méchante, un vrai film punk, tour à tour léger et grave, ignoble, euphorique et triste, à travers un mélange détonnant de farce politique et d’humour régressif.

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silencio


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