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Les voitures qui ont mangé Paris (The cars that ate Paris) – Peter Weir – 1974

02. Les voitures qui ont mangé Paris - The cars that ate Paris - Peter Weir - 1974Le village des tarés.

   5.5   Avant de réaliser le superbe Pique-nique à Hanging Rock, Peter Weir avait déjà réalisé un film, nettement moins connu, celui-ci, au sein duquel un type et son frère sont victimes d’un accident de voiture sur les lacets d’un village paumé, Paris, en Australie. Son frère ne s’en tire pas mais lui, oui. Et très vite il va comprendre deux choses : d’abord qu’il lui est impossible de quitter les lieux, qu’il en est empêché ; ensuite que les habitants de ce village provoquent volontairement des accidents afin de récupérer le butin des accidentés.

     Pitch complétement dingo, entièrement pensé et écrit par Weir lui-même, qui dit s’être inspiré de son passage en France où, sur une route de campagne, des individus le poussèrent à faire demi-tour prétextant la présence de travaux qui n’existaient pas.  Sans doute un coup des bretons, ça. Plus sérieusement et même si le titre faisait rêver pour cela, non il ne s’agira pas de voitures dévorant la capitale. Ce n’est pas non plus le même Paris que chez Wenders, au Texas. C’est un Paris fictif, de l’outback australien.

     Joli point de départ aux effluves horrifiques mais qui n’a pas grand-chose à voir avec la choucroute, un peu à l’image de ce drôle de titre intriguant : Le film ressemble moins à Massacre à la tronçonneuse qu’à un étrange mélange entre Mad Max & Asphalte. Cohabitent d’étranges bandes arborant stetsons, cache-poussières et voitures relookées en bolides de l’enfer, et des autochtones tous plus bizarres les uns que les autres, fidèles à leur frapadingue de maire, obsédé par les pionniers, qui sait laisser croire que Paris est une bourgade paisible et accueillante, alors qu’elle renferme une économie autarcique qui fonctionne uniquement grâce aux étrangers accidentés, qui leur fournissent malgré eux pièces détachées à échanger.  

     C’est un étrange film, qui aurait pu être énorme dans les mains d’un – au hasard – John Carpenter, mais qui s’avère aussi étonnant que raté, un peu mal rythmé, un peu mal joué (le héros notamment, est anormalement mou, transparent, mais difficile de lui en vouloir, c’est un rôle délicat car il renferme deux traumatismes), un peu mal monté, sans que ça n’affecte non plus la dimension malaisante du film, qui plonge dans un climat de carnage pur dans ses dernières minutes.

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