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Archives pour février 2023



Cursus fatal (Dead man’s curve) – Dan Rosen – 1998

23. Cursus fatal - Dead man's curve - Dan Rosen - 1998Voyage au bout des twists.

   4.0   Revoir un film qu’on aimait étant adolescent, énième chapitre. Cursus fatal est toutefois loin d’être celui en qui je plaçais de grands espoirs : C’était l’un de ces produits post-Scream, tellement post-Scream qu’il en récupérait Matthew Lillard aka Stuart dans le Wes Craven. Il ressemble aussi beaucoup à Sexcrimes, dans sa mécanique de rebondissements, mais ne pouvait s’en inspirer puisque les deux films sont sortis quasi en même temps. Mais au même titre que The Faculty (qu’il faut que je revoie) de Rodriguez, Cursus fatal s’avère très différent de ce vivier de slashers (Urban legend, Souviens-toi l’été dernier, qu’il faudrait que je revoie aussi) nés fin des années 90.

     Inspiré davantage du Petits meurtres entre amis, de Boyle, Dan Rosen, scénariste de L’ultime souper (1996), la comédie noire signée Stacy Title, y trouvait là une autre matière scénaristique prometteuse : Une clause de la charte universitaire stipule que lorsqu’un étudiant se suicide, on attribue automatiquement un « A+ » à ses camarades de chambrée, afin de compenser le traumatisme subi et de remédier à d’éventuelle chute de moyenne. Dans un campus, deux amis rêvant d’être admis à Harvard échafaudent un plan pour déguiser le meurtre de leur ami en suicide. Le scénario se veut malin, au début, mais à multiplier les twists improbables dans son dernier tiers, le dénouement n’a finalement plus aucun intérêt. Si Lillard cabotine allègrement et se fond particulièrement bien dans la dynamique trépidante du film, Michael Vartan (neveu de Sylvie Vartan, cousin de David Hallyday, cette info vous est délivrée par l’équipe de Voici) l’acteur principal, est complètement à côté, amorphe, une endive.

     À noter que le film est plus intéressant avant de mettre en branle ses tiroirs scénaristiques : Toute la scène de la fête au départ est plutôt bien pensée et jubilatoire le temps d’une séquence arrosée que j’avais oublié durant laquelle les universitaires refont au dialogue près la grande scène de roulette russe de Voyage au bout de l’enfer, en remplaçant les armes par des canettes de bières prêtes à leur exploser aux tempes. « More bullets ! Three ! MAO ! You gonna die motherfucker! » Je pense qu’avec les copains on aurait pu faire ce jeu à la con un soir de beuverie, sans problème.

L’été l’éternité – Émilie Aussel – 2022

20. L'été l'éternité - Émilie Aussel - 2022Simples mortels.

   4.0   Émilie Aussel, dont c’est le tout premier long métrage, a l’ambition de filmer l’été, Marseille, la jeunesse, le groupe, le deuil. Et l’impossibilité de (re)vivre après un drame. Le film essaie mais réussit peu, notamment au début – On pense à un croisement raté entre Clark et Kechiche – tant la lumière est souvent approximative, l’interprétation inégale, les plans soit trop poseurs façon carte postale, soit trop ingrats captés en gros plans. Il y a du mieux ensuite, notamment dans sa façon de filmer le théâtre (comme évasion) qui tranche un peu avec la banalité du reste. C’est pas du Rivette non plus, mais quelque chose se passe : la joie et l’insouciance collectives cèdent la place à l’incompréhension et la souffrance individuelles. Les couples se disloquent. Les amitiés se fêlent. Chacun expérimente la présence de la mort, la douleur de devoir vivre avec. Et sans : « toi aussi, il te manque quelqu’un » entend t-on lors du plus beau dialogue du film. Ils se pensaient des dieux, ils apprennent à n’être que de simples mortels. Dommage que le film soit si peu incarné, à l’image de son incapacité à filmer les lieux autrement – comme ça peut être le cas dans Sheherazade, Chouf ou Corniche Kennedy, pour évoquer d’autres films assez récents ayant choisi la cité phocéenne comme écrin – tant ça pouvait être Marseille ou une autre ville c’était pareil. Bon, je n’ai pas non plus envie de taper à boulets rouges sur le film, je trouve l’idée aussi belle que difficile à crédibiliser, transcender. Je conseille néanmoins Primrose Hill (2007) de Mikhael Hers, sur un sujet similaire, avec un groupe de jeunes adultes, déambulant non pas dans Londres (cette colline a évidemment son importance) mais dans un parc en banlieue ouest parisienne, faisant face aux échos d’une absence et la forte présence de ces lieux qui les avaient vu grandir. Hers aussi utilisait la voix off, Hers aussi séparait ses entités afin de faire éclore leur souffrance respective. Sa tenace mélancolie entrait elle en alchimie avec sa forme, d’une grâce « partitionnelle » inouïe. Émilie Aussel ne parvient jamais au quart de ce résultat – sans doute car je ne crois jamais à l’existence de son groupe – mais quelques instants et idées restent.

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