Archives pour mai 2024

This is us – S4 – NBC – 2022

03. This is us - S4 - NBC - 2022Eux c’est nous.

   9.0   Il y a toujours des idées de mise en scène dans This is us. Souvent il s’agit d’échos temporels sur lesquels la série joue si bien, parfois ce sont des détails comme lorsque Randall, ici, consulte enfin un psy, se confie puis se braque, fulminant contre un tableau angoissant, une machine à café récalcitrante, avant de revenir in-extremis, quand il comprend qu’il a autant besoin de cette thérapie pour lui que pour le bien de Beth, sa femme.

     Lors de sa première séance, le plan cadre systématiquement Randall, jamais la thérapeute, dont on entend la voix, mais qui reste hors champ ou seulement en amorce. C’est seulement lorsqu’il revient, décidé à s’engager dans cette thérapie, en somme, que le visage de son interlocutrice apparaît. Voilà, c’est pas grand-chose, c’est qu’un détail, mais ça fait partie des nombreuses idées qui jalonnent cette formidable série, d’une élégance exemplaire et d’une force inouïe.

     Il me semblait avoir entendu dire que la saison 4 était en-dessous, que la série s’essoufflait, tournait en rond. Je pense tout le contraire : elle s’étoffe encore, sans pour autant s’éparpiller. Chaque épisode est une déflagration. Jamais autant pleuré que devant This is us, je me répète je sais, mais c’est à un tel point qu’il m’est impossible d’enchaîner deux épisodes, tant chaque salve me laisse systématiquement sur le carreau.

     La saison culmine dans un quadruple épisode (aux deux-tiers) centré sur les trois frangins en crise durant la même temporalité (qu’on peut renommer le sad three) avant d’enchaîner un épisode de réunion dans leur chalet familial, où se côtoient les souvenirs, l’amour, la maladie, la mort, autour notamment d’une capsule temporelle enterrée. C’est un sommet d’écriture et de construction dramatique, c’est déchirant et merveilleux.

The Bear – S2- FX Productions – 2023

01. The Bear - S2- FX Productions - 2023Se réinventer.

   8.5   Je n’ai pas vu beaucoup de séries ces derniers mois, la faute en partie à The Bear, S2, car c’est simple je ne voulais pas voir autre chose. La troisième salve débarque en juin, je suis comme un clébard.

     Carmen Berzatto a retrouvé Chicago et relancé la sandwicherie familiale que lui a plus ou moins légué son frangin avant de se suicider. Il est évidemment le personnage phare, mais la série continue de creuser ceux qui gravitent autour de lui.

     À ce titre, la saison surprend en permanence, n’hésitant pas à s’aventurer ici auprès de Marcus, dans un épisode centré sur son séjour en formation à Copenhague ou là auprès de Richie en formation dans un restaurant gastronomique.

     Car c’est aussi le quotidien de cette saison : l’anticipation de réouverture du prochain restaurant, avec ses salariés au chômage technique, les soucis budgétaires, les problèmes avec le proprio, l’enfer comptable, le chantier qui s’éternise, la nouvelle carte à préparer. C’est très précis, très concret.

     C’est une grande saison méta, qui a l’audace de s’ériger contre la première : Il s’agit de tout casser pour ton reconstruire. Dans la forme comme dans le fond. The Beef a fermé, The Bear va ouvrir, après d’importants travaux. C’est donc un nouveau restaurant qui sera en construction, durant l’intégralité de cette saison. Comme lui (le restaurant) c’est une série en chantier, en évolution permanente.

     Il y a un épisode fou, au mitan, qui dure une heure, centré sur un repas de Noël en famille ayant eu lieu cinq ans plus tôt. Épisode Cassavetien quasi insoutenable au sein duquel brillent notamment Jamie Lee Curtis et Bon Odenkirk.

     Je n’en dis pas plus (et pourtant il faudrait évoquer ce dernier épisode dantesque…) mais je suis pas loin de penser que c’est un chef d’œuvre absolu.

Les randonneurs – Philippe Harel – 1997

01. Les randonneurs - Philippe Harel - 1997En quête corse.

    6.0   J’en gardais un souvenir mitigé et c’est bien mieux : Poelvoorde ne dévore ni les plans ni le film, le groupe existe, chacun des cinq personnages, leurs interactions, les caractères de chacun. C’est une comédie mais prise sous l’angle de la chronique, évitant les suites de sketchs. J’aime moins les scènes de flashbacks, bien qu’elles permettent de creuser chacun d’entre eux, je les trouve pas hyper bien amenées. Pas grave, chouette redécouverte, dans l’ensemble.

Les têtes givrées – Stéphane Cazes – 2023

13. Les têtes givrées - Stéphane Cazes - 2023Hors les murs.

   5.0   Feel good movie aux airs de fable écolo didactique absolument charmante, en partie grâce à son casting d’ados, mais aussi parce qu’il y a du soin dans la forme, notamment dans sa façon de capter la classe de Segpa et le village au pied du Mont Blanc. Rien de transcendant, cela reste bon enfant, mais avec Cornillac & Tagbo en têtes (givrées) d’affiche, je craignais la nausée. Ils se fondent bien dans le film, sans le vampiriser. À noter que le film est réalisé par Stephane Cazes à qui l’on devait le superbe Ombline (avec Mélanie Thierry) il y a dix ans… et rien depuis. Mystère.

Le livre des solutions – Michel Gondry – 2023

24. Le livre des solutions - Michel Gondry - 2023Intimité.

   4.0   Quand le seul ressort comique qui fonctionne c’est Pierre Niney s’acharnant sur un assistant qui tousse, c’est léger. Mais ce running gag m’a vraiment fait marrer, j’avoue. Le film est intéressant en tant qu’autoportrait peu flatteur de cinéaste égotique, mythomane et bipolaire mais c’est globalement très bordélique, comme toujours chez Gondry et l’ennui l’emporte. Il y a toutefois une belle découverte : Frankie Wallach, qui illumine chaque scène où elle apparaît.

Mais qui a tué Harry ? (The trouble with Harry) – Alfred Hitchcock – 1956

02. Mais qui a tué Harry - The trouble with Harry - Alfred Hitchcock - 1956« Mais où est le cadavre ? »

   2.0   Intrigue de cluedo absolument sans intérêt. Humour british difficilement supportable. Photo si automnale qu’elle accentue la dimension parodique. Bavardages incessants. Cadavre que l’on enterre ou déterre jusqu’à l’absurde. Film épouvantable, pour ma part, d’un ennui mortel.

Hynotic – Robert Rodriguez – 2023

15. Hynotic - Robert Rodriguez - 2023Planète erreur.

   2.0   Nanar de luxe par Robert Rodriguez le spécialiste en la matière, qui tente ici une douloureuse mixture entre Scanners, de Cronenberg et Inception, de Nolan. Une catastrophe, aussi bien niveau récit, mise en scène, construction qu’interprétation.           La fin pourrait faire illusion, mais impossible de mettre de côté l’indigence de ce qu’on vient de s’enquiller, donc aussi intéressante soit-elle, cette fin ne rachète absolument rien. Et sans doute pas Ben Affleck, qui a rarement été aussi nul – c’est dire – tant c’est fou comme il est aux fraises là-dedans.

Mystère à Venise (A haunting in Venice) – Kenneth Branagh – 2023

27. Mystère à Venise - A haunting in Venice - Kenneth Branagh - 2023Mort du cinéma.

   0.5   Un soir tu revois l’un des plus beaux films du monde (Kramer vs. Kramer) puis le lendemain tu te tapes cet infâme étron… Branagh c’est peut-être bien ce qui se fait de pire aujourd’hui, non ? Je dis ça en ayant vu que celui-ci, son autre adaptation d’Agatha Christie à savoir Mort sur le Nil, et son opus Marvel concernant Thor, mais j’assume : Zéro cinéma. Et tu le sais dès les trois premiers plans. 

Recherche Susan désespérément (Desperately seeking Susan) – Susan Seidelman – 1985

10. Recherche Susan désespérément - Desperately seeking Susan - Susan Seidelman - 1985Into the groove.

   7.0   Le film transpire tellement les années 80 de toute part qu’il pourrait être irregardable. Et pourtant la magie de cet After Hours qui rencontre Blue Velvet fonctionne. Madonna alors superstar ne dévore jamais le film, même quand elle danse en boîte de nuit sur Into the groove (son propre morceau). La mise en scène est superbe, la photo très belle. Rosanna Arquette, magnifique, comme d’habitude. La fin est super émouvante, en plus. Pas loin d’avoir adoré.

Les choses humaines – Yvan Attal – 2021

12. Les choses humaines - Yvan Attal - 2021Zone grise.

   7.0   Film casse-gueule à tous les étages (le simple fait qu’Yvan Attal y filme sa femme ainsi que son propre fils campant le rôle d’un garçon accusé de viol, je trouve ça vraiment étrange) sur lequel j’aurais des réserves, sur la construction notamment, mais aussi niveau interprétation, mais dont j’ai trouvé le récit absolument passionnant (très envie de lire le livre de Karine Tuil dont il est l’adaptation) et la mise en scène habitée et maîtrisée (je n’attendais pas Attal à ce niveau, franchement) surtout lors du procès qui occupe la deuxième moitié du film. Super film, intense, complexe, aux dialogues ciselés.

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silencio


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