The chronology of water – Kristen Stewart – 2025

24. The chronology of water - Kristen Stewart - 2025Pieces of traumas.

   8.0   Au départ il y a un roman autobiographique de Lidia Yuknavitch, The chronology of water – paru chez nous en 2016 sous le titre La mécanique des fluides – qui a semble t-il bouleversé Kristen Stewart.

     Un récit fragmenté réputé inadaptable dans lequel une grande nageuse espoir cherche à échapper à un univers familial malsain, entre un père alcoolique et incestueux, une mère démissionnaire et dépressive. Après un passage manqué dans une université sportive du Texas, où elle est renvoyée pour avoir consommé des drogues et de l’alcool, Lidia décide de participer au projet d’écriture de Ken Kesey (l’auteur de Vol au-dessus d’un nid de coucou ) qui va enfin donner un sens à sa vie.

     Voir The chronology of water dans la foulée de Nouvelle vague, de Richard Linklater fut une expérience aussi déroutante que passionnante tant les deux films se situent aux antipodes. À la légèreté récréative de l’un répond la brutalité empirique de l’autre. L’hommage d’un côté, l’expérience de l’autre. Et pourtant, les deux films sont superbes.

     Celui de Kristen Stewart est un film radical, viscéral, bouillonnant, parfois insoutenable, sa construction morcelée, sa bande-son torturée, ses images d’une violence inouïe. Tout au diapason de son héroïne, incarnée par une extraordinaire Imogen Poots, qui partage (et comprend) ses souvenirs par résurgences.

     Et pourtant le montage s’adoucit malgré tout, la chronologie gagne, sans doute quand la résilience s’installe, quand la ligne claire se démarque, quand Lidia parvient à écrire ce qu’elle ressent : la littérature devient son refuge. Un moyen thérapeutique pour exorciser cette enfance brisée puis ce deuil insurmontable – cette scène, sans la révéler, est l’un des moments les plus traumatisant vu (et entendu, putain) sur un écran de cinéma, vraiment.

     Ce qui m’a impressionné c’est sa matérialité. C’est une tornade de fluides, un film de sang, de larmes, de gerbe, de cyprine, de transpiration, de pisse et de merde. La cinéaste n’hésite pas, elle fonce. Et jusque dans sa narration puzzle, qui monte des embryons de séquences de passé ou de futur dans celles au présent. Le générique final aussi continue d’imprimer ce montage fragmenté et ce mixage sonore dément. Il y a une urgence là-dedans qui fait mal – c’est un rouleau compresseur – mais aussi un bien fou, loin d’être amoindri par les apparitions magnifiques de Kim Gordon et Jim Belushi.

     The chronology of water rappelle aussi bien The substance, Pieces of a woman, À ma sœur, Aftersun que Moi Christiane F. Pas que des films très légers, quoi. Il m’a fallu du temps pour l’apprivoiser – j’avais l’impression d’assister, durant la première demi-heure, à un catalogue indigeste de tout ce que je détestais – mais une fois dedans, ça m’a mis une bonne claque.

     Chaque plan est rempli de stridences visuelles et sonores jusqu’à la nausée. C’est épuisant, éprouvant et bouleversant. Ce n’est pas un film facile. Clairement pas. C’est un film courageux, insolent, sans concessions. Et cela confirme que Kristen Stewart (qui a depuis dix ans joué chez Kelly Reichardt, Pablo Larrain, Olivier Assayas, Woody Allen ou David Cronenberg) est une actrice et cinéaste absolument passionnante.

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