Sous le sable.
5.0 Hong Sang-Soo divise son film en deux parties. Ce n’est pas la première fois qu’il adopte ce type de construction en revanche c’est la première fois que le résultat m’apparaît aussi déséquilibré. Pourquoi cette cassure à vingt-cinq minutes ? Une partie courte à Hambourg suivie d’une partie longue en Corée. Je ne comprends pas les motivations de ce choix. Pas plus que la direction choisie par le film. J’ai la sensation – néanmoins jamais désagréable – qu’il reste volontairement flou dans ses intentions, qu’il s’amuse de son ambiguïté entre rêve et réalité, dislocation temporelle, rêve éveillé et mise en abyme, jusque dans ce personnage mystérieux qui traverse le film, dans un parc, sur un balcon, sur une plage.
Ce n’est pas désagréable car le film rejoue les notes habituelles de son auteur, qu’on s’y sent bien malgré tout, même si l’on n’y comprend rien, un peu comme chez Lynch. Là, il se trouve que le film est régulièrement accompagné par l’Adagio du quintet à cordes D.956 de Schubert, potentiellement la plus belle musique du monde. Il m’en faut peu pour passer un bon moment. Bien entendu aussi, j’y retrouve mes scènes de dialogues via des plans très longs typiques de son cinéma, qui joue du zoom pour recadrer. J’y retrouve ce rythme, cette errance contagieuse, faite d’alcool et de cigarettes. Mais je ne retrouve pas le HSS ludique en revanche. Il me manque ici. M’ennuie plus qu’il me stimule. Mais Kim Min-Hee est sublime.
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