Sur le sable.
6.5 Jojo & Willy sont deux ados inséparables depuis l’enfance. Ils rêvent tous deux de quitter la région, en attendant ils passent leur temps sur leur bécane et en grande partie à la pampa, le terrain de cross local. Mais Jojo a un secret, que Willy va bientôt découvrir. Un secret qui ébranle tout, dans ce monde très codifié, masculiniste et toxique.
Bonne surprise que ce premier film, qui parvient à détourner les poncifs de toutes les thématiques qu’il aborde : récit d’amitié contrariée, coming of age, territoire prison, relations père fils, deuil impossible. La liste en impose, l’objet semble casse-gueule à souhait mais Antoine Chevrollier, dont c’est le premier long métrage – mais il a notamment réalisé de nombreux épisodes de Baron noir et Le bureau des légendes – dynamite le programme.
Entre cette histoire de circuit et de jeunes qui tournent en rond, évidemment, le film a tout pour être un peu lourd, mais le cinéaste l’investit à la fois pleinement et de façon assez incarnée. La Pampa parvient à faire exister ses lieux (cette arène sableuse dédiée au moto cross bien sûr, mais aussi cet hôpital désaffecté qui renferme la grande douleur d’un personnage, ainsi que ces chambres d’adolescents…) ses personnages, cette amitié.
L’impression qu’il tisse un scénario très sophistiqué autour de ce cœur pour s’en extraire systématiquement. À ce petit jeu, la dernière course (à la place de) est un modèle de fausse piste. Sans en dire trop, faut-il continuer le circuit en hommage à papa et au copain ? Le film y répond très simplement par une sortie de piste très touchante. Il surprend souvent. Ne réussit pas tout, loin de là mais il s’avère assez stimulant.
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