Love is hard.
6.0 Si dans Passages, je retrouve pleinement la finesse d’écriture et de mise en scène d’Ira Sachs, il m’est en revanche plus délicat d’être ému par la trajectoire du personnage qu’il « défend » – celui qui sera de chaque ou plan, ou presque.
C’est l’histoire d’un triangle amoureux. De ce triangle, le cinéaste s’intéresse surtout à l’un de ses trois angles : Tomas. Il est cinéaste et est en couple avec Martin mais va tomber amoureux d’Agathe, l’une de ses actrices. Mais Tomas reviendra vers Martin. Puis Agathe tombera enceinte. Et Tomas se dira qu’un bébé serait un vecteur d’équilibre et fantasme l’idée de la tri-parentalité.
Passages est ancré dans Paris mais on n’en verra pas grand-chose sinon ses appartements bourgeois et une dimension cosmopolite déjà appréciée dans Frankie, son précédent film. Mais Sachs n’est finalement pas plus intéressé par Paris que par le monde du cinéma. C’est un film sur Tomas, son incertitude constante.
Franz Rogowski est un acteur extraordinaire – mais on le sait déjà depuis Victoria, de Sébastien Schipper & Happy end, de Michael Haneke – mais ce personnage plus-égocentrique-tu-meurs ce n’est pas possible. On souhaite lui coller des baffes à chaque plan. On ne sauve que ses nombreux crop-tops. Il en fait trop, en plus. Et sa diction nasale n’aide pas.
Alors heureusement, Ira Sachs donne de la place aux deux autres. Et Adèle Exarchopoulos & Ben Whishaw sont superbes. On ne les voit juste pas suffisamment. À l’exception de cette scène au café – la seule qu’ils ont en commun tous deux, sans Tomas – absolument magnifique, déchirante.
Le film reste jalonné de très belles séquences et notamment une superbe scène de sexe qui rappelle celles de Keep the lights on, son chef d’œuvre. Mais c’est une petite déception, au regard de ce que j’attends du réalisateur de Brooklyn Village.
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