Carol.
7.5 Après Not wanted – son tout premier film, chef d’œuvre instantané – Ida Lupino retrouve l’actrice Sally Forrest (mais aussi l’acteur Keefe Brasselle) pour un autre portrait de femme d’une grande complexité.
Never fear raconte l’ascension d’un couple de danseurs se retrouvant stoppée nette lorsque la jeune femme est brutalement frappée par la poliomyélite. C’est donc moins la réussite triomphante dans leur domaine de prédilection qui passionne Ida Lupino que celle de l’apprentissage de leur renoncement, à leur carrière, mais pas en l’amour, quand bien même les chemins soient tumultueux.
Car c’est aussi la clé dans une histoire amoureuse, la force de résignation et l’acceptation du handicap de l’un ou de l’autre. Il me semble que Never fear parvient brillamment à incarner cet enjeu, non sans difficultés – et notamment du refus de l’amour par dégoût de soi – d’une certaine renaissance, symbolisée ici par un nombre de scènes saisissant Carol lors de ses séances de rééducation.
Never fear est à la fois une magnifique histoire d’amour, le récit d’une descente aux enfers mais aussi celui d’une reconstruction personnelle. Et tous ces récits sont réussis. C’est un beau mélodrame.
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