Father mother sister brother – Jim Jarmusch – 2026

21. Father mother sister brother - Jim Jarmusch - 2026Le lien défait.

   5.0   Voir Jarmusch revenir au film à sketches n’est pas très surprenant. Ce qui l’est en revanche – après un passage raté dans l’univers des zombies : le très médiocre The dead don’t die – c’est de le voir retrouver son rythme et ses obsessions et livrer un film aussi terne.

     Le film est construit sur trois segments indépendants reliés entre eux d’une part via des échos : une expression, le fait de porter un toast (à l’eau, au thé ou au café), une montre Rolex, des photos de famille, de l’eau mais aussi des skateurs au ralenti (absolument ringard). Reliés d’autre part au moyen d’un dénominateur commun : l’idée d’investir un lieu sur un laps de temps très court, quelques heures tout au plus.

     Surtout il s’agit dans chaque cas d’un rapport entre des enfants (des frangins adultes) et leurs parents. Dans le premier, la mère est morte depuis peu. Dans le deuxième le père semble n’avoir jamais existé. Dans le dernier les deux parents ont péri dans un accident d’avion. Il y a toujours un « jeu » autour de cette absence. Ce hors champ.

     Le dernier segment m’a permis de comprendre un peu où Jarmusch voulait en venir et cette idée de fuir ses parents quand ils sont vivants et les chercher et/ou regretter quand ils ne sont plus là. Mais que les parents fuient aussi leurs enfants et qu’un grand mensonge se transmet.  Que personne n’a très envie d’être là et de se voir : par ailleurs, dans chaque segment, il faut déjà se quitter à peine s’être retrouvé. Et il y a cette idée que seuls les objets nous survivent, entassés dans un garde-meubles. C’est assez beau sur le papier. Rehaussé dans le dernier segment par le fait que la compétition fraternelle a disparu puisque leurs vieux ne sont plus là.

     Mais le film m’a semblé désincarné. Mort de l’intérieur à l’image de cette maison de campagne de New York en plein trou paumé, cette maison en banlieue de Dublin ou cet appartement vide parisien. Ou pire de ces scènes de voitures, bien meilleurs dans n’importe quel autre Jarmusch. Son art minimaliste m’a semblé plus artificiel et souffreteux.

     On se raccroche à des présences un peu fantomatiques mais assez touchantes : Tom Waits dans le premier, Vicky Krieps dans le second. À ces dualités fraternelles sous-jacente, à la place de l’argent, discrètement introduit ici et là. Et aux jumeaux du troisième segment avec lesquels j’aurais aimé passer davantage de temps.

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