La première piste.
6.0 Le précédent film de ce duo de cinéastes italiens, La légende du roi crabe (2022) m’avait enthousiasmé, dans sa volonté de produire du cinéma au moyen d’une légende, de s’ouvrir au western aux accents herzogiens, entre l’Italie profonde et la Terre de feu.
On retrouve partiellement cette folie vénéneuse dans Pile ou face, qui s’avère beaucoup moins fou et radical mais réserve néanmoins son lot de plaisir, en grande partie esthétique : le film est visuellement somptueux.
Surtout il aborde le western sous un angle féminin d’une part – Nadia Tereszkiewicz y sera de quasi chaque plan – en partant d’une légende qui accompagna un passage de Buffalo Bill à Rome, pour un concours de rodéo entre cowboys et vachers italiens. Or celui qu’on dit héros ici et qui sera vite l’homme à abattre, n’aura rien fait sinon partir avec celle ayant tué son mari, éminent officier italien.
D’autre part le film se débarrasse des codes du genre, virant au délire onirique et surréaliste : un personnage meurt et devient une simple tête parlante. Mais aussi en confiant la voix off à un narrateur (le journal intime de Buffalo Bill) qui n’a pas vraiment accès à cette histoire, n’en fait quasi pas partie, créant une discordance passionnante entre réel, fiction et transmission.
Pile ou face est aussi l’occasion de retrouver Gabrielle Silli, qui illuminait de sa gueule mystérieuse et sa posture unique La légende du roi crabe. Il me rappelle un Sutherland ou un Carradine. Et il faut rappeler la présence de John C. Reilly, une autre gueule, une vraie et un acteur magnifique, toujours génial qu’importe le film dans lequel il joue.
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