The mastermind – Kelly Reichardt – 2026

21. The mastermind - Kelly Reichardt - 2026Criss-cross.

   7.5   Kelly Reichardt est à mes yeux l’une des cinq plus grand(e)s cinéastes en activité. Je n’ai rien manqué de ses films en salle depuis La dernière piste, il y a quinze ans. Je me souviens comme si c’était hier de cette séance bouleversante. Je rêve aussi de rattraper son tout premier long métrage, River of grass. Bref, impossible pour moi de rater un nouveau Reichardt, j’y vais presque religieusement.

     Cette fois le projet m’évoquait à la fois son film que je préfère (Night moves) et celui que j’aime le moins (Showing up) si tant est qu’il y ait du sens à les hiérarchiser. Aussi, j’avais la sensation que le film, via son casting, effectuait une douce passerelle avec le Licorice pizza, de Paul Thomas Anderson et La Chimère, d’Alice Rohrwacher. Deux films que j’adore. Quel plaisir de retrouver Alana Haim et Josh O’Connor.

     En 1970, dans le Massachusetts, James Mooney, père de famille et menuisier au chômage, élabore un plan pour dérober quatre tableaux de l’artiste américain Arthur Dove dans le petit musée local. Le jour du vol, il est contraint de conduire lui-même le véhicule quand son chauffeur se désiste ; une fois les peintures dérobées, son jeune complice fait usage d’une arme pour menacer les témoins. Il est bientôt arrêté (après un braquage de banque foiré) et témoigne contre James, qui se retrouve en cavale.

     Kelly Reichardt fait toujours un peu le même film – ici on pourrait même dire qu’elle refait First Cow, deplacé dans les années 70 – pourtant elle me surprend à chaque fois. Ici j’ai d’abord eu la sensation d’un film un peu figé, dans son récit comme dans sa reconstitution. L’impression qu’elle tirait un peu trop vers un film des Coen, sans y toucher : beaucoup pensé, ne serait-ce que dans ses couleurs, à Inside Llewyn Davis. La seconde partie du film a fait envoler mes maigres réserves.

     Surtout je suis en désaccord total avec ceux qui ne trouvent pas le personnage principal attachant. Moi je l’adore ce personnage. Mais pas comme on dirait qu’on adore la beauté d’un personnage, mais plus la façon qu’à Reichardt de le filmer, préservant sa part de mystère, de candeur, de bêtise, d’égoïsme et son hermétisme. J’y crois en ce personnage. Cela tient aussi à ceux qui gravitent autour de lui. Ses gamins, notamment. Quelle idée géniale qu’ils n’aient pas école le jour du casse ! Ou ce couple d’amis, qu’il rejoint durant sa cavale : les meilleures scènes du film. Et quel bonheur d’y retrouver l’actrice de la série Transparent et l’acteur de First cow.

     J’adore les diverses fausses pistes que le film dissémine à l’image des tableaux que James déballe – comme un gosse avec ses cadeaux – afin de les accrocher aux murs de son salon, pour finalement les ranger et aller les cacher à l’étage d’une grange : scène génialement interminable, avec un lourd coffre en bois (il parait que la cinéaste a coupé la scène qui voyait le personnage construire cette caisse, quel dommage) et une échelle récalcitrante. J’adore la fin du film, avec cette petite vieille, cette manif, la police et l’ironie du sort – avec le spectre de la guerre du Vietnam – qui me rappelle la superbe fin du Hair de Milos Forman.

     C’est simple j’ai eu l’impression de voir une rareté des années 70. Un prolongement du Fat city, de John Huston. À noter que je peux être très réticent à l’usage musical omniprésent – notamment chez Paul Thomas Anderson. Et bien j’ai trouvé ici la bande-son jazz de Rob Mazurek absolument parfaite et parfaitement utilisée, en tant que prolongement de l’image.

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