Les amants diaboliques.
7.5 Lucienne et Pierre sont amants. Ils ont un lieu de rencontre secret au bord d’un lac, dans un sous-bois le long d’une route de campagne. Paul, le mari de Lucienne est député-maire de droite de la ville. Clotilde, la femme de Pierre, est toujours triste, amère et neurasthénique.
C’est essentiellement dans sa construction que le film surprend, puisqu’il nous propose rapidement un flashback montrant la rencontre des futurs amants, initiée par Paul quand il engagea Pierre en tant qu’adjoint afin de rameuter quelques voix de gauche.
L’installation puis le retour en arrière nous amènent ensuite au point de rupture présent qui sous-tend toute la passion amoureuse de nos amants. Difficile de savoir si Pierre agit ou non sur un coup de tête, mais il va empoisonner sa femme, au moment de lui préparer ses traditionnels médicaments du soir.
Ce meurtre sera facilement considéré par tous comme un suicide. Mais c’est le début d’un engrenage d’une grande noirceur, malgré l’humour décalé qui peut se dégager d’une situation à l’autre et la photographie automnale absolument magnifique qui accompagne tout le film.
Le film vire au thriller machiavélique. Mais il restera aussi une chronique politique d’une petite ville de province sous l’ère pompidolienne. Une satire de la petite bourgeoisie provinciale, engluée dans des mariages de frustration et d’impuissances, et vies de famille sans queue ni tête.
L’amour, le vrai, se loge dans les crimes, au sein des Noces rouges. C’est un film très subversif dans la mesure où rien n’existe sinon nos amants diaboliques, qu’on aime malgré leur folie autodestructrice et leur vulgarité presque enfantine, marquée par cette scène géniale de baise et champagne dans « la chambre royale » du musée local. Piccoli, Audran et Piéplu y sont au sommet.
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