Quatre garçons sans avenir.
7.0 Un film souvent très apprécié (sinon davantage) que je n’avais pas revu depuis mille ans et qui, à l’époque, m’avait fait ni chaud ni froid. Pourtant c’est très bien. C’est un beau Rob Reiner sous influences Kingiesque (avant d’adapter Misery trois ans plus tard) puisqu’il s’agit d’une nouvelle (intitulée The Body) de l’auteur de Ça. Là aussi il y est question d’enfants et de mort. C’est un film traversé par la mort. Celle d’un frère récemment disparu. Celle, rétroactif, de River Phoenix, disparu quelques années plus tard. Et bien entendu celle d’un garçon de l’âge de nos quatre protagonistes, qui aurait disparu et dont ils se mettent en tête de retrouver le corps dans l’espoir que leur découverte les fasse apparaître dans les journaux ou à la télévision. C’est donc un road-movie à pied, le long d’une voie ferrée de l’Oregon, entre ses champs et ses forêts. Mais le film est surtout le récit de quatre gamins paumés, certains sont violentés par leur père, d’autres souffrent de l’absence de leurs parents. Ils vont traverser des obstacles, ici un train sur un point ferroviaire, là des sangsues dans un marécage. Sans compter une bande rivale (dans laquelle on reconnaît d’ailleurs Kiefer Sutherland) qui a le même objectif qu’eux. Bref, c’est une superbe chronique adolescente, où les restes de l’innocence rejoignent la cruauté du monde. Le récit d’une amitié réelle mais éphémère, réunie autour d’une quête absurde, avant qu’elle soit désunie par le temps, la vie. La fin du film est à la fois plutôt lumineuse et d’une mélancolie terrible.
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