Apex – Baltasar Kormákur – 2026

05. Apex - Baltasar Kormákur - 2026La rivière sauvage.

   5.0   Après un épisode traumatique en plein alpinisme sous une tempête, Sacha (Charlize Theron, très bien) n’est pas guérie pour autant et va chercher sa dose d’adrénaline dans une rivière sauvage de l’outback australien. Malheureusement, il y a pire qu’une nature qui se déchaîne. Le personnage se retrouve en effet pris en chasse par un taré local dont c’est la grande passion, puisqu’il guide plus ou moins les touristes en mal de sensations fortes avant d’en faire de la viande séchée revendue dans des relais paumés. Je divulgâche beaucoup là mais vraiment on a tellement vu tout venir que ce n’est pas très grave. Dès l’instant qu’on le voit dans la station-service, on comprend que sa bienveillance – il sauve plus ou moins Charlize Theron d’une embrouille avec des autochtones relous – masque son identité de type plus cinglé que la moyenne. Un peu plus tard, c’est à lui qu’elle demande comment rejoindre la rivière et il va évidemment lui conseiller un parcours qui lui convient à lui. Le parcours le plus simple ou le plus difficile, lui demande t-il. Le meilleur, répond t-elle. Et c’est en effet au moment où la chasse non pas du comte Zaroff mais du cramé du bulbe Ben aux cris de corbacs commence, que le film devient meilleur. L’installation est un peu longue, on a déjà vu ça tellement de fois. En revanche dès qu’on entre dans le vif, le survival chevronné, on retrouve le Baltazar Kormakur d’Everest, à l’aise avec les éléments : ce décor de rivière, grottes et canyons en impose. Et il faudra pour Sacha repasser par l’épreuve grimpette pour s’en sortir, combattre le mal le plus fou et accepter son deuil. Rien d’original, mais plutôt efficace dans son genre. Taron Egerton et ses faux airs de James McAvoy dans Split, est assez flippant faut bien avouer. Mais le film aurait gagné à être davantage resserré sur cette partie. J’aurais enlevé l’introduction, qui d’une part est très laide visuellement (on ne voit rien) et qui d’autre part refait Vertical limit, Cliffhanger et autre Fall. On sent qu’il vise ensuite davantage Délivrance. L’horreur en plein jour. Mais j’aurais aimé qu’il soit tout aussi radical et démoniaque qu’un Bone Tomahawk, auquel on songe dans les grottes. Consolation : Kormakur ne se laisse pas gagner par la facilité des flashbacks (comme il le faisait dans Adrift) et s’en tient au présent, au réel le plus prosaïque. Point de twist de fou non plus. C’est une ligne claire et c’est très bien comme ça.

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