Toy Story 5 – Andrew Stanton & McKenna Harris – 2026

19. Toy Story 5 - Andrew Stanton & McKenna Harris - 2026Ecran total.

   6.5   Je le répète, hors rares exceptions, Pixar pour moi c’est d’abord la franchise Toy Story. Une merveille. J’avais découvert les trois premiers opus à l’époque de la sortie du troisième. Toy Story 3 fut très fort pour moi. Une déflagration. Plus tard, le tout premier fut très important pour mon fils, qui le regarda en boucle. Le quatrième film fut une grande et belle surprise, malgré mon scepticisme qui accompagnait sa sortie : comment faire après une fin de trilogie si parfaite ? Or le simple fait d’avoir bouclé l’arc Woody après celui d’Andy tout en y intégrant un nouveau type de jouet (la fourchette jetable), une poupée cassée et un jouet décevant, suffisait à faire oublier les doutes. Que d’idées brillantes qui nourrissaient des enjeux fort, émotionnellement parlant.

     Avant d’aller voir le cinquième volet – sans véritables attentes – c’est ma fille qui manifesta le désir de revoir les troisième et quatrième volet. Bref, on a vécu Toy Story quelques jours durant, ça faisait longtemps. Quel plaisir de retrouver Woody, Buzz, Jessie, Rex, Zigzag, Pile-Poil mais aussi Lotso, Fourchette, Bo, Duke Kaboom et j’en passe… et bien entendu Andy puis Bonnie… avant de faire connaissance avec Blaze, Rouleau Pote ou Lilypad. Car c’est tout l’intérêt de cette franchise, le plaisir de la rencontre et de la retrouvaille. L’histoire d’une famille recomposée qui s’agrandit de plus en plus. Un récit à hauteur d’enfant (mais pour tous les âges) qui convoque les petites douleurs et les grandes joies de l’enfance. Ici il sera question de la solitude de Bonnie, coincée dans un monde qui refuse de jouer sinon les yeux rivés sur les écrans. Le discours n’est pas le plus nuancé (encore que…) ni le plus subtil, mais il a le mérite de relancer la machine (c’est le cas de le dire) donc de faire se révolter les jouets qui iront jusqu’à faire revenir Woody, vieilli (il a grossi, perd ses cheveux) qui restera ici dans l’ombre de Buzz et Jessie, vrai beau personnage du film – qui aura droit à un superbe background, un poil trop appuyé par une boîte cachée – comme l’avait promis la fin de l’épisode quatre, qui voyait un passage de relais – plutôt d’étoile de shérif – entre le cowboy et la cowgirl.

     J’ai d’abord regretté que le film s’ouvre sur cette caisse pleine de Buzz perdus, naufragés d’un navire de jouets. Regretté car Buzz a déjà eu son opus en spin off. Mais l’idée s’avère assez malicieuse dans son rapport à la nouvelle technologie : le Buzz moderne n’est plus un simple jouet qui croit voler, il est un drone connecté. Bref, il y a des idées. Une nouvelle quête des origines avec Jessie saupoudré de l’éternelle crainte de l’abandon. Les réseaux sociaux entrent aussi en jeu, mais à l’échelle enfantine, traités d’abord dans un simple esprit de compétition par écrans interposés, avant d’y trouver leur meilleure forme quand l’écran devient jouet comme un autre, au milieu des autres, pas plus important qu’un autre : Blaze et Bonnie se prenant en selfie en train de jouer avec leurs figurines en plastique restera la plus belle image de cet opus, certes moins émouvant et inventif que les précédents, mais toujours aussi attachant et dans la continuité narrative d’une franchise parfaite.

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