La possibilité d’une île.
6.0 Dans Une vie violente, un jeune étudiant se fait embringuer dans la cause nationaliste et la criminalité. Lutte jeunesse est la juxtaposition d’une quinzaine de vidéos de casting envoyées (ou filmées par Julie Allione, la directrice de casting) pour jouer le rôle principal de Stéphane dans Une vie violente, qui sera finalement tenu par Jean Michelangeli.
L’originalité de ce film documentaire d’une heure c’est donc qu’il est une somme de vidéos de casting. Et Thierry De Peretti parvient pourtant à dessiner un fin portrait de la jeunesse corse à travers leurs rêves de cinéma et d’ailleurs, mais aussi leur ancrage identitaire. On voit chacun se présenter brièvement mais bientôt se définir par rapport à ses terres.
Il y a ceux qui souhaitent partir, ceux qui souhaitent revenir. Il y a ceux qui ont vu autre chose que la Corse, ceux qui n’ont pas bougé. Il y a ceux qui ont fait partie d’un mouvement, ceux qui ont perdu un parent. Il y a ceux qui se définissent comme nationaliste romantique, ceux pour qui la terre corse est anxiogène, ceux qu’elle rassure. On y évoque la langue qui se perd, les villages qui se paupérisent. L’histoire de la Corse.
Et tout est filmé de la même manière, des entretiens face caméra. Il n’y a pas de facilité, d’ornements, d’attribut décoratif. La parole est fondamentale. Et la mise en scène de cette parole, aussi, forcément. Qu’importe le format, je pense que Thierry De Peretti sera toujours un cinéaste passionnant, singulier. Un vrai cinéaste du réel.
0 commentaire à “Lutte jeunesse – Thierry de Peretti – 2017”