La ferme se rebelle.
4.0 Anne et Gilles, 11 et 15 ans sont en vacances à la montagne avec leur mère. Cette dernière a besoin de lait pour faire une béchamel et elle envoie son fils chez Mme Roux, la fermière d’à côté, chercher un litre de lait. Mais Gilles sait que sa mère entretient une liaison avec le mari de la fermière et il est terrifié à l’idée de se retrouver devant Mme Roux. Sa petite sœur l’accompagne.
Projet un peu autobiographique, semble-t-il, puisque le cinéaste dit avoir été cet adolescent témoin d’un triangle amoureux impliquant sa propre mère. Par ailleurs, Luc Moullet décrit Le litre de lait comme un road-movie sur quatre-cents mètres. Puisqu’il s’agit surtout de suivre le mini périple des deux enfants.
À l’image de son final brutal et en eau de boudin (en gros sur le retour, l’ado tombe et renverse le lait, il fait demi-tour pour retourner en chercher et ça s’arrête là) Moullet ne s’est pas beaucoup foulé pour le coup. Je veux bien que l’essentiel se joue pour lui dans cette marche-discussion entre frère et sœur mais il aurait fallu lui donner un peu plus de matière, de chair, les ancrer vraiment dans le paysage.
Ajoutez à cela les petites stridences (de nanar) à chaque plan de la ferme au loin. Moullet est quand même vachement moins intéressant quand il s’aventure loin de ses terres de prédilection, autrement dit quand il ne joue pas dans ses propres films ou qu’il ne les accompagne pas de son phrasé si singulier.
Dans la présentation du film (sur le DVD Moullet en Shorts) le cinéaste rappelle qu’il avait commencé par Un steak trop cuit, pour finir par Un litre de lait. Qu’il est donc passé du steak au lait, du solide au liquide. Cette présentation est probablement plus intéressante (et drôle, et impertinente) que le film.
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