Archives pour la catégorie 100 Tracks

Tired of love (Nev Cottee, 2017)

R-10422084-1497108393-1183.jpegAfter the love rush.

     Outre sa place d’ores et déjà immuable au sein des disques que je retiens de la décennie écoulée, qui me sont chers au point de largement figurer dans mon panthéon personnel (Il y en a d’autres, en vrac : Depression cherry, de Beach House ; The seer, de Swans ; Skeleton tree, de Nick Cave & The Bad Seeds…) Broken flowers, le troisième album de Nev Cottee abrite une pépite, un morceau qui me submerge comme il est rare qu’un morceau me submerge.

     Huit minutes de perfection, ambiance aquatique et cathédrale, qui évoque le Theme final of Pioneer de Air, morceau aussi inconnu qu’il est puissant, composé pour l’insignifiant film d’Erick Sjolbaerg ; mais aussi Let’s go away for a while, des Beach boys. Je ressens rarement une telle symbiose musical, entre l’instrumental et les mots, paroles qui introduisent puis disparaissent, avant de réapparaitre dans un écho à la toute fin. Splendeur parmi les splendeurs, tant cet album est une merveille.

en écoute ici:  https://www.youtube.com/watch?v=7tHmFrhXbFI

Autobahn (Kraftwerk, 1974)

3016a419ee6f9da1e8279d842641b8d8En route !

     Deux années se sont écoulées, durant lesquelles j’ai arrêté d’alimenter cette rubrique récapitulant, au compte-goutte, l’ensemble de mes morceaux préférés. Difficile de savoir pourquoi, probablement n’y voyais-je plus trop l’intérêt, sans doute trouvais-je l’exercice beaucoup trop délicat. Je vais essayer de m’y remettre tout doucement. 2020, nouvelles résolutions. Et pour ça, autant reprendre avec un titre fondamental.

     Autobahn c’est le Graal dans mon olympe si tu vois ce que je veux dire. Et dieu sait que Kraftwerk c’est essentiel pour moi, une discographie aussi pléthorique qu’exemplaire : Je crois même que je préfère au moins deux albums (Computer World & Man Machine) à Autobahn, l’album mais Autobahn, le morceau, c’est hors norme et sans équivalent – Un peu comme Hallogallo, chez Neu !

     Une portière qui claque, un moteur qui vrombit, un véhicule qui démarre, un épais klaxon qui retentit et c’est parti, pour vingt-deux minutes, sur une asphalte lunaire et pop. Après des disques expérimentaux et quelque peu hermétiques, les allemands ouvre la voie aux voyages thématiques – il y aura bientôt le train, l’ordinateur et autre radioactivité – et signent avec ce morceau-titre un véritable manifeste électronique.

     C’est à Kraftwerk et la musique ce qu’Il était une fois en Amérique est à Sergio Leone et au cinéma, pour le dire grossièrement. C’est un voyage total et différent à chaque écoute. C’est tantôt une route déserte encerclée par des canyons, tantôt une trois voies perdue au fin fond de la campagne bourguignonne. Tantôt l’aube, tantôt la tombée de la nuit. Alors si en plus t’écoutes ça au volant, c’est le panard absolu.

En écoute ici :

https://www.youtube.com/watch?v=x-G28iyPtz0

Life’s A Bitch (Nas, 1994)

deca44fb8344d17dc683a285c1ad8e1a.800x800x1« that’s why we get high »

     Ma période Nas remonte à mon adolescence. Pas sûr que c’était une « période » d’ailleurs, je me souviens d’avoir écouté en boucle The Message et Affirmative action les deux morceaux plus mélodieux que les autres, qui devaient squatter une cassette, entre Prodigy et Daft Punk (Pour pas dire Shaggy et MC Solaar, désolé) à une époque où je ne jurais que par Skyrock et les singles. En fait j’ai découvert l’album Illmatic bien plus tard. Un jour de septembre 2009 je vois Fish Tank au cinéma. Dans l’une des dernières scènes du film retentit Life’s a bitch, de Nas, morceau sur lequel mère et filles se mettent à danser, alors qu’elles viennent de se pourrir la tronche une heure et demie durant. Aujourd’hui encore (Je suis toujours aussi fan de ce film) je ne peux m’empêcher d’éclater devant cette séquence. Bref, dès lors, j’ai recroisé Nas, acheté Illmatic, album absolument parfait. Nettement meilleur qu’It was written, sur lequel se trouvent pourtant les chansons que j’aimais, ado. Et Life’s a bitch, s’il est sans doute loin d’être le morceau le plus fulgurant (Suffit d’évoquer N.Y. State of mind) aura toujours ma préférence. Parce que Fish Tank, forcément, mais pas seulement : J’aime son rythme jazzy, le couplet de Nas qui répond à celui d’AZ, et j’aime surtout l’arrivée tardive et discrète du cornet à pistons, joué par Olu Dara, le père de Nas. Je ne m’en lasse pas de l’épure de ce morceau.

En écoute ici :

https://www.youtube.com/watch?v=HEwSfbE9IXc

La séquence de Fish Tank dont je parle :

https://www.youtube.com/watch?v=s5BBd-4E_rQ

 

Grand Canyon (Timber Timbre, 2014)

23755025_10155256869752106_7964451966368952047_n« In the warm confusion »

     Sincerely, future pollution, le dernier somptueux album de Timber Timbre aura sans nul doute sa place dans mon top de fin d’année. Il m’a fallu un peu de temps pour l’apprécier autant que le précédent mais voilà, j’y suis. Il y a l’élégance de Springsteen et Richard Hawley, la grâce de Tindersticks et Leonard Cohen. Oui, rien que ça. Ce dernier disque me fait en outre retrouver des sensations similaires à celles qui me traversaient durant l’écoute de Dream River, de Bill Callahan. Sorte de plaisir absolu, complet.

     Je me permets donc de revenir sur Hot dreams, le chaleureux et sensuel cru 2014 et tout particulièrement sur Grand Canyon, véritable trésor caché et ce d’autant plus qu’il se situe au centre de l’album. Le montréalais Taylor Kirk et ses comparses nous propulsent dans une odyssée bohême quasi cinématographique, où l’on peut sentir le vertige des Rocheuses et les profondeurs de ses cavités inexplorées, songer à cette immensité, cette chaleur, ce mystère comme on a pu, parfois brillamment, le fouler au cinéma. Grand Canyon dure quatre minutes mais c’est un voyage à elle toute seule, une balade hantée au sein d’un territoire aussi douillet que caverneux où l’on se fraie notre propre chemin, où l’on y projette nos propres rêves.

En écoute ici :

https://www.youtube.com/watch?v=EaiSr1MQYrI

The Falconer (Nico, 1970)

Copie de MI0001462560Au cœur des ténèbres.

     Ça s’est joué à pas grand-chose. J’ai réécouté Chelsea Girl l’autre jour, ça m’arrive régulièrement – Très honnêtement, je pense pouvoir dire qu’il fait partie de mes disques préférés, quoiqu’en ait pensé Nico plus tard, regrettant notamment la présence de la flûte. J’ai tout de suite pensé que si je devais extraire un morceau de cet album absolument divin, ça se jouerait entre It was a pleasure then (qui déraille et annonce un peu sans le savoir les futurs expérimentations de la chanteuse) et The Fairest of the saisons, soit les sublimissimes quatre minutes qui ouvrent l’album, belles à en pleurer. Evidemment que tout l’album est de cet acabit mais l’ouverture ça reste l’ouverture, le métronome, le guide, c’est fondamental.

     J’ai alors réalisé que si j’aimais aussi beaucoup mais pour des raisons bien différentes Desertshore, l’album qui suivit son passage chez les Velvet Underground, album qui témoigne de sa rencontre avec Philippe Garrel, de sa vie de maman, c’est aussi parce que, là aussi, son ouverture est déchirante. Janitor of Lunacy. Chair de poule obligatoire quand t’entend les premières notes d’harmonium puis la voix sépulcrale de Nico. Je me souviens avoir entendu pour la première fois ce morceau dans L’eau froide, d’Assayas. Il avait éclipsé tous les autres, de Dylan, Joplin, Cohen.

     J’en profite pour dire que bon nombre de morceaux de cette liste de 100 proviennent du cinéma, puisqu’il m’aura permis de découvrir tout un tas de belles choses, aura parfois orienté mais envies mélomanes. Dans Desertshore, il y a d’ailleurs John Cale qui est aux arrangements et y joue de plusieurs instruments. Impossible pour moi, ne serait-ce que sur les premières notes de Piano d’Afraid de ne pas songer au chef d’œuvre de Garrel, Le vent de la nuit. Tout se rejoint.

     J’ai donc réécouté Desertshore, dans la foulée de Chelsea Girl. C’est un album incroyable, mais plus difficile à apprivoiser – quoique moins difficile que The Marble Index, à mon avis. Le folk du premier, et ses fins arrangements de cordes et de flutes, a disparu. On peut tomber en larmes en l’écoutant comme on peut passer complètement au travers, tout dépend du moment, de l’humeur, c’est un peu comme avec le White light, white heat des Velvet underground. Plus avant-gardiste, Desertshore est une plongée sous harmonium dans la détresse d’une femme, d’une mère, d’une junkie. Un album d’errance dans le désert des ténèbres, d’une tristesse sans nom.

     Et j’aime énormément The Falconer, morceau plus classique, qui semble faire le pont entre Chelsea Girl et Desertshore, rien d’étonnant puisqu’il s’adresse directement à Andy Warhol. J’aime la cassure éphémère en son centre, le piano qui surplombe l’harmonium, qui semble apporter de la douceur dans les jours sombres, qui finissent par revenir en fin de morceau. Quand j’écoute When, morceau éponyme du chef d’œuvre de Vincent Gallo, je pense systématiquement à The Falconer, tant ils semblent tous deux être le miroir inversé de l’autre.

     Sitôt qu’on en saisit l’ampleur dramatique, c’est le plus beau disque du monde, qui en plus m’évoque certaines merveilles de Dead Can Dance ou Coil à venir. Je pense beaucoup à Desertshore en écoutant Horse Rotorvator, notamment grâce à Babylero (qui évoque la comptine Le petit chevalier) mais aussi sur Abscheid et Mütterlein. Les deux morceaux utilisés dans La cicatrice intérieure, de Garrel, le film tout en haut de la liste des films que je rêve de voir. Et pour revenir à The Falconer, parait-il qu’on peut l’entendre dans un autre film de Philippe Garrel, Le lit de la vierge. Autre film que je rêve de découvrir.

En écoute ici :

https://www.youtube.com/watch?v=7QZu8FrzgpU

Get Innocuous (LCD Soundsystem, 2007)

88409LCD I love you and you’re bringing me dance.

     Il fallait vite que je parle d’LCD Soundsystem.

     D’une part car le dernier album en date, American dream, sorti le mois dernier, est une merveille. Laissons mûrir encore mais pas impossible que ça devienne le plus beau avec Sound silver. Il contient entre autre un tube absolu à écouter en boucle, l’ouverture Oh baby, qui signe un retour en fanfare, après la séparation puis la reformation du groupe depuis This is hapenning.

     D’autre part car LCD Soundsystem n’a commis à mes yeux aucun faux pas, aussi bien depuis son premier LP éponyme que dans son excursion EP avec l’extraordinaire 45’33 conçu pour la course à pied. Je ne cours jamais avec de la musique dans les oreilles donc je ne sais pas si ça fonctionne, mais cet album me rend dingue (d’autant plus en version CD, avec trois morceaux supplémentaires bouillants !) surtout en bagnole. On retrouve d’ailleurs Someone great – présent aussi dans Sound silver – moins la voix de James Murphy.

     C’est aussi cela que j’aime chez LCD : L’impression d’être face à de (parfois) longues boucles en variations, qui se répondent en écho d’un album à l’autre ; Des bases précises, solides, qui partent en vrille sans qu’on ait vraiment pu s’en rendre compte. Franchement, impossible de faire plus jouissif et obsédant que du LCD à son meilleur.

     Pourquoi ai-je choisi Get Innocuous ? Tout simplement parce que ce fut ma porte d’entrée dans l’univers du groupe. Je ne connaissais pas à l’époque (dix ans, bordel), j’écoute ça par hasard et je me le prends dans la gueule, Get Innocuous, puis le reste. Jusqu’à New York, I love you but you’re bringing me down, que j’aurais pu poser là aussi. Le nombre de trajet de train que j’ai pu me faire avec cet album dans les oreilles, c’est indécent. Je me souviens aussi d’un réveil de soirée beuverie, quand tu dois tout remettre en ordre parce que c’est pas chez toi, et j’avais lancé ça : Rarement été aussi efficace pour ranger une baraque.

     Et Get Innocuous a ceci d’un peu différent du reste de la discographie d’LCD Soundsystem qu’il est moins ouvertement funk/disco mais ressemble à une extraction un peu batarde de dance-punk ascendant krautrock. Et puis j’aime les sentiments contradictoires qu’il m’offre : Souvent je regrette qu’il ne s’installe pas davantage, jusqu’à me happer entièrement ; parfois je me dis que si le morceau était plus long on en crèverait tellement ses bases sont énergiques et les couches qui se superposent de plus en plus fragiles ; Mais chaque fois je me dis : Purée, mais quel tube de malade ! Et puis chose rare me concernant, je préconise l’écoute à TRES haut volume, dans la maison à en faire éclater les fenêtres, dans les oreilles à t’en faire saigner les tympans. Pas si inoffensif que ça, finalement.

En écoute ici :

https://www.youtube.com/watch?v=-Vz_01o6Nao

All and everyone (PJ Harvey, 2011)

PJSortir du noir.

     « Death was everywhere, in the air and in the sounds coming off the mounds of Bolton’s ridge… » Quand un morceau s’ouvre là-dessus… J’en conviens, ce sera pas le plus joyeux de ma liste. En revanche, je ne vois aucun autre morceau ces dernières années capable de rivaliser d’émotion avec cette complainte magnifique. Tout, chaque instrument, chaque note, le rythme, les changements de rythme, la voix de PJ, tout tient du génie pur, t’arrache les larmes à t’en faire défaillir.

     Les trente-huit premières secondes – pourtant exempts de la voix à se damner de la sublime PJ – sont déjà essentielles. Ça se joue pas à grand-chose : un alliage autoharpe / batterie absolument somptueux qui me file chaque fois la chair de poule. L’instru sera l’élément moteur du morceau, dans ses accélérations et accalmies, qui plus est lorsqu’elle est si majestueusement agrémentée, notamment sur la minute quinze qui clôt le morceau, de façon aussi brillante que désespérée, à t’en faire danser les cadavres.

     Je ne connais pas l’intégralité des albums de PJ (et plutôt mal ses premiers) mais de ceux que j’ai écouté, Let England Shake est le seul que j’aime vraiment (avec White Chalk) et le seul qui me touche à ce point, n’ayons pas peur des mots : C’est un chef d’œuvre absolu de tous les instants. Et All and everyone, pile au centre, c’est six minutes absolument bouleversantes, Ça suinte la mort – puisqu’il raconte la guerre – mais c’est tellement beau, divin qu’on dirait un chant liturgique. La voix de PJ n’aura jamais été si majestueuse qu’ici.

En écoute ici :

https://www.youtube.com/watch?v=Qn7qKXPGZ-A

Olé (John Coltrane, 1961)

John_Coltrane_-_Olé_ColtraneA trance supreme.

     Quand on évoque Coltrane, c’est souvent A love supreme qui revient dans les textes et conversations, à juste titre puisqu’il est l’album de jazz imparable, complexe et serein, très accessible bien qu’hyper avant-gardiste – J’y suis probablement moins sensible à cause de son côté « performeur » : ses imposants solos (piano sur Resolution, batterie sur Pursuance, contrebasse sur Psalm) et l’omniprésence du sax ténor. On le retrouve souvent parmi les listes des plus grands albums de tous les temps et c’est assez logique. On peut dire que c’est son chef d’œuvre, oui.

     Pourtant je lui préfère toujours un album qui le précède de trois années, Olé Coltrane, sans doute parce que j’aime son intensité, sa mélancolie hispanique, et qu’il m’émeut davantage, me plonge dans une transe comme je pourrais en retrouver plus tard dans le krautrock. Je ne suis pas très jazz, à priori, mais ici et principalement sur le titre Olé qui ouvre l’album, j’y suis entièrement réceptif, dix-huit minutes durant. J’imagine que la durée y tient une place primordiale : Il faut que ça s’étire pour que je m’y fonde, mais pas trop pour ne pas que je m’y ennuie.

     La contrebasse d’abord, épaulé de la batterie (qui agit en véritable mantra sur l’intégralité du morceau), puis le sax de Coltrane, puis la flûte, la trompette, le piano. Tous les instruments ont un rôle fondamental, prennent le pouvoir ici avant de le refourguer là-bas. Je les aime tous, je n’ai pas de préférence de l’un sur l’autre, j’aime les entendre ensemble ou séparément, les voir apparaître puis disparaître. Je trouve ce morceau absolument parfait.

     Petite parenthèse : j’ai des morceaux et/ou albums préférés suivant les saisons, l’heure de la journée et le l’endroit dans lequel je me trouve. Par exemple, j’adore écouter Histoire de Melody Nelson au réveil, chez moi, un jour d’automne. Ou bien Moon Safari en été, en bagnole, vers midi. C’est comme ça. Je reviendrai sur ce délire fétichiste à mesure que ma liste s’épaissira. Toujours est-il qu’Olé de Coltrane c’est très particulier puisqu’il fait partie de ces morceaux que je peux écouter partout, à n’importe quelle heure de la journée, en été comme en hiver. Chaque fois c’est pareil, il s’affranchit de tout, m’extraie de l’espace et du temps.

En écoute ici :

https://www.youtube.com/watch?v=_Z5cRYd1Vr4

Maiz (Murcof, 2002)

R-83599-1450453584-9200_jpegLe désert ocre.

     Voici un morceau plus récent, de ceux que je ne me lasserai jamais.  Une déflagration glitch à tendance minimal techno, à ranger quelque part entre Autechre, Matmos et Boards of Canada, le rythme y est indécemment soutenu, chaleureux, les incursions digitales distillées à la perfection, l’arrivée incognito du violoncelle à tomber par terre. Murcof aka Fernando Corona est mexicain, seul aux commandes de Martes, ce premier album merveilleux, il réitèrera ensuite sa mécanique mais me touchera nettement moins. Là j’aime vraiment ce qu’il dégage comme atmosphère, vivante et aride, argileuse et lunaire, et Maiz est le miracle dans le miracle : Cette façon qu’a le morceau de se construire son rythme, de s’incarner en captant la matière à sa disposition, chaque grondement, vibration, écho sourd ou bruits de bugs informatiques. Là on touche vraiment à ce que j’aime infiniment dans le genre.

En écoute ici :

https://www.youtube.com/watch?v=H9DBeVN-CS4

Variations sur Marilou (Serge Gainsbourg, 1976)

22195354_10155123250172106_3683803542904618818_nRitournelle érotique.

     Si entre ses deux chefs d’œuvre indiscutables que sont Histoire de Melody Nelson et L’homme à la tête de chou, ma préférence change constamment (Tout dépend la musique que j’ai envie d’entendre et le texte dans lequel je veux me plonger), j’admets adorer écouter en boucle ces 7’39 de Variations sur Marilou, geste musical hallucinant et récit d’un songe désespéré bouleversant, auréolé d’une plume de poète, fine et retorse comme jamais entendue jusqu’alors, pas même chez Gainsbourg. Il faudra des dizaines d’écoutes pour en saisir la sève et les ramifications, les échos, l’érotisme et la puissance dramatique. Le sexe y est enveloppé d’effluves tabagiques et relents d’alcool, la débauche y convoque le rêve, l’orgasme solitaire et la jalousie. Le vice de Marilou y résonne avec les bulles de comic strip, le zip de ses Levis et les malices d’Alice de Lewis Caroll. Les volutes de sèche au Menthol nous embarquent vers son sexe corail écartant la corolle. Le regard absent et l’iris absinthe, les gestes qui se teintent d’extase sous-jacente, l’exil physique et cérébral, narcisse, délice, orifice, vice, calices. Plus qu’un morceau de bravoure, c’est une hymne, rock au sein d’un album éclectique, tour à tour pop, reggae, ambient, léger, tragique. Bref, un chef d’œuvre absolu.

En écoute ici :

https://www.youtube.com/watch?v=0XRL6S7qrx8

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