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Archives pour la catégorie + 2017/2018 : Top10 Séries

Sense8 – Saison 2 – Netflix – 2017

12. Sense8 - Saison 2 - Netflix - 2017I feel you.

   9.5   Dans un premier temps, il faut raconter le pourquoi de cette découverte différée, puisque voilà deux ans que cette seconde et dernière salve fut mise en ligne. La première saison restait à mes yeux (à priori pas hyper wachowskiens) l’une des plus belles, intenses, réjouissantes et surprenantes choses vues dans l’univers sériel. Je ne m’en suis pas remis. J’y pense chaque jour. Sans doute car elle condense à elle-seule toutes les autres séries qui comptent dans mon cœur : L’émotion sidérante de The Leftovers, l’intensité chorale de Urgences, la légèreté contagieuse de Friends, le cosmopolitisme tentaculaire de The Wire. Et bien entendu, le meilleur pour la fin : La pluralité vertigineuse de Lost.

     J’exagère sans doute un peu, qu’importe, dans chacune de ces œuvres je vis, je respire, je tremble pour les personnages. Dans chacune d’elles j’aime infiniment l’univers, le décor au sein duquel ces personnages évoluent. Et leur tenue formelle, aussi opposée l’une de l’autre puisse-t-elle être, me semble entrer en parfaite adéquation avec le récit, les personnages et le décor dans lequel tout cela se mélange. Et si je peine à – pour ne pas dire « je fuis à l’idée de » – finir c’est probablement car dans l’idée de « fin » il y a celle de la « mort ». Et on a tous peur de mourir, forcément. Je n’ai pas encore vu l’ultime saison de The Wire, tiens.

     La mise en ligne de la deuxième saison de Sense8 fut accompagnée d’un « drame » terrible : l’annulation de la série, pure et simple, sans sommations. J’en aurais chialé. Du coup, j’ai longtemps préféré resté sur cette fin suspendue, avec ce merveilleux goût d’inachevé, plutôt que de risquer de voir quelque chose de bâclé, surtout quelque chose qui allait se finir, faire ses adieux, alors que la première saison, du haut de ses dix épisodes, semblait servir d’introduction prometteuse à un « livre » gigantesque. Je savais qu’on avait finalement accordé aux Wachowski la possibilité de clôturer la série par un épisode final en forme de long métrage, mais rien n’y faisait, je préférais garder la possibilité d’y jeter un œil sans le faire. La laisser là, inachevée, dans un coin du grenier. Jusqu’à maintenant. Comme une envie de pisser. Plutôt : Jusqu’à découvrir tardivement les deux derniers volets de Matrix et songer à prolonger un peu ma plongée dans l’univers Wachowskien que je réhabilite fortement à la hausse.

     Mais pourquoi diable ai-je tant trainé ? Car c’est fabuleux. C’est au-delà de mes attentes, vraiment. Quelle excitation, quelle émotion de retrouver « notre famille » : Sun, Capheus, Nomi, Will, Riley, Wolfgang, Kala & Lito. Je les aime tellement, ces huit personnages-là. Mais ça ne tient pas qu’à eux, bien sûr, c’est un ensemble, de ceux qui ne font que passer, aux bad guys, et bien entendu les personnages récurrents aussi géniaux que les principaux : Amanita, Bug, Mun, Rajan, Felix, Hernando, Daniela, Diego. J’en cite huit, c’est parfait. On aimerait tant les voir aussi évoluer dans un cercle ceux-là. Et qu’importe les intrigues pourvu qu’on ait les relations entre ces personnages, ces chassés croisés savoureux, cette fluidité des apparitions, disparitions, changement de lieux, interventions des uns dans le quotidien des autres. La jubilation est permanente tant on sent la liberté des auteur(e)s à son paroxysme dans ce récit tentaculaire. C’est une saison qui pousse les potards au max. Plus foisonnante, elle entrechoque tout et toujours au moyen d’audaces formelles toujours plus folles. Elle est aussi l’occasion de rencontres réelles, géographiquement parlant. C’est Will & Riley qui expérimenteront cela les premiers, avant que ça ne devienne coutumier et tellement excitant, et ce d’autant plus lorsque ce sont les personnages secondaires qui rencontrent en vrai ceux qui appartiennent au cercle et qui n’étaient jusqu’ici que des noms et des facultés, des personnages sans visage.

     Si la première saison prenait le temps de raconter le quotidien de ces huit personnages et leur rencontre au sein de ce cercle psychique, prenait le temps de les voir apprendre à vivre ensemble tout en étant traqué par ce mystérieux Whispers, membre d’une organisation secrète visant à les faire disparaître, comme il parvint à le faire avec leur mère (Angelica aka Darryl Hannah) ou à les manipuler comme il le fait avec d’autres (Jonas aka Naveen Andrews aka Sayid dans Lost) la seconde pourra pleinement se libérer et lâcher les chevaux, trouver le délicat équilibre entre la tension et l’humour, l’action et l’émotion. Les scènes de combat sont plus jouissives dans la mesure où notre cercle maitrise dorénavant ses pouvoirs, élabore des stratagèmes afin de les mettre en place et sait qu’il doit intervenir au moment opportun, à l’image de ce moment hilarant qui voit Wolfgang dans le corps de Lito se battre avec le mec de Daniela, qui la séquestre sous la menace de révéler au monde les tendances gay de Lito. Si ce dernier doit apprendre à assumer son coming out, Kala, de son côté, se retrouve dans une situation embarrassante, amoureuse de Rajan mais « physiquement » éprise de Wolfgang, qu’elle peut visiter à tout moment : Sublime moment de retrouvaille qui la voit dans les bras de l’un et de l’autre au même instant.

     C’est aussi une grande série parfaitement de son temps, comme Matrix était un film du sien. Les Wachowski parviennent à saisir quelque chose du flux multiple, simultané et violent qui anime le XXIe siècle comme jamais on n’avait pu le voir sur un écran jusqu’à maintenant. L’information instantanée, la récupération politique, la mondialisation, l’individualisme, tout transparait dans cette deuxième saison qui capte les dérives de notre monde, le danger et la cruauté logés dans chaque recoin de la planète, pour ne pas dire chaque recoin de notre conscience, tout en préférant garder l’effet d’un antidote, faire l’éloge du collectif, de l’amour et du sexe, plutôt que de se morfondre dans un truc cynique et sinistre.

     Sense8 c’est la série bienveillante par excellence : le triomphe de l’humain et de la différence. C’est une série que j’adore à en pleurer, je me rends compte. Qui me fait un bien fou, à ranger dans le même sac que ces nombreux films médicaments. Une série qui plonge dans tous les genres, le fait avec une énergie, une amplitude et parfois même un mauvais goût assumé absolument réjouissant. L’épisode final de 2h30 offert aux fans en guise de conclusion (après l’annulation) est une merveille totale : Aussi frustrant (On en aurait voulu tellement plus) que déchirant.

Godless – Mini-série – Netflix – 2017

19. Godless - Mini-série - Netflix - 2017Avant le calme, la tempête.

   7.5   Godless reprend tous les codes du western tout en délivrant un récit multiple passionnant, faisant se chevaucher la cruauté de son contexte (Une ouverture terrifiante) et l’ambivalence de chacun de ses personnages. Il n’y a que ce format (série) qui permet de ratisser si large, de suivre suffisamment chacun d’eux et comprendre ce qu’ils traversent. D’autant que Scott Franck – scénariste de Minority report et Logan – ici créateur, scénariste et réalisateur, est appliqué, respectueux mais pas ronronnant pour autant. Il y a par ailleurs une liberté totale dans la gestion du temps de diffusion, avec ces sept épisodes oscillant entre quarante et quatre-vingt minutes.

     Ce qui saute vite aux yeux ce sont surtout les très beaux rôles féminins, puisque c’est aussi le sujet, le cœur de Godless : LaBelle, où se réfugie Roy Goode, hors-la-loi blessé recherché par son mentor qu’il a trahi, est une bourgade du Nouveau Mexique qui a jadis perdu ses hommes dans un tragique accident minier. Ce qui en fait une ville minière gérée par des veuves. Et si leur histoire peut d’abord sembler parallèle à celle de Griffin & Goode, c’est leurs terres à ces dames de La Belle, qui sera le théâtre d’un règlement de compte final sanglant. C’est sans doute un peu trop téléphoné, d’ailleurs, un peu trop attendu pour agir en miroir du cruel carnage introductif.

     C’est donc aussi le récit d’un duel : Une banale histoire de trahison d’un fils à son père adoptif, donc la mise en marche d’un jeu de cache-cache et d’une vengeance sanglante. Mais c’est en dressant le portrait de villes et ranchs que ces deux-là traversent et donc de multiples très beaux personnages, que la série va s’extirper de cette banalité. Et gagner en fulgurances intimes ce qu’elle perd en promesses sociologiques : La menace de La Belle par le représentant masculin d’une compagnie minière est vite évincée par exemple.

     Au rayon des beaux personnages masculins, on retient surtout ce shérif maudit, qui rumine la mort de sa femme en couche, et qui est bientôt terrifié par une cécité naissante. Personnage magnifique. Il y a ce hors-la-loi sans scrupule qui ne se protège presque plus – ni dans une rencontre inopinée, ni dans un règlement de compte, ni sous une pluie de balles – sous prétexte qu’il a vu sa mort et sait que c’est pas encore son heure. Jeff Daniels campe ce méchant absolument parfait. Aussi charismatique qu’il est monstrueux.

     Il y a certes les ombres de Ford, de Léone, de Peckinpah, d’Eastwood, peut-être même celle de Deadwood, qui planent sur elle, mais Godless parvient à trouver son propre rythme et son identité. C’est un peu confus au début puis le récit s’imbrique à mesure que les personnages s’ouvrent, mais aussi au moyen d’une superbe utilisation des flashbacks, judicieusement disséminés, jamais ostentatoires. Ainsi qu’avec une attention particulière au quotidien de chacun, aux villes minières, aux ranchs isolés, aux déplacements des hors-la-loi. Toutes les scènes avec les chevaux, il y en a un sacré paquet, sont magnifiques, on sent que c’est une priorité de Scott Franck.

The Deuce – Saison 1 – HBO – 2017

09. The Deuce - Saison 1 - HBO - 2017Il était une fois la 42e rue.

   8.5   Qui mieux que David Simon, créateur de The Wire, pour écumer bars et trottoirs du New York de 1971, avec ses macs, ses putes, ses flics, ses barmans, ses mafieux, ses truands, sa communauté gay dans une ambiance poudrée à l’aube de l’explosion de l’industrie pornographique ? On est en terrain connu : The Deuce c’est The Wire sans Baltimore, avec les années 70 : ça transpire à la fois le fantasme et la fange, le fric, la coke et le sperme. Franchement on s’y croit. Autant Mindhunter (qui l’emportait sur un autre tableau) laissait à désirer sur ce point, autant la reconstitution de The Deuce est stupéfiante. C’est simple, on a l’impression de voyager huit heures dans un Lumet ou un Friedkin, dans Serpico ou French connection. Mais à l’échelle d’une rue. En effet, The Deuce c’est le surnom de la 42e rue de Manhattan, dans laquelle se déroule l’intégralité du récit ou presque. Deuce c’est aussi le diable. Et le double. Que James Franco incarne deux frères jumeaux crée une passerelle shakespearienne imposante (Le sage vs l’insolent) mais c’est en réalité chaque personnage qui se voit affublé d’un double, à commencer par Candy (Magnifique Maggie Gyllenhall), prostituée indépendante (Contrairement à ses « collègues » elle travaille sans proxénète)  la nuit et mère de famille le jour. En fait, c’est la marque David Simon que de creuser chacun de ses personnages jusqu’à son essence et ses contradictions, à l’image de Chris, bon flic dans une mare de ripoux ; à l’image de Sandra, qui squatte bars et trottoirs afin d’écrire un bouquin ; à l’image de Darlene qui dit rêver repartir dans sa campagne mais ne se donne pas les moyens de le faire, n’accepte même pas l’offre que lui fera Abi (La belle Margarita Levieva) personnage à part dans ce paysage, héritière du Summer of love, issue d’un milieu aisé, elle plaque vite sa vie estudiantine pour une place dans le bar de Vince, lequel se voit observé par les mafieux à qui son frère, joueur endetté, doit de la thune. Même les plus pourris d’entre eux, à l’image de C.C., proxénète menaçant et violent, Simon lui offre un vrai personnage, tourmenté, pathétique. Même ceux qu’on aurait à peine esquissé ailleurs, comme le réalisateur de films porno qui prend Candy sous son aile : Il est magnifique ce personnage, d’une intelligence, et d’une bonté, dans la mesure du possible, évidemment : Il galère comme beaucoup d’autres, fait ses petits pornos qui se vendent sous le manteau dans les vidéos clubs. Il n’y a d’abord pas le porno durant les premiers épisodes : C’est Darlene qui le fait entrer dans le récit malgré elle, puisqu’un type l’a filmée et a vendu sa sextape. Et c’est Candy qui va nous y emmener, nous y plonger. Quant au choix de James Franco, revenons-y car c’était casse-gueule : sans doute est-il un peu trop dans l’emphase pour ce (double) rôle, pourtant il s’avère payant puisque à camper ces deux frères opposés, chacun très grimaçant dans son registre de grimace, Franco leur permet d’exister pleinement dans leur extravagance propre. On les distingue très bien, en tout cas. Bref, ce n’est pas une surprise, The Deuce, saison 1 est une grande réussite anti-glamour, qui glisse d’un personnage à un autre avec une limpidité confondante et c’est d’ores et déjà une grande série nocturne sur la vie déglinguée d’une rue, avant la législation du X.

Mindhunter – Saison 1 – Netflix – 2017

08. Mindhunter - Saison 1 - Netflix - 2017Psycho killer
Qu’est-ce que c’est ?

     8.5   Le morceau de Talking heads, Psycho Killer, utilisé à la fin du deuxième épisode, lorsque les agents Ford et Tench se retrouvent « rétrogradés »  dans la cave du FBI où ils installeront leur bureau de recherche sur les tueurs en série, apporte un léger changement de tonalité. Une interférence. Si d’une part le choix de ce morceau est de bon goût, il faut d’autre part surtout dire que la série ne manque pas d’humour. Malgré son apparente froideur, malgré ses décors grisâtres, malgré sa plongée dans l’Amérique profonde, malgré le sosie d’Emmanuel Macron, il y a des moments très drôles, plus légers, flottants, notamment entre les deux/trois agents, des instants qui peuvent se jouer parfois plus sur des regards qu’avec des mots.

     Quoiqu’il en soit, c’est à partir de cette fin d’épisode et donc véritablement dès le début du suivant que la série décolle, qu’on ne la lâche plus. En effet, après un pilot pour le moins déstabilisant pour ne pas dire désastreux – Franchement, avec le recul, je me demande même à quoi il sert puisqu’il ne lance strictement rien, bien qu’il installe malgré tout un (faux) rythme sur lequel les épisodes suivants s’accommoderont, tout en étant plus cohérents tous ensemble – la série trouve son rythme de croisière, des entretiens ahurissants, une pertinence fascinante quant à son vaste sujet (raconter la naissance de l’analyse comportementale criminelle, en un mot le profiling et déployer l’abécédaire qui va l’accompagner) plus intéressante que sa reconstitution peu scrupuleuse.

     L’erreur serait de comparer Mindhunter à True detective. Et on est tenté, forcément. Aussi bien d’un point de vue plastique que dans sa quête de personnages forts. A ce petit jeu, elle indiffère plus qu’elle n’y gagne. Mais il y a une autre interférence, qui lui offre toute sa singularité, sa beauté paradoxale : Il y a un problème dans les déplacements dans Mindhunter ; On est partout aux Etats-Unis (Kansas, Pennsyslvanie, Oregon, North Dakota…) mais l’image, souvent terne, avec son monochrome fincherien (Rappleons que le réalisateur de Seven est à la baguette de quatre épisodes, pas moins) empêche d’apprécier cette riche variation de lieux, c’est dommage. C’est dommage mais on s’y fait, mieux, ça devient un atout, tant la série et le récit qu’elle déploie, crée un espace purement mental où chaque Etat, chaque ville serait une branche abstraite d’un noyau qui n’est autre qu’un simple bureau de recherches et les trois cerveaux qu’il renferme.

     Il y a quelque chose de fascinant dans ces trois portraits de flics, la bulle mécanique dans laquelle chacun évolue, avec ses propres névroses, folies alors que leur travail est justement d’enquêter sur les comportements, d’explorer des pistes douteuses, de gratter sous le visible, sous la surface. Ils sont vivants dès lors qu’ils fouinent, esprit chassé par la chasse aux esprits de ceux à qui il manque bien des cases. Mindhunter aura su nous intéresser à eux plus qu’aux pseudos enquêtes qu’ils vont tenter plus ou moins de résoudre, plus qu’aux cinglés avec lesquels ils ne vont cesser de s’entretenir pour apporter de l’eau à leur moulin. La réussite elle est là pour moi : Il me tarde de revoir ces trois acteurs/personnages.

Irresponsable – Saison 2 – OCS – 2018

IRRESPONSABLE S2Histoire de Marie et Julien et les autres.

   8.0   C’est parfait. De bout en bout. C’est dans la continuité de la première saison mais différent, ça se réinvente sans cesse, c’est plein d’idées, de (nouveaux) personnages géniaux et puis c’est pertinent que ça parle aussi bien des amours d’une grand-mère que d’un ado face à la sexualité. Et puis c’est pas loin d’être bouleversant dès qu’il s’agit d’observer Marie et Julien. Quelle fin magnifique, d’ailleurs.

     L’écriture est plus belle, plus subtile, plus mesurée encore que lors de la saison de lancement, offrant aussi bien de magnifiques comiques de situation que des échanges complexes. Il y a un déploiement brillant et perpétuel en ce sens que chaque épisode devient un chapitre, que chaque saison s’accapare un espace, une dynamique. Si la maison brule à la fin c’est aussi pour faire table rase et rebondir dans un autre structure narrative et dimensionnelle.

    A noter que l’interprétation générale est magistrale, qui plus est avec les nouveaux qu’on adore très vite : Amel Charif, qui joue Sam, la nouvelle petite amie de Julien. Ainsi que Sam Karmann qu’on est ravi de revoir dans un vrai rôle de composition de psy peut-être plus torturé que ses patients. Sans parler de ces acteurs qui font une apparition le temps d’un épisode comme le banquier de Julien ou l’amie psy de Jean-Pierre.

     Sam, sans être l’opposé de Marie, offre à Julien cette liberté qu’il recherche constamment, tout en lui offrant d’accepter qu’il est toujours amoureux de Marie. C’est très beau. De fait, tout gravite autour de Julien. Julien le Tanguy de Chaville comme on a pu maintes fois le lire dans les critiques presse. Mais les personnages apparemment plus secondaires (Marie, Jacques, Sylvie) ont aussi droit à leur épisode.

     La grande réussite de cette saison c’est probablement d’avoir rendu aussi touchante et passionnante l’histoire entre Sylvie (la maman de Julien) et Jean-Pierre, son psy, la fameux, dont on entendait tellement parler en première saison. Ainsi que celle entre Emma et Jacques. Deux couples aux problèmes bien de leur génération, mais tellement travaillés, tellement riches qu’ils sont loin de servir de faire valoir à notre comédie de remariage (attendue) entre Marie et Julien.

     C’est simple, ça a l’envergure des meilleurs Apatow, à mes yeux. J’étais très déçu cette année de ne pas avoir pu voir la saison 3 de Love. Au moins j’aurais eu Irresponsable. Quelque part, ils ont un truc en commun. Je ne sais pas vraiment quoi, j’imagine que ça tient essentiellement à ce qu’ils produisent sur moi. C’est typiquement le genre, le format de série devant lequel je n’arrive pas à me freiner : Il faut que tout y passe d’une traite.

Atlanta – Saison 2 – FX – 2018

03. Atlanta - Saison 2 - FX - 2018This is America.

   7.5   Malgré sa razzia de récompenses un peu partout aux Etats-Unis dans les cérémonies dédiées, la saison 1 n’aura pas enfantée mécaniquement et rapidement d’une saison 2. Il y a dix-huit mois d’écart entre la diffusion du premier épisode de l’un et du premier épisode de l’autre. On se croirait dans notre système de production. Blague à part, ce sentiment d’indépendance me rend la série et Donald Glover, son créateur, encore plus sympathique qu’ils me le sont déjà. Alors je ne connais pas l’histoire, donc si ça se trouve cette durée est la conséquence d’une contrainte, ou c’est simplement parce que Glover devait aussi jouer Lando au cinéma pour Han Solo, qu’importe j’ai envie de croire que c’est un choix délibéré. Comme celui d’offrir cette fois onze épisodes et non dix ou bien cette durée très variée (Entre 20min et 35min) d’un épisode à l’autre.

     Si j’avais quelques réserves sur la première saison, surtout d’un point de vue cohérence d’un épisode à l’autre, aussi bien dans la dramaturgie que la dose d’ironie – On oscillait trop entre le sous-régime et le surrégime – je suis cette fois entièrement conquis, de bout en bout. La série ne n’est pas assagie, loin de là, mais elle a su trouver un équilibre dans sa folie, un équilibre aussi jubilatoire qu’exemplaire (C’est drôle, raffiné, intelligent et ça rapporte tellement de l’Amérique de Trump, l’air de rien) que l’on suive les trois compères dans leurs galères de plus en plus galère ou bien qu’ils soient séparés comme ici Darius, en déménagement de piano dans un manoir victorien, chez un dingue errant et dégustant des œufs d’autruche (joué par un Donald Glover grimé en whiteface flippante et au timbre de voix aigu hyper angoissant), Alfred en mission coiffure pour son clip avant que ça ne vire au survival dans les bois ou Earn accompagnant Van dans un festival allemand très chelou dans une ambiance qui évoque un peu Get Out. On a aussi le droit à un flashback sur Earn et Alfred adolescents ou à un savoureux rendez-vous dans une start-up musicale très blanche. Bref c’est varié et passionnant, pour ne pas dire absolument génial. J’en veux encore !

Un village français – Saison 7B – France 3 – 2017

25. Un village français - Saison 7B - France 3 - 2017Prisonniers de guerre.

   8.0   Et si la seconde partie de cette septième et ultime saison d’Un village français, constituait, du haut de ses six épisodes d’une heure chacun, ce que la série avait offert de plus beau, inventif, osé, lumineux et désespéré dans son ensemble, depuis son lancement en 2009 ?

     Il y avait pourtant dans la partie A tout pour clore Un village français et tourner la page Villeneuve sous l’occupation avec « l’Epuration à la libération en France ». La guerre était finie. Certains personnages sombraient dans la folie, d’autres dans l’oubli, il y avait des jugements, des prolongements, des bifurcations. Il s’agissait moins d’une fin que d’un nouveau départ pour chacun. Une fin sans en être une, annonçant l’après-guerre, qu’on ne verrait jamais, c’était tout aussi bien ainsi.

     Qu’allait donc pouvoir contenir ces six derniers épisodes, sans ennuyer, redire, appuyer ou contredire tout ce que la série avait minutieusement construit ? Surtout, je me suis rendu compte, en regardant cette dernière salve, à quel point j’étais attaché à la série, attaché à ses personnages, attaché à sa dimension chorale, touché par ces histoires aux émotions exacerbées par la guerre et ce qu’elle engendre pour chacun de ces beaux personnages, complexes, denses, formidablement écrits.

     Franchement je m’y jetais sans crainte, j’étais persuadé qu’ils trouveraient la meilleure façon d’en finir. Et la grande idée, c’est le flash forward. C’est en effet sur plusieurs temporalités que va se dérouler cette saison, se risquant à se détourner de ses fans, habitués à sa fine linéarité, à son classicisme si j’ose dire. Les créateurs décident donc de nous embarquer dix ans, trente ans voire soixante ans plus tard, tout en revenant régulièrement en 1945 où beaucoup jouent encore très gros. C’est vertigineux.

     Il y aura, entre autre, la venue de Tequiero à Villeneuve en 1975, qui rend visite à son père, autant qu’il vient lui demander de rendre des comptes sur le parquage des juifs dans l’école en 1942. Toutes les séquences entre Robin Renucci et Eric Caravaca sont poignantes – Et mention spéciale dans celle du bar avec le retour de Gustave. Il y a ici l’internement d’Hortense en 1945, la grève dans la scierie de Raymond la même année, puis son emprisonnement en 1953 pour un meurtre commis en 42, le vernissage des toiles d’Hortense en 1975. Nous assisterons à la fin de Muller dans l’Amérique latine des années 60, aux derniers – sublimes – instants de Lucienne et Bériot en 2003, au sort d’Antoine, à celui de Rita. Ça permet d’aller plus loin que la période de référence afin de montrer combien 39/45 influencera la vie de nos personnages jusqu’à leur mort.

     Et chacun des acteurs est grimé suivant l’époque, pour accentuer le vieillissement de son personnage. Difficile de faire plus casse-gueule. Et par on ne sait quel miracle, tout s’emboite à merveille, le montage est extraordinairement doux et son agencement d’une période sur l’autre absolument adéquat, toutes les temporalités se nourrissent entre elles et l’émotion est palpable puisqu’on y fait nous aussi nos adieux. La réalisation est soignée comme jamais. Le dernier plan est parfait. Ravi que cette série, intelligente et audacieuse, se termine aussi brillamment.

Engrenages – Saison 6 – Canal + – 2017

ENGRENAGES Saison 6Les sentiers de la perdition.

     8.5   C’est la grande série française du moment, juste après Le bureau des légendes – Je mets Un village français de côté car on approche de la fin. Engrenages continue de progresser, de marquer son territoire. Et ce n’est pas avec cette brillante, fulgurante, addictive saison 6 que ça va changer. Saison qui parvient à réitérer l’efficacité dont elle est devenue coutumière, tout en gommant les quelques fautes de goût qui parsemaient ses deux dernières sorties. C’est son deuxième âge d’or, après son immense saison 3. C’est bien simple on a là tout ce qu’Engrenages peut offrir de génial, avec son enquête centrale en millefeuille (Une sombre affaire de tronc – d’un flic de la BAC – retrouvé sous un tas d’encombrants bientôt suivi du corps d’une adolescente sur le chantier d’un squat) qui manie des policiers corrompus, des frangins de cité gérant d’une salle de boxe, les filles d’un camp de Roms, une histoire de lingots d’or, puis bientôt un proxénète de l’est et un accoucheur clandestin.

     Il faut peu de temps pour qu’on retrouve nos marques (Rappelons que trois années se sont écoulées depuis la saison précédente) dans les bureaux et couloirs de la DPJ, avec un nouveau patron qu’on va d’abord détester parce qu’il est aussi autoritaire qu’il est à la ramasse et qu’on va bientôt adorer pour les mêmes raisons, tout simplement parce que c’est sa manière à lui d’exister et de combattre cette angoisse permanente qui le plonge dans d’importantes crises d’urticaires. On retrouve les planques, les filoches, les pics d’humour (notamment entre Gilou et Tintin, aussi absurde que cela puisse paraître quand on connaît l’issue de la saison) comme les grands coups de gueules, qu’Engrenages a toujours réussi à mettre en scène, faire grimper ou au contraire canaliser, contrairement à une série tape à l’œil comme Braquo – Le dosage de la réplique bien sentie (que les deux séries utilisent beaucoup) en est l’illustration parfaite. On retrouve aussi Herville, muté en banlieue nord, qu’on va recroiser puisqu’il est à la tête de l’équipe qui subit le meurtre de leur collègue. C’est fou ce qu’on détestait ce type avant et comme on va l’adorer maintenant.

     Si Laure a enquêté toute la saison précédente alors qu’elle était enceinte, l’ellipse (assez courte en fin de compte) qui ouvre la saison, permet de la propulser dans un quotidien de soins (son bébé est en réa puis en néonatologie) qu’elle peine à assumer puisqu’elle ne peut s’empêcher de retourner travailler. Quand bien même, la saison dit de grandes choses sur la maternité hoquetante, dans la mesure où Laure peut adorer l’idée d’être mère avant de la rejeter l’instant suivant. Et ça dure une saison toute entière. On pourrait dire que ça tourne en rond mais c’est aussi une belle métaphore de comment se situe Laure aujourd’hui, dans son groupe, dans son enquête. Sa relation avec Gilou n’arrive pas là par hasard, ne sort donc pas du chapeau (Pour faire banale histoire d’amour) : Ils se sont toujours plus ou moins cherché tous les deux. Simplement, quand c’était Gilou qui était au fond du trou (junkie en saison 2, rappelons-le) il n’avait pas l’épaule de Laure comme elle a eu la sienne durant l’intégralité de cette saison 6. Pas prêt d’oublier les mots de Gilou un moment donné où Laure parle de vivre ensemble « Quand tu entres dans la vie d’un enfant, t’as pas le droit d’en sortir » Grosse déclaration d’amour qui m’a embué les yeux.

     Hors DPJ, beaucoup d’histoires secondaires passionnantes. A commencer par le viol de Joséphine et sa bataille (perdue ?) pour d’abord retrouver son agresseur, puis s’en débarrasser en justicière, puis échapper aux accusations dont elle est victime. Vraiment puissant. Et ce d’autant plus ces temps-ci, en plein scandale Weinstein et cie. Je me demande si ce n’est pas ma saison préférée pour cette raison, l’impression qu’elle capte à merveille l’air du temps. L’épisode 9 avec la marche funèbre, impossible que les créateurs n’aient pas écrit en pensant à l’affaire Adama Traoré. Concernant Roban, le pauvre, il affronte à la fois l’arrivée d’une tumeur, le privant d’une partie de sa mémoire et donc de son efficacité dont il est coutumier, mais il doit aussi faire face à une curieuse affaire d’homicide dont le meurtrier involontaire (Une histoire de cul ayant mal tourné) s’avère être le procureur Machard. Ça aurait pu être too much mais Engrenages, comme à son habitude, traite cette histoire avec brio.

     C’est une saison extra sombre en fait. Noire de chez noire, notamment cet épisode 5 : L’adolescente retrouvée morte, le petit Enzo à baffer, le fils de Tintin qui lui fait passer des heures difficiles, Roban et sa biopsie, la dépression de Joséphine, Laure qui ne veut plus aller voir son bébé. J’étais pas bien, complètement sonné. On va pas aller jusqu’à dire que l’épisode suivant nous repose, mais il très différent. Davantage dans l’action avec la séquence Gare du Nord, la filature des mecs de la BAC, la perquisition dans le camp de Rom, mais aussi très fort émotionnellement : Laure et Gilou, Laure et Romy, Tintin et Rubben.

     La fragilité a toujours fait partie intégrante d’Engrenages. Depuis les crises de manque de Gilou jusqu’aux doutes de Tintin. Un personnage va canaliser toute cette détresse dans cette nouvelle saison, un personnage que l’on ne connaît pas mais qui compte déjà beaucoup puisqu’il est le prolongement de Laure : Son bébé, né prématuré. Et il faudra attendre de nombreux épisodes avant d’avoir la confirmation qu’il est tiré d’affaire. Ça permet surtout de se mettre d’équerre avec l’ambiance globale du groupe, à fleur de peau, sur la brèche et l’entente de nos trois inséparables sur le point d’exploser.

     Mon seul reproche c’est qu’on voit tout venir sur les deux derniers épisodes. On se doute que le Camara n’y est pour rien à plus grande échelle (les meurtres) puisqu’il tient Gilou par les couilles, autant dire qu’il est impossible qu’on laisse l’affaire en suspens ni qu’on se sépare de Gilou. Impossible. Donc durant la scène de la station-service, on comprend qu’il va s’en sortir in extremis. Et du coup il devient très vite clair que les mecs de la BAC sont embarqués dans un truc trop gros pour eux. Ils sont l’arbre qui cache la forêt : ces fameux gynéco clandestins et proxénètes psychopathes qui accouchent des minettes comme des bouchers et découpent des types en cas de gêne. Mais bon, ça reste une saison gigantesque. Et ses dernières secondes sont déchirantes.

Twin Peaks – Saison 3 – Showtime – 2017

19. Twin Peaks - Saison 3 - Showtime - 2017“We are like the dreamer who dreams and then lives inside the dream”

   7.5   Super délicat de parler du retour de Twin Peaks. Je tiens d’abord à dire que je ne suis pas un fervent connaisseur, à la base. Je l’ai découverte sur le tard, il y a une dizaine d’années, j’avais adoré y retrouver l’ambiance lynchienne qui m’avais tant dérouté dans Blue Velvet, Lost Highway et bien entendu Mulholland Drive. Univers qui ne ressemble à aucun autre alors qu’il a pourtant ses référents – On sait combien Lynch est attaché à Sunset boulevard, Vertigo ou Persona – et ses nombreux héritiers. Twin Peaks avait tout, sans doute, de la série OVNI dans le paysage sériel – Là aussi, difficile d’en juger personnellement puisque je ne connais aucune autre série de l’époque. J’ai quoiqu’il en soit le souvenir diffus de quelque chose d’inégal (Surtout la deuxième longue saison) et confus dans son déroulement mais superbe sitôt qu’on l’aborde du point de vue de la multitude de personnages (doux et/ou dingues) qui l’habitent. Si j’ai pas mal oublié les détails de l’enquête et comment le récit glisse de la découverte du corps de Laura Palmer aux plongées de Cooper dans la Loge, j’ai une idée assez précise de qui sont Dale, Audrey, Leland, Bobby, James ou Norma. Leurs voix, visages, façon de marcher, de parler, tout ceci est assez précis dans mon esprit. Le film quant à lui (découvert dans la foulée de ma découverte de la série) je ne m’en souviens pas suffisamment. Un peu comme pour Inland Empire, ça a été une grosse baffe sur l’instant, un choc immédiat, complètement fou et perturbant, mais que ma mémoire imprime plus difficilement qu’un classique plus absolu comme Mulholland Drive. A l’instar de la série, ces films (IE, TP, ni même BV et LH) je ne les ai jamais revu. Comment donc aborder The Return de Twin Peaks en partant de cet attachement un poil bancal ? Evidemment, le mieux aurait été de tout revoir, mais d’une le temps manque, de deux je n’en n’avais pas l’envie. J’ai donc choisi de la recevoir ainsi avec le peu de bagage mémoriel que m’avaient laissé les deux premières. En tentant, qui plus est, de regarder un épisode par semaine, comme ils nous étaient proposés. Riche idée tant l’expérience s’avère aussi stimulante sur 1h qu’elle pourrait être indigeste sitôt abordée en binge-watching. C’est tout le paradoxe : A la fois on n’a jamais vu une série comme celle-là, et même jamais vu une saison comme ce retour de Twin Peaks, et à la fois elle s’apprécie moins comme les séries d’aujourd’hui (Tout voir d’une traite) que comme celles d’antan. Voilà pourquoi, déjà, je ne pourrai jamais la considérer comme un film (Le genre de truc qui ne me dérange parfois absolument pas : Carlos, Mildred Pierce, La maison des bois, Le décalogue…) ce même si Lynch lui-même n’a cessé de dire qu’il s’agissait pour lui d’un film de 18h. Et puis plus simplement : Elle respire comme une Série, point. Ça ne se discute pas. Soderbergh a beau réaliser l’intégralité des épisodes de The Knick, c’est une série, ça respire comme tel, c’est ainsi. Bref, dans ce magma (le mot n’est vraiment pas de trop, là) sidérant on pourra toujours retenir les fermetures musicales, toutes plus élégantes les unes que les autres (mention spéciale à Au revoir Simone et Chromatics) et magnifiquement déroutantes quand elles débarquent autrement : Je ne me suis pas remis de la machine infernale crachée par Nine Inch Nails. Tuerie dans la tuerie puisque l’épisode 8 au sein duquel elle explose sans crier gare, au milieu d’une avalanche de séquences toutes plus hallucinantes les unes que les autres, restera le truc le plus dingue vu cette année, depuis dix ans, depuis toujours. La séquence de la pause pipi, She’s gone away, le champignon nucléaire, la bête chelou. Un choc tellurique. Qu’on avait déjà plus ou moins rencontré dans un épisode 3 ô combien déconcertant « Helloooooo » avant de culminer dans un épisode 14 grandiose, chelou, drôle, délirant, flippant, émouvant. Si cette saison m’aura semblé plus bancale que pour d’autres, je dois reconnaître qu’elle aura aussi libéré des espaces sensitifs qu’on ne voit jamais dans le medium. J’ai lu de supers papiers à propos du retour de Twin Peaks, enthousiastes, passionnés, unanimes. Je vous invite à les lire aussi. Et ça permet de voir combien c’est une œuvre inclassable. Depuis, Harry Dean Stanton nous a quitté. Comme avant lui Miguel Ferrer (Albert) ou Catherine E. Coulson (La femme à la bûche) ou David Bowie (Philip Jeffries). Ça donne à la série un amer parfum de mort autant que ça la rend étrangement éternelle, comme Laura Palmer. C’est très beau.

Game of thrones – Saison 7 – HBO – 2017

18. Game of thrones - Saison 7 - HBO - 2017Avance rapide.

   7.5   Nombreux sont ceux qui regrettent l’esprit des premières saisons, quand la série était plus subtile, avare en rebondissements mais plus incisive quand elle les utilisait, prenait en compte les distances géographiques, jonglait avec les faux-semblants et parties de cache-cache dans un échiquier géant parfaitement agencé, auxquels s’adonnaient chacun des personnages, toujours magistralement incarnés. Je comprends. C’est vrai que la saison 7 va à l’essentiel et vire au grand n’importe quoi dans la gestion de ses ellipses et des déplacements des personnages. Mais elle fille vers son dénouement et ma foi, j’aime cet étrange virage, plus mainstream, plus axé sur le divertissement pur, qui lui, reste de facture excellente. Tout est donc super prévisible, tout va donc dix fois trois vite (On a oublié que Daenerys avait mis cinq saisons à débarquer à Westeros, Tyrion plusieurs épisodes à voyager en barque vers Meereen avec Jorah, on a quitté cette atmosphère si particulière qui émanait par exemple de la longue captivité de Jaime et Brienne…), élément sur lequel je ne vais pas cracher, personnellement, puisque j’étais le premier à trouver le show un brin complaisant dans la lenteur de sa mécanique, malgré la jubilation qu’on pouvait souvent y trouver. Bref, je me suis régalé.


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