Archives pour la catégorie Adam Green

Hatchet – Adam Green – 2007

Hatchet movie image

Urban legend.

   3.1   Adam Green étant le réalisateur de l’excellent Frozen je me devais de réparer cette lacune et voilà c’est fait, rien de marquant rien de honteux, on sent un savoir faire mais je ne pense pas que dans le Z il soit le plus à l’aise.

Frozen – Adam Green – 2011

Frozen - Adam Green - 2011 dans Adam Green frozen2306

Passe-montagne.

     7.2   Le spectateur est masochiste. Il se plait à jubiler autant qu’à souffrir. Devant un film d’horreur ou dérivés, c’est ce qu’il recherche, souffrir, rechercher ses limites, un certain dépassement de soi. Celui qui éprouverait la sensation opposée, à savoir l’attirance du bourreau, serait déjà passé de l’autre côté. Le seul plaisir du film de genre, à l’échelle animale, physique c’est celui de souffrir. Comme dans une montagne russe ! On aime envisager cette limite. Pour en revenir au cinéma, deux schémas générationnels s’impose, que je trouve assez passionnants. Le film d’horreur entièrement jubilatoire, basé sur le gore, le sursaut, l’étranger physique en fin de compte. C’est le film d’avant. Aujourd’hui, on a droit à toute une vague de films qui s’affranchissent de ces oripeaux, cherchant davantage le réel, les situations réelles, les négligences, la durée, la souffrance dans la durée, le futile, la peur de mourir installée dans un espace qui permet de la voir venir. C’est le nouveau plaisir du spectateur. Souffrir avec ses personnages. Le rire (la jubilation) n’est pas loin d’avoir disparu. L’identification ultime. Le masochisme pur.

     Voilà bien longtemps que je n’avais pas passé un moment aussi éprouvant physiquement devant un film de genre. Il faut sans doute remonter à Eden Lake. Deux ans. Je n’ai pas trouvé mieux. Et pourtant il n’y a aucune ressemblance entre les deux films, preuve que le genre a encore de belles heures devant lui. Frozen m’a rappelé deux autres films, mais j’en parlerai plus tard. Je voulais avant tout un peu parler de son déroulement, dire à quel point il est brillamment écrit, à quel point tout fonctionne à la perfection. Car meubler un film avec (presque) uniquement trois personnages, c’était pari risqué, surtout lorsque l’essentiel du décor est un télésiège en montagne. A première vue, on entre dans un film assez classique, une bande d’amis qui tente d’éviter le prix fort pour les remontées mécaniques en envoyant la jeune femme payer directement le type qui s’occupe d’une remontée, lui faire un semblant de gringue mensonger et s’en tirer avec trois tickets pour la journée. On peut se dire d’emblée, comme tous ces films qui commencent sur une insolence, un détournement des règles, que les personnages vont payer de leur vie cette petite marginalité fantaisiste. C’était le cas de la bande de potes dans Cold prey, le slasher norvégien, qui payaient leur choix de faire du hors-piste. Ce parti pris peut très rapidement offrir quelque chose de moraliste malheureusement. D’autant que lors de leur dernier passage, j’en reviens à Frozen, les jeunes forcent la fermeture du télésiège, pas méchamment, juste pour la déconne. Mais en fin de compte, le film s’éloigne tellement de ça par la suite que ce n’est jamais gênant. D’autant que cette situation que l’on attend tous, à savoir un télésiège arrêté, trois amis dessus en passe d’y être pour la nuit, n’est pas tant provoqué par cette petite bravade que par une négligence hyper probable. C’est sans doute ce qu’il y a de plus ardu dans Frozen, la négligence n’est pas rattrapable. Le type du télésiège laisse momentanément sa place à un collègue le temps de s’entretenir avec son patron pour un problème d’horaire, n’oubliant pas de lui dire que trois personnes doivent descendre. Plus tard, le type voit trois personnes descendre, il pense qu’ils sont les derniers, passe un coup de fil à son collègue probablement à l’autre bout du télésiège, qui dit être bon lui aussi, voyant débarquer le siège balai, avec ce fameux drapeau rouge accroché signalant qu’il n’y a plus personne derrière. Drapeau rouge que l’on a vu mettre, quelques minutes avant que nos trois amis embarquent quasi clandestinement. On ne peut pas faire plus probable. Il n’y a pour ainsi dire aucun espoir, si ce n’est celui de s’en sortir par ses propres moyens.

     Cette négligence cruelle et cette longue nuit qui s’ensuit rappellent évidemment un film : Open water. Film que j’avais aussi beaucoup aimé à sa sortie. Film qui valait essentiellement pour sa partie survie, éprouvante, où un couple de plongeurs, oublié par leur bateau, affrontait le large, d’abord tiraillé par les besoins primaires, bientôt attaqués par méduses et requins. Frozen est construit de la même manière. Affronter le froid et tout le reste. Puis affronter une meute de loups. Je trouve Frozen deux fois plus réussi. Ce n’est pas seulement dans l’efficacité du déroulement, c’est aussi dans l’écriture des dialogues entre ces trois personnages, que l’on apprend véritablement à connaître sur ce télésiège, suspendus une dizaine de mètres au-dessus du vide, entre neiges et sapins. Pour la nuit. Plus d’une heure du film se déroule là-dessus. C’est insoutenable. Il faut voir avec quelle maîtrise le cinéaste utilise le temps, la durée. Au début c’est presque du temps réel. Puis il y a quelques ellipses. Le temps réel revient dès l’instant qu’une décision importante est sur le point d’être prise. C’est le fait qu’elle soit sur le point d’être prise qui est important. Rien ne va trop vite dans Frozen. Tout est magnifiquement dosé. Tout ce que l’on voit. Sans parler des marques du temps. Gerçures, engelures, crampes, teint. Tout change progressivement. Ce froid d’abord absent, ou presque, puis menaçant, avec ces stalactites de glaces sous les sièges, puis la fonde le lendemain à l’arrivée du soleil. Les coups de soleil apparaissent, les gerçures s’amplifient. Je tiens à préciser que s’il n’y a toujours personne pour les secourir le lendemain c’est qu’ils ont choisi une petite station de ski old school (remontées vieillottes, domaine limité) ouverte le week-end, dont ils assuraient la fermeture dimanche au soir, avant qu’elle ne rouvre le vendredi soir suivant. Autant dire une éternité.

     Il y a une attention toute particulière accordée à la machine. Au mécanisme. Les premiers plans du film sont d’ailleurs ceux d’un câble de ce télésiège, d’une roue, d’un siège, d’un pylône. Un mécanisme pas très discret. Que l’on entendra bientôt plus. Faire balancer un siège, soulever la barre de sécurité, c’est le stade de l’amusement, on est tous passé par là, il n’y a rien d’autre à faire sur un télésiège, qui plus est lorsqu’il est arrêté. Nos trois amis passeront aussi par cette étape. Sauf que plus tard il ne s’agira plus de s’amuser à lever la barre, il s’agira de la lever pour envisager de sauter. Il ne s’agira plus de balancer la nacelle mais de l’escalader afin d’envisager une descente par les câbles. Je ne préfère même pas évoquer les loups. Ce film est la plus éprouvante expérience cinématographique d’agonie lente rencontrée depuis Gerry. Le froid a remplacé la chaleur, il transforme les corps, les comportements. L’espace dévore à petit feu. J’en suis sorti exténué, complètement anéanti. Chef d’œuvre !


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Auteur:

silencio


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