Archives pour la catégorie Adam McKay

Don’t look up – Adam McKay – 2021

16. Don't look up - Adam McKay - 2021Le ciel, les idiots et l’amer.

   7.0   Un Adam McKay inspiré qui greffe sa tonalité potache coutumière à une captation pointue des maux de notre société absurde, repliée dans un flux exponentiel d’infos et d’images, qui n’a même plus conscience de sa propre survie.

     Il en produit une satire grinçante, toujours sur le fil, à l’image de ses comédiens tout en emphase, qui s’avèrent pourtant tous à leur place, d’un Leonardo DiCaprio combatif et chancelant à une Jennifer Lawrence extra-lucide et désespérée, en passant par une Meryl Streep monstrueuse qui semble condenser à elle-seule les derniers présidents américains, un Jonah Hill cynique et vulgaire, une Cate Blanchett arriviste insupportable, un Timothée Chalamet en punk à chien évangélique, un Marc Rylance tout en terreur tranquille, un Ron Perlman en guerrier débile.

     Tout y est over the top. Et c’est sans doute ce qui fait tenir le film, ne le plonge pas dans une dynamique démago qui tente de se donner bonne conscience.

     Kate, une étudiante astronome découvre qu’une comète fonce droit sur la Terre, confie sa découverte à son professeur référent et leurs calculs respectifs sont formels : La collision adviendra dans six mois et quelques jours. Ils joueront tous deux le rôle de lanceurs d’alerte, se heurtant à l’ignorance, la bêtise et le déni de personnages bouffons, aussi bien sur le terrain présidentiel, journalistique, technologique que dans l’opinion publique, les réseaux sociaux et le star-system.

     Difficile d’effectuer une comparaison et/ou un prolongement avec ses deux films précédents (The big short, 2015 & Vice, 2018) apparemment plus sérieux, car je ne les ai pas vu. Il y a quoiqu’il en soit une volonté de prendre le pou d’une Amérique actuelle, aussi bien en traitant de la crise financière qu’en faisant un biopic politique sur Dick Cheney.

     La comète tueuse de planète symbolise à elle seule le danger cataclysmique, entre crise économique et climatique, qui nous menace tous. La comète c’est peut-être aussi le Covid. Elle libère ce qui importe, à savoir notre incapacité à gérer notre propre survie au détriment de notre confort.

     Don’t look up semble s’inspirer autant de Network, de Lumet que de Dr Folamour, de Kubrick. Deux films cités partout comme références, y compris par Adam McKay. Deux films que je n’aime pas. Autant dire que ça partait mal.

     Mais le film dépasse la simple volonté de faire « son grand film politique » sur la fin du monde. Au contraire, on retrouve les tics de McKay, son rythme insolent, une utilisation exagérée de son casting de stars. Et des gags à la pelle, autour de répliques bien senties, voire autour d’une bouteille d’eau ou d’un paquet de chips, par exemple. C’est un ballet de questions posées et de portes qui se ferment, de personnages à la dérive, qui rient, qui gueulent, mais McKay aime trop le pic comique décalé (le pétage de plombs de Leo), annoncé (la scène pré générique) ou gratuite (la scène lourdingue post générique) pour faire une œuvre dans la lignée de celles dont il s’inspire.

     C’est plutôt à Fatal (Michael Youn) ou Mars Attacks (Tim Burton) auxquels moi je pense, devant. Et c’est tout à son honneur – et en fin de compte, c’est dans la continuité de Step brothers ou Ricky Bobby, pour moi.

     C’est en grande partie ce qui me séduit énormément là-dedans, cette façon de rire sérieusement disons. C’est aussi ce qui l’empêche d’être un peu émouvant, tandis qu’il place ses pions pour l’être lors de ce dîner de fin du monde.

     Une plume acérée, avec des personnages hauts en couleur, sur lesquels planent les ombres de Sarah Palin, Greta Thunberg, Steve Jobs ou Donald Trump. Il y a des idées en permanence. Ce n’est jamais trop long, quand bien même il y ait des ratés ci et là. Bref c’est un vrai film méchant, jamais auto satisfait de sa virtuosité satirique tant il tente plein de trucs en permanence.

Ricky Bobby, roi du circuit (Talladega Nights, The Ballad of Ricky Bobby) – Adam McKay – 2007

15. Ricky Bobby, roi du circuit - Talladega Nights, The Ballad of Ricky Bobby - Adam McKay - 2007« Shake’n’bake »

   7.0   En France, Talladega nights : The ballad of Ricky Bobby (quel beau titre !) est sorti (mais pas en salle) en 2007 : La grande année pour Apatow, qui bien entendu nous offrait de ses soins le merveilleux En cloque, mode d’emploi et produisait d’une part ce film d’Adam McKay, ainsi que Supergrave, de Greg Mottola. Que dire si ce n’est que ces trois films font de parfaits représentants si tant qu’il faille répondre à cette question : Apatow, c’est quoi ?

     Bon, Ricky Bobby : roi du circuit (quel titre de merde !) est surtout un film d’Adam McKay, avec Will Ferrell. C’est là son génie, c’est là ses limites : Sa générosité est si inédite, si outrancière, qu’elle peut, suivant l’humeur, générer de l’hermétisme (un peu mon cas durant la première partie pré Jean Girard) ou communiquer sa joie de faire à te plier en quatre (moi ensuite). C’est aussi une belle année pour Will Ferrell, que l’on retrouve dans l’excellent Les rois du patin, de Josh Gordon & Will Speck.

     Alors ça raconte quoi, The ballad of Ricky Bobby ? C’est un récit de course automobile au déroulement très classique (gloire, rivalité, accident, retour, éveil à la vie) dont on peut entendre les échos plus ou moins évidents dans au pif Jours de tonnerre, Cars, Driven, Rush ou Fast and furious. Mais si l’on sent Adam McKay passionné par les courses sur le bitume et le monde qu’elles dessinent, il l’est clairement davantage encore par la satire, la comédie et la folie de ses comédiens. Je pensais pas que le film irait si loin à vrai dire, qu’il serait si perché et sur un rythme aussi soutenu, deux heures durant.

     Un mot sur ma révélation. Jusqu’ici je n’avais jamais été épaté par Sacha Baron Cohen (excellent ceci dit, dans un autre registre, dans Les sept de Chicago) mais ici punaise j’en redemandais, je le cherchais partout, avec son accent français improbable, ses « Ricky euh Beuby » à répétition, son sex appeal gay hilarant et des répliques géniales du type : « You spilled my macchiato! » ou « I love crepes » ou « We invented democracy, existentialism, and the ménage à trois ». J’ai déjà envie de revoir le film rien que pour lui.


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