Archives pour la catégorie Agnès Jaoui

Le gout des autres – Agnès Jaoui – 2000

16. Le gout des autres - Agnès Jaoui - 2000La moustache.

   6.0   Castella est un petit patron de PME, pas méchant, comme tout le monde s’accorde à le dire, mais très beauf. Un jour il se retrouve au théâtre devant une représentation de Bérénice, pas du tout parce qu’il vénère Racine mais par obligation parce que sa nièce y joue. Il se fait chier comme un rat mort jusqu’à littéralement flasher sur une des actrices, Clara. Une sorte de ravissement, qui le pousse à retourner voir les prestations suivantes, à s’intéresser à ce petit groupe d’artistes en vue de passer du temps avec Clara, du moins attirer son attention. Il la rejoint pour un repas, achète une toile d’un ami peintre de l’actrice. S’il poursuit les cours d’anglais c’est évidemment moins en vue d’être bilingue que pour écrire un poème à cette actrice aussi prof d’anglais à ses heures. S’il se rase brutalement la moustache ce n’est pas pour plaire à sa femme aux goûts fleuris qui le répugnent (« marre de vivre dans une bonbonnière ») que parce qu’il a entendu Clara, au détour d’une conversation, dire qu’elle n’aimait pas les moustaches. Or, elle se fiche complètement de lui, le méprise. Et c’est justement quand il comprendra cela, s’éloigne d’elle, qu’elle reviendra vers lui : lorsque la certitude d’une supériorité bourgeoisie culturelle de l’une se heurte au supposé vide vulgaire de l’autre, soudain animé par la beauté.

     C’est un film choral articulé autour d’un unique objectif : la jonction des univers, des ignares et intellectuels, des bourgeois et des prolos, des industriels et des artistes. Et donc le chassé-croisé forcément cruel qui découle de ces rapports impossibles. Il s’agit aussi de suivre le garde du corps de Castella ainsi que son chauffeur. Ainsi que de suivre la serveuse du bar dans lequel tout ce petit monde passe leurs afters. Les dialogues sont finement écrits, l’interprétation assez irréprochable, jamais emphatique – Bacri y est fabuleux, très touchant. Mais le dispositif est assez cousu de fil blanc, je trouve, cloisonné dans un système assez binaire et laborieux : l’art abstrait face aux papiers peints Desigual / Racine face aux blagues de cul, pour faire vite. Mais la tendresse l’emporte, je crois. J’en gardais un souvenir de leçon de tolérance pour les nuls, mais sa mélancolie m’a séduit cette fois. Les solitudes respectives incarnées par Bacri, Alvaro, Lanvin, Chabat, Jaoui, m’ont touché. Il y a de très jolis moments.

Place publique – Agnès Jaoui – 2018

05. Place publique - Agnès Jaoui - 2018Le sens de la gêne.

   3.0   J’ai beaucoup pensé au Sens de la fête, le film de Nakache & Toledano, avec Jean-Pierre Bacri dans un rôle ingrat assez similaire. Sauf que c’est vraiment nul, là. Comme quoi il vaut toujours mieux un bon film de droite qu’un mauvais film de gauche.

     Place publique, le nouveau Jaoui, c’est comme d’habitude, sans intérêt, beauf et cynique, mais il a deux idées, deux longs plans, à ses extrémités : Une ouverture ratée (mais osée) sur La Rage, de Kenny Arkana. Et une conclusion magnifique, sur Osez Joséphine, de Bashung, qui te fait un temps regretter que le film ne soit pas sur ce tempo-là, mi-mélancolique mi-cocasse, au lieu d’être en continu mi-figue mi-raisin, pour rester poli, avant de réaliser qu’on s’en fiche un peu, tant l’intérêt du film et celui de ses personnages est proche du néant.

     Mais un petit plaisir dans ce marasme que celui de voir Eric Viellard aka Fabien dans L’ami de mon amie, d’Eric Rohmer : On le voit beaucoup trop peu, ici comme en général et c’est dommage, il dégage un vrai truc.

Comme une image – Agnès Jaoui – 2004

1XaO4XKLA1Hp8BXTq0ZdCTaNO4QOn va s’aimer.

   2.5   Allons-y sur le cinéma de Jaoui en général car il faut que ça sorte : Je trouve ça profondément nul, dans le meilleur des cas. Ça va parfois jusqu’à l’abjection. Ce que je lui reproche en priorité c’est cette suffisance du dialogue. Je trouve que c’est un petit théâtre perpétuel, sûr de lui, auto congratulé, je n’y crois pas du tout. A la limite j’ai de la tendresse pour le tout premier film de la troupe, non réalisé par Jaoui, Cuisines et dépendances, en 1993, car l’absence de mise en scène est entièrement assumée. J’ai sans cesse cette impression de confort bourgeois, futile et hautain, avec le cinéma de Jaoui, ça me débecte. Et celui-ci est particulièrement irritant sur ce point.


Catégories

Archives

janvier 2026
L Ma Me J V S D
« déc    
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031  

Auteur:

silencio


shaolin13 |
Silyvor Movie |
PHILIPPE PINSON - ... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Playboy Communiste
| STREAMINGRATOX
| lemysteredelamaisonblanche