Archives pour la catégorie Alan J. Pakula

L’affaire Pélican (The Pelican brief) – Alan J. Pakula – 1994

12. L'affaire Pélican - The Pelican brief - Alan J. Pakula - 1994Des tueurs dans la foule.

   7.0   Adolescent, j’ai pas mal fantasmé ce film. C’était l’époque où je focalisais beaucoup sur les acteurs/actrices alors un film qui réunissait Julia Roberts & Denzel Washington (et de nombreux seconds rôles alléchants) avait déjà toute ma sympathie. Mais je n’ai jamais eu la possibilité de le voir. Enfin ça ne s’est pas fait. Puis mon intérêt pour les acteurs s’est considérablement dissipé au profit des auteurs. Plus tard j’ai découvert et adoré Les hommes du président mais aussi A cause d’un assassinat, mais je savais que les films tardifs de Pakula n’étaient pas du même tonneau. Néanmoins je nourrissais toujours l’envie de voir ce film, son avant dernier long métrage, en grande partie car Pakula m’intéresse beaucoup – notamment depuis que j’ai fait la rencontre de ce chef d’œuvre qu’est Le choix de Sophie – et que j’ai une appétence particulière pour les films de complots et d’investigations. Je suis très content d’avoir enfin vu L’affaire Pélican, qui passait ce 16 mars sur Arte, trente-et-un an tout pile après sa sortie française. Le film suit l’enquête d’une étudiante en droit et d’un reporter au Washington Herald autour de l’assassinat de deux juges de la Cour Suprême, sous fond de corruption politique et désastre environnemental. Ce qui est très beau, très réussi, c’est le lien qui nait entre ces deux personnages, que l’on suit d’abord chacun de leur côté, avant qu’ils ne se rencontrent au mitan du film pour ne plus se lâcher. L’affaire Pélican c’est surtout la rencontre entre John Grisham, spécialiste du roman judiciaire et Pakula, cinéaste hollywoodien ayant fait ses meilleures armes avec des thrillers politiques. Si le film est relativement académique dans son déroulement, sa construction, son découpage, il est tellement au-dessus de la mêlée ne serait-ce qu’en ne tombant pas dans les facilités, de dialogues trop explicatifs par exemple ou d’une histoire amoureuse. Et surtout par le biais d’une mise en scène toujours très inspirée, faisant naviguer une tension permanente avec rien : une armoire à glace, une clé de contact, la foule d’un parc ou d’une fête de rue, un parking, une cage d’escalier. Super film.

Présumé innocent (Presumed innocent) – Alan J. Pakula – 1990

03. Présumé innocent - Presumed innocent - Alan J. Pakula - 1990Liaison(s) dangereuse(s).

   5.0   « Brillant procureur, marié et père de famille, Rusty Sabich est soupçonné du meurtre de l’une de ses collaboratrices, autrefois sa maîtresse »

     C’est étrange comme Présumé innocent annonce les années 90, tant il est l’un des premiers films d’une série de thrillers (judiciaires ou non) efficaces mais relativement impersonnels. C’est donc un tout petit Pakula. Qui se cache derrière son malin scénario saupoudré d’un inattendu twist. La partie procédurière est formellement terne, le film ne tient que sur son bavardage. Alors évidemment celui qui réalisa jadis Les hommes du président fait le job, Harrison Ford est magnétique avec trois expressions de visage et les seconds rôles sont bien choisis (Raul Julia & Brian Dennehy, notamment). Jusqu’à, disons, la première résolution, le film coche les cases du cahier des charges et s’en tire bien. Amené autrement, le final pourrait être étourdissant mais ce monologue est un monologue de papier, la confession ne fonctionne pas très bien à l’écran.

     Le film, un moment donné, a l’idée (quasi saugrenue, au regard de sa résolution, mais c’est aussi pour agrémenter les nombreuses fausses pistes) d’intégrer des flashbacks afin de se pencher sur la liaison entre Rusty et Carolyn (Greta Scacchi, magnifique). Jusqu’alors un peu terne, le film reprend des couleurs lorsque celle-ci apparait tant on découvre une menace féminine sur ce monde d’hommes, avec son ambition et son indépendance. Ce n’est pas qu’un plaisir des yeux, puisque ça rend tout le monde suspect mais c’est surtout que la mécanique huilée s’enraye. Mollement quand même – ça ne débouche nulle part – mais elle s’enraye.

     Le film échoue surtout dans sa multiplicité. Il vise tellement à mettre en relief la perdition de son héros, souvent mutique qui plus est – ce qui nous amène à douter jusqu’au bout de son innocence – que les autres personnages, sa femme comprise, n’existent pas suffisamment. Les femmes sont par ailleurs assez peu étoffées dans l’ensemble, réduites à des caricatures, comme si on les percevait du seul point de vue perdu de Rusty, l’avocat incriminé. Mais c’est bien avec la partie adverse que Pakula s’avère le moins subtil, soit les deux avocats de l’accusation, qui seront les plus débiles et caricaturaux possible. Là-dessus, Présumé innocent manque vraiment de finesse.


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silencio


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