Soap au Golan.
4.5 Israël, 1967. Laura a 20 ans. Jadis violoniste à Paris, elle vit aujourd’hui dans un kibboutz avec Sacha, un ancien professeur de philosophie, enrôlé dans l’armée israélienne. Pour son anniversaire, Simon, Michel et Paul, des copains de Paris, lui rendent visite. Au cours d’une soirée, Simon reproche à Laura d’être responsable du suicide de Myriam, une amie d’autrefois. Les canons syriens du Golan se chargeront du reste dès le lendemain. La guerre des Six Jours vient de commencer.
Au même titre que Le coup du sirocco, Pour Sacha fait partie du haut du panier Arcady – mais ça n’en fait pas un bon film pour autant. Les lourdeurs inhérentes à son cinéma sont bien là : lieux communs, écriture au chausse pied, dialogues pompeux, interprétation catastrophique, mouvements de caméra obscènes, mise en scène très théâtrale.
Mais il y a aussi une profonde sincérité là-dedans qui rend le film parfois touchant. On sent qu’Arcady aime sa bande de personnages. On sent qu’il veut « tourner autour » de la guerre des six jours. Qu’il veut replonger dans le kibboutz, lui qui a vécu un an près de la frontière libanaise quand la guerre jadis éclata. On sent que ça le touche beaucoup, que ça lui tient à cœur. Mais qu’il est maladroit, surtout attiré par la dimension soap. Par cette volonté de raconter une histoire de guerre et d’amour, pas des plus fines. Mais encore une fois, pour du Arcady c’est vraiment correct.