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The deep house – Alexandre Bustillo & Julien Maury – 2021

17. The deep house - Alexandre Bustillo & Julien Maury - 2021Sous l’eau s’en vont les villages.

   5.0   Le concept de faire un film de maison hanté sous-marin est alléchant. Les trois quarts du film se déroulent par ailleurs sous l’eau. Sans aucun flashback ni montage parallèle. On n’en sort jamais. Ce qui s’avère vite assez décevant c’est que c’est un film de maison hanté très classique. Le seul élément nouveau c’est l’eau.

     La semi-déception (car je n’attends pas non plus beaucoup de ce duo de cinéastes) est pourtant à la hauteur de la promesse : Il est rare, aujourd’hui, qui plus est dans le cinéma de genre français, de voir un projet original, aussi bien sur le papier que dans sa fabrication, un projet qui ne soit pas un remake, prequel ou autre dérivé. Bustillo & Maury avait par ailleurs repris à leur sauce le mythe du personnage de Massacre à la tronçonneuse. The deep house ne devait rien à personne sinon eux. Mais au final, on a trop l’impression d’avoir déjà vu ce film au sec, ailleurs.

     Il y a beaucoup de choses qui ne fonctionnent pas. Les deux personnages sont des archétypes : Le téméraire passionnée et la trouillarde amoureuse. Il existe seulement pour sa chaine Youtube, elle existe seulement parce qu’elle est folle amoureuse de lui. C’est tout. Ensuite d’un point de vue topographique, le film est assez raté. On aimerait davantage sentir l’architecture de la maison. Il y a pourtant une attention aux décors, le salon avec ces chaises, ces chandeliers, la chambre avec ces poupées, ce Christ dans la cuisine, mais ces décors sont très peu mis en valeur par le plan, le montage, la durée. Et c’est clairement un film de montage. Et le monteur, Baxter – celui d’Aja – a du s’arracher les cheveux, tant on imagine le nombre d’heures de rushs non exploitables sous l’eau. Et plus simplement, il manque le bruit de l’eau. Le bruit sous l’eau. Le film est trop bavard, un peu envahi par sa musique et oublie que l’univers sous-marin fait un parfait sound-design.

     Dès le début, le film joue sur la multiplication des points de vue : Il est d’abord un found footage à deux caméras, héritage clairement réclamé de Projet Blair Witch. Il y a aussi les plans offerts par le drone, qui suit les personnages. Ainsi que des plans omniscients, permettant une capture d’ensemble. Le problème c’est que toutes les caméras sont un peu trop omniscientes : Elles filment un peu trop bien ce que le scénario choisit, contrairement au film suscité – Mais Cloverfield réussissait cela aussi, sur la corde – qui utilise le procédé de façon plus réaliste. The deep house tente un pas de côté un moment, un seul, lors de l’attaque sous le puits : amas de rouge, de bulles et de chaines. Dommage que ça n’arrive que là, lors du premier vrai climax puisqu’on ne voit rien, on ne comprend rien et on se dit que son utilisation est probablement à visée économique.

     Aussi, difficile d’en vouloir aux créateurs – puisqu’ils souhaitaient au préalable un film plus radical, entièrement sous l’eau, sans dialogues – mais The deep house aurait mérité d’être amputé de sa triple installation. Aussi bien son intro – imposée par les producteurs – qui présente le couple spécialiste d’exploration urbaine (dans des lieux évidemment abandonnés) que la séquence suivante de la baignoire (qui ouvre une pseudo psychologie pas très intéressante en forme de miroir avec le final) que toute la partie voyage dans le petit village du sud-ouest de la France. Ou bien il aurait fallu les filmer, les montrer ces lieux. Finalement, un moyen métrage entièrement sous l’eau, sans installation, ça aurait pu être bien plus fort, il me semble.

     Malgré tout, le film tente des choses. Il fait peu peur, mais crée une angoisse latente. Le jump scare est là, par exemple, tardivement certes, mais là. Or, il ne s’agit plus de faire surgir un fantôme derrière une porte que de le voir flotter immobile dans le plan avant qu’il ne bouge / ouvre les yeux brutalement. Ces peurs-là ont toujours fonctionné : On se souvient de la séquence de plongée dans Jaws, quand Hooper découvre le corps du pêcheur.

     Il tente aussi de jouer sur le design de cette maison, cette grille à l’entrée notamment, cette fenêtre murée, la verticalité de la cheminée. Mais l’aspect graphique est très limité aussi. Il y a peu de jeu sur les couleurs. Dans ce genre, il me semble qu’un 47 meters down (sous l’eau) ou The descent (sous terre) avaient de vrais attributs visuels, en plus d’allonger certaines scènes – comme celle, fabuleuse, de la fosse dans le premier cité – jusqu’au malaise.

     Le dernier point qui permet de relativiser la déception serait d’évoquer une dimension méta visant à donner un semblant d’explication : Le personnage masculin rêve de faire des vues, du like et s’il adore explorer des ruines il rêve surtout d’en vivre. C’est comme si les Bustillo & Maury projetaient en lui leurs fantasmes de réussite. Rien d’étonnant à ce que le film soit si classique en partant d’un pitch aussi prometteur, en somme.

Leatherface – Julien Maury & Alexandre Bustillo – 2017

13. Leatherface - Julien Maury & Alexandre Bustillo - 2017Qui es-tu, face de cuir ?

   3.0   Evidemment qu’il ne faut pas se lancer là-dedans en ayant en tête le chef d’œuvre malsain, sale et délirant de Tobe Hooper. C’est peine perdue. Je n’ai malheureusement pas réussi à y faire abstraction de mon côté, sans doute car j’ai la chance (?) de n’avoir vu aucune des suites (Il y en a parait-il six, oui six, partagées en suite, remake, préquel) de ce film inoubliable et tordu. Et pourtant c’est loin d’être mauvais. L’idée de raconter « la naissance » de Leatherface me plaisait, déjà. De montrer comment le gamin le moins cinglé (de la famille de cinglés) va devenir une icône de terreur pure. Ça démarre pas mal, d’ailleurs, c’est brutal, nerveux juste ce qu’il faut. Après, niveau mise en scène ça manque clairement de personnalité, on retrouve la patte du duo de semi tâcherons déjà à l’œuvre dans A l’intérieur et Aux yeux des vivants. Mais ce qui m’a le plus agacé c’est la partie de cache-cache avec le spectateur : On n’est jamais vraiment certain de qui sera Leatherface. Bref, encore un truc de petit malin. Qui se voudrait sale mais qui s’avère plus gore que sale. Je sauve toutefois les séquences « en forêt » qui apportent une poésie macabre plutôt originale ainsi que le rôle de Texas Ranger taré/revanchard incarné par un Stephen Dorff en grande forme.

Aux yeux des vivants – Alexandre Bustillo & Julien Maury – 2014

aux-yeux-des-vivants-1Les innocents.

   2.0   Si l’on passe outre l’introduction supra gore et méga foireuse, il y a quelque chose qui tient l’esprit éveillé dans cette foutue fugue d’ados qui se réfugient dans un ancien studio de cinéma, perdu entre champs et forêt. Cette partie là me plaisait presque alors que ces phases d’installation sont rarement les plus passionnantes dans le genre. Jusque là ça passe, en étant indulgent. Puis ça se corse. Les deux réalisateurs s’en branlent des lieux, en fait ils se fichent de tout, trop occupés qu’ils sont à produire leur petite scène choc et le glissement crado. On se souvient de leur précédent film, A l’intérieur, c’était exactement pareil. Dans les deux cas il y a vraiment un goût douteux pour les bébés affligés et les monstres en devenir – Autant que la saga Saw peut être infâme, on va dire. On ne pourra cela dit pas leur enlever de ne pas faire dans la demi-mesure : plus glauque tu meurs. L’histoire n’a d’ailleurs aucun intérêt, pour ainsi dire aucun sens, on nage vraiment dans les canons les plus éculés. La seule idée un peu intéressante c’est le parti de se séparer rapidement de deux des trois ados. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est culotté mais c’est le seul élément de scénario qui m’a surpris. Sur le papier hein car les scènes en question sont ridicule, avec la baby sitter d’une part puis le père violent un peu plus tard. Et puis la fin est grotesque et invraisemblable, bref pas grand chose à sauver.

A l’intérieur – Julien Maury & Alexandre Bustillo – 2007

A l'intérieur - Julien Maury & Alexandre Bustillo - 2007 dans Alexandre Bustillo & Julien Maury a-l-interieur-2007-05-g

     4.0   Je suis vraiment partagé. En un sens je trouve le concept tellement évident et propice au genre que je suis passionné par son esprit hardcore et jusqu’au-boutiste. Il se crée une peur de l’arme blanche, une peur du contact entre le couteau et le nombril tellement impressionnante que les quelques revolvers du film n’ont aucun impact émotionnel. Se joue alors un mécanisme de l’horreur particulier. Les apparitions habituellement vouées à créer un sursaut sont remplacées par un cadrage discret laissant apparaître des ombres. Lorsque la future maman est assise dans son fauteuil le plan est serré, sur son visage. Par un travelling arrière on ne va pas tarder à y découvrir l’ombre de cette autre femme dans le couloir derrière elle. Plus que de jouer sur une peur basique les cinéastes ont optés pour une peur de situation. Le mécanisme fonctionne. On est parfois à la limite du supportable. L’expérience, aussi physique soit-elle, pourrait s’apparenter à celle vécue devant un Martyrs.

     Et dans le même temps je n’y vois que perversion. Voir ces deux noms de réalisateurs collés côte à côte m’évoque une expérience perverse comme le versant gore de la pornographie. Ce n’est pas tant le fait que ce soient des hommes qui filment une expérience que seule une femme peut ressentir – Finalement ce culte de la chair, de l’organique n’est pas nouveau, avant eux il y avait Cronenberg – que l’empathie générale qui se dégage de tout ça. Chez Cronenberg c’est aussi vivant que théorique. Ici, on cherche tellement à s’ancrer dans le réel (replacement dans le contexte de l’actualité, tragédie de famille suivie de près, impuissance policière…) alors qu’il s’agit d’un fait totalement improbable, que l’enjeu ne peut-être que pervers. Façon Saw en quelque sorte. Où l’on se délecterait de voir souffrir, d’entendre crier, d’être inondé de sang. C’est un film extrêmement sanguin. Cette surenchère aurait été géniale si les cinéastes avaient su se détacher de leur récit, s’ils ne s’étaient pas trop pris au sérieux. Il y a autre chose qui ne fonctionne pas du tout : l’effet de surprise au niveau de l’intrigue. Cette dernière est mince pourtant on sent arriver le flash-back essentiel une demi-heure trop tôt. Le film est par ailleurs embarrassé par de nombreux effets assez laids. Comme pour cette scène ridicule où Béatrice Dalle est face caméra, énervée à en écraser un chat entre ses mains, et que pour retranscrire cela on nous sert des images hallucinées en saccades carrément insupportables. Toujours ce choix abject de vouloir montrer et choquer plutôt que de susciter le gore. Pour le reste c’est souvent invraisemblable mais ça reste une expérience. Pas très convaincante certes mais qui réserve son lot de scènes gores.


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silencio


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