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L’Alpe d’Huez – 27e Festival du film de comédie – Conclusion.

420187602_10160246587022106_8632362967592335564_n      La compétition offrait de voir dix longs métrages et autant de courts métrages. Ainsi que huit films hors compétition, dont L’homme de Rio (de Philipe de Broca) ou Le monde de Némo, dans une piscine.

     Nous nous sommes concentrés sur la compétition. Fallait skier, aussi. Sur les huit longs et trois courts vus, voici mon top :

 

  1. Nous, les Leroy – Florent Bernard
  2. Bis repetita – Emilie Noblet
  3.  Heureux gagnants – Maxime Govare & Romain Choay
  4. Et plus si affinités – Olivier Ducray & Wilfried Meance
  5.  Allez ma fille – Chloé Jouannet (cm)
  6. Les casseurs fraudeurs – Maxime Chefdeville (cm)
  7.  Ici et là-bas – Ludovic Bernard
  8.  Presque légal – Max Mauroux
  9. Elle & Lui et le reste du monde – Emmanuelle Belohradsky
  10.  Neuilly Poissy – Grégory Boutboul
  11. Les piscinistes – Elliott Suu (cm)

Nous, les Leroy – Florent Bernard – 2024

28. Nous, les Leroy - Florent Bernard - 2024Séparation, mode d’emploi.

   8.0   Il s’agit du premier long métrage de Florent Bernard, en tant que réalisateur. Il faut rappeler d’emblée que Florent Bernard connu aussi sous le pseudonyme FloBer (créateur de Golden Moustache, Floodcast, Bloqués) est aussi à l’affiche du superbe Vermines, en tant que co-scénariste. Il a participé à l’écriture de La Flamme. C’est un fan d’Apatow et pour Nous, les Leroy il revendique aussi l’influence d’A bout de course (le chef d’œuvre de Lumet), de Kramer contre Kramer, les films d’Hal Hashby, Tandem de Patrice Leconte. C’est mon nouveau pote, en somme. 

     Sandrine Leroy (Charlotte Gainsbourg) annonce à son mari qu’elle veut divorcer. Leurs enfants ont bientôt l’âge de quitter le foyer. Or dans une opération de la dernière chance, Christophe (José Garcia) organise un week-end visant à traverser les lieux de leur histoire familiale, afin de sauver son mariage ou ce qu’il en reste.

     D’emblée il y a une idée. Pas qu’elle soit des plus réussies, mais c’est déjà une idée : raconter vingt ans de la vie d’un couple à travers les messages qu’ils se sont laissés sur le répondeur. Ce n’est pas juste un gimmick introductif, le film ne cessera d’y revenir, par cette vieille cassette du premier message enregistré ou via ce smartphone affichant les nombreux messages non écoutés.

     Le regard y est évidemment nostalgique puisqu’il s’agit de replonger dans les belles années de ce couple, ce que le récit fera aussi, dans le mouvement imposé par Christophe : Il faut donc un vieux Land Rover. Du Michel Sardou, du Niagara. La présence magnifique de Luis Rego. C’est un film très personnel, aussi, ça se sent. Il y a du vécu, partout. Mais c’est aussi un road trip. Mais un faux road trip : ils vont de Autun à Dijon. Pour ne pas dire de chez eux à chez Papy. C’est davantage un road trip intime, en somme. C’est d’une humilité déconcertante.

     C’est un portrait de couple, un portrait de famille et le portrait d’une séparation. Mais c’est aussi le portrait de Français moyens, d’une France périphérique, celle des zones industrielles, la France des parkings où un resto est coincé entre une agence de voyages et une société de locations de véhicules. Les deux personnages sont d’ailleurs respectivement employés dans l’un et dans l’autre.

     C’est magnifiquement écrit, des rôles principaux aux plus secondaires. J’ai adoré chacun de ces personnages : ce père, qui voudrait retrouver la respiration d’un passé tout en sachant qu’il ne peut revivre que dans sa mémoire : la scène du souvenir dans le premier appartement du couple, c’est très beau, c’est vif et pourtant si passé, lointain, perdu : on y ressent tout ça. Autant que j’adore le collègue de Christophe, qui préfère la solitude parce que « la flemme de rencontrer quelqu’un d’autre » (et sa manie géniale de répéter « pas de souce ») ou celui de ce grand-père qui se satisfait avec philosophie d’un veuvage brutal et précoce. Chaque personnage de ce film est construit, pensé, a une histoire à laquelle on croit, c’est brillant.

     On s’attache à eux, aussi médiocres puissent ils être : C’est comme si Sandrine se réveillait d’un long sommeil et en voulant soudainement à son mec d’avoir toujours été celui qu’il est. Et pourtant sa quête d’un nouveau départ a quelque chose de bouleversant, de vivant. C’est une pulsion de vie. Christophe, lui, est clairement un pur produit du patriarcat, bourrin, bas du front. Et pourtant, sa volonté de vouloir recoller les morceaux à tout prix est très touchante. Souvent parce qu’il le fait très maladroitement d’ailleurs, à l’image de la scène du restaurant karaoké. Probablement la séquence la plus drôle et la plus violente du film. C’est aussi cet équilibre qui est brillant dans Nous, les Leroy : on peut être dans une situation ambivalente, tour à tour drôle, triste, gênante. Tout se mélange.

     C’est un film construit autour de séquences iconiques sans qu’elles fassent office de sketchs indépendants. On a évoqué la scène du restaurant mais comment oublier celle du bus, du caricaturiste, du flic, du chauffeur « LuxeCar » ou du nouveau proprio de leur premier appartement : Jérôme Niel est décidément partout ces derniers temps, je sais pas si un type me fait plus marrer à l’heure actuelle.

     La grande réussite du film se joue dans son titre, en définitive. Nous, les Leroy m’intéressait peu, au préalable, sans doute car j’avais la sensation qu’on allait me raconter le trip égocentrique d’une famille. Que j’en ressortirais en disant Eux, les Leroy. Mais non, le Nous c’est l’essence de ce titre : Cette famille c’est la nôtre. Le film a ce truc très universel. Et il va jusqu’au bout de son geste : C’est un peu l’anti Little miss Sunshine. Tout sera différent, après. Ce dernier geste, ce dernier regard, ce dernier partage, c’est le truc qui me fait le plus chialer au monde, je crois.

     C’est un film très drôle, oui. Mais un rire mélancolique. Le plus beau des rires. Le film a beaucoup résonné avec mon histoire personnelle. J’ai ressenti une familiarité de bout en bout. J’en suis sorti à la fois très ému et très reconnaissant, ravi qu’on puisse offrir un tel portrait de famille dans un circuit cinématographique si populaire.

Ici et là-bas – Ludovic Bernard – 2024

27. Ici et là-bas - Ludovic Bernard - 2024Terroir mon beau terroir.

   4.0   Adrien, installé depuis quinze ans au Sénégal, forme un couple heureux avec sa femme Aminata, bientôt sur le point d’accoucher. Renvoyé en France pour un problème de visa, il est accueilli par Sékou, un cousin de sa femme, qui vit à Paris et s’est éloigné de ses origines sénégalaises depuis longtemps. Au même moment, la boîte dans laquelle bosse Sékou (qui se fait appeler Cédric) participe à un plan de licenciement et il devra faire ses preuves face à un autre commercial s’il veut garder son poste. Le temps de trouver une solution pour rentrer, Adrien va devoir faire équipe avec Sékou qui l’embarque dans un tour de France des terroirs, en le faisant passer pour lui, et lui pour son assistant, car c’est la première fois qu’il affronte le regard de ses clients.

     Malheureusement j’ai moins retrouvé le Ludovic Bernard de L’ascension (déjà avec Ahmed Sylla) que celui de Dix jours sans maman (avec Franck Dubosc) : le film utilise avant tout le capital sympathie d’Ahmed Sylla et Hakim Jemili mais étrangement l’humour ne prend pas. Le film est trop accaparé par son sujet pour se lâcher et profiter des vertus du buddy movie que le récit et l’interprétation promettaient. Les nombreuses visites dans les villages de France se succèdent sans idées et sont interchangeables. Et puis tout est cousu de fil blanc, poujado, réconciliateur : à la fin l’un retrouvera les siens et l’autre son identité. Mignon mais très dispensable.

Neuilly-Poissy – Grégory Boutboul – 2024

26. Neuilly-Poissy - Grégory Boutboul - 2024L’aval au prisonnier.

   2.0   Si l’on s’en tient aux moments dans la prison, le film est pas inintéressant, plein de personnages hauts en couleur, des matons aux collègues de cellules. Malheureusement, on ne croit pas une seconde en ce petit monde, apparaissant tour à tour sur des saynètes, et dont les relations et le rapport de force semblent changer constamment. Pas grave, il y a des instants rigolos, des vannes chargées, notamment autour de la religion car le lieu est une version resserrée et fermée de la société. Et puis le personnage incarné par Max Boublil est une telle merde humaine (opportuniste, macho, menteur, voleur) que de le voir en chier fait du bien. Au préalable, du moins. Plus embarrassant, au fil du temps, tant le film le récupère, en fait un gentil héros, victime du méchant système, se révélant plus intelligent qu’il n’était bon escroc au préalable. Vraiment j’ai trouvé ça dégueulasse. Mais à la limite, je dis bien à la limite, l’idée du récit parallèle avec sa femme reprenant les rênes de la société, redressant les finances et profitant pour le quitter, ça rachetait un peu l’affaire et m’intéressait davantage. C’était une alternative. Mais in extremis non, elle reviendra, car c’est un mec cool en fait. Nul. Rien à sauver.

Et plus si affinités – Olivier Ducray & Wilfried Meance – 2024

25. Et plus si affinités - Olivier Ducray & Wilfried Meance - 2024Le charme indiscret de la bourgeoisie.

   6.0   C’est une pièce de théâtre de bout en bout. Un huis clos archi (bien) écrit, pensé, exécuté, dans la veine du Diner de cons, Cuisine et dépendances ou Le prénom.

     Mariés depuis plus de vingt ans, Xavier (Bernard Campan) et Sophie (Isabelle Carré) ressemblent à ces couples qui ne s’aiment plus mais qui continuent de vivre ensemble. Ce soir-là Sophie a décidé d’inviter leurs voisins Adèle (Julia Faure) et Alban (Pablo Pauly) à dîner, un peu contre l’avis de Xavier, qui leur reproche d’être très bruyants lors de leurs ébats. La soirée sera mouvementée.

     Des bourgeois se livrant à des joutes verbales sans temps mort, se plaignant de leurs boulots de bourgeois et de leur quotidien bourgeois, fantasmant sur le sexe libre, c’est pas vraiment le cinéma qui m’attire à priori, quand bien même la mécanique théâtrale des films suscités fasse partie intégrante de leur réussite / originalité.

     Dans un autre moment, une autre humeur, j’aurais donc pu détester cela. La salle aidant – une rafale de rires auxquels j’ai rarement pu assister, au point d’avoir raté un nombre incalculable de répliques, c’est aussi ça le charme de voir des comédies en salle – j’ai au contraire franchement ri et apprécié chaque micro rebondissements ouvrant un dialogue sur un autre, enchâssés les uns dans les autres. Les quatre acteurs sont parfaits.

      La mise en scène est très pensée comme une partie de ping-pong, des duels féminins, masculins, conjugaux. C’est mécanique mais une machine d’une efficacité redoutable.

     Ce qui est très réussi c’est la sensation d’un vrai dîner en temps réel, déjà – Ou plutôt d’une impossibilité de dîner : pauvre « gigot de sept heures ». Cela évite l’aspect micro saynètes cinglantes façon Scènes de ménage. Les rares ellipses (un cut au noir, notamment, très théâtral) ne cassent pas la dynamique imposée.

     L’écriture est quasi imparable. Quasi oui, dommage que ça vire au grand n’importe quoi incohérent dans son dernier quart (la mise à nu, au sens littéral, symbolique et propre, il me semble que c’était pas obligé…) tant l’écriture se tenait, jusqu’à la scène pivot (redoutée) de la fille, disons, qui ressemble au rebondissement de trop, un peu comme le contrôleur fiscal dans le film de Veber. Essentiel pour un dernier acte en forme de feu d’artifice, mais justement, je pense pas que ce soit ce que je préfère : le récit était, à mon sens, plus subtil et efficace au préalable.

Presque légal – Max Mauroux – 2024

24. Presque légal - Max Mauroux - 2024Pas super grave.

   3.5   Une bande de potes (ayant déjà œuvré dans le court métrage) se lance dans un film au pitch efficace et méta (une bande de potes vont faire du fric en ouvrant clandestinement la nuit une petite épicerie de proximité) avec un ancien du Splendid et des humoristes d’Internet, dans la baie d’Arcachon. Impossible de ne pas penser à la bande à Fifi et leur film, Babysitting. Dix ans plus tard. Point de Jugnot ou Clavier ici mais Marie Anne Chazel. Point de Palmashow mais Jérôme Niel accompagné de Jean Claude Muaka : ce duo de flics est définitivement la meilleure idée du film, piquée à Bill Hader & Seth Rogen, dans Supergrave, clairement leur autre film référence, trop lourde à porter.

     Presque légal n’a jamais les épaules de ses modèles. Le rythme y est complètement aléatoire. Les saynètes pas toujours bien agencées entre elles. Et des vannes à répétition sur des noms d’alcool low cost : c’est marrant la première fois, hein, mais au bout de vingt tu sens vraiment la paresse et le truc de pastille tiktok. De plus on sent qu’il y a deux courts là-dedans gonflés pour faire un long métrage. Avec des apparitions d’Olivier Marshall ou François Levantal franchement sans intérêt. Bref c’est ni Superbad ni Babysitting. Et si cette bande a l’air tout à fait sympathique, on peine à croire en leur bande, justement, à croire en chacun de ces personnages dessinés sur un trait de caractère, qu’on essaie de noyer dans un montage clip (littéralement de nombreux interludes musicaux non dialogués) et des micro scènes volontiers hystériques. Pas ma came.

Les piscinistes – Elliott Suu – 2024

23. Les piscinistes - Elliott Suu - 2024Un coup dans l’eau.

   2.0   Dans le même registre que le long métrage (Presque légal) vu dans la foulée (le programme du festival est bien agencé) Les piscinistes est un film de bande de potes sur une bande de potes dont le job est d’entretenir les piscines des riches. Les week-ends en question, ils en profitent pour faire de grosses fiestas mais ils n’avaient cette fois pas anticipé que le proprio allait se ramener plus tôt que prévu. Très peu d’idées, malheureusement. Les vannes tombent à plat. Les situations loufoques aussi. Pire, le film m’a semblé mal mixé, c’était très gênant.

Heureux gagnants – Maxime Govare & Romain Choay – 2024

22. Heureux gagnants - Maxime Govare & Romain Choay - 2024Destination finale.

   6.0   Le film auquel on pense immédiatement devant Heureux gagnants, c’est Les nouveaux sauvages, le film de Damian Szifrón. D’abord en raison de la construction puisqu’il s’agit là aussi d’une succession de petites histoires indépendantes, mais aussi pour la méchanceté qui en émane et cette énergie de la destruction. Point de pétage de plombs au sens propre ici, mais des gagnants du loto touchés sous différentes formes par une malédiction. Des contextes chaque fois très différents, des rebondissements en rafale, une générosité qui transpire de partout, un sens du rythme hallucinant sans pour autant tomber dans l’hystérie, et de supers personnages, centraux comme secondaires, d’un épisode à l’autre.

     Si le genre du film à sketchs offre une fois de plus des chapitres inégaux, la satire fonctionne à plein régime, le casting global est génial et l’on retrouve la mécanique comique assez jubilatoire qui émanait de Toute première fois, déjà co-réalisé par Maxime Govare. Avec Et plus si affinités, ce sont les plus grands éclats de rires entendus durant le festival je pense, ovation finale comprise. En somme, mon avis est peut-être positivement biaisé par l’engouement généré par une salle de mille personnes se marrant à gorge déployée. Qu’importe.

     A noter que le meilleur moment de la soirée ne se situait pas directement au sein d’Heureux gagnants mais un peu avant sa projection, quand Audrey Lamy est montée sur scène afin de présenter le film, bientôt accompagnée d’une vidéo signée Fabrice Eboué, diffusée sur l’écran du grand palais. Dans sa salle de bain, le voilà s’excusant de son absence pour contrainte parentale, avant de faire un amalgame entre la neige de la station et celle du showbiz, puis d’effectuer un faux placement produit d’un déodorant, pour finir sur un jeu de mot pourri forcément génial. Salle hilare. Il est vraiment très fort.

Les casseurs fraudeurs – Maxime Chefdeville – 2024

21. Les casseurs fraudeurs - Maxime Chefdeville - 2024Braqueurs amateurs.

   5.0   Bon, déjà un film ayant pour titre « Les casseurs fraudeurs » a toute ma sympathie tant je pense illico aux casseurs flotteurs de Maman j’ai raté l’avion. Ensuite il y a cette idée qui fait office de pitch parfait pour une comédie de braquage version court métrage. Afin de pouvoir sauver son commerce de la faillite, le propriétaire d’un petit resto fait appel aux « Casseurs Fraudeurs » des braqueurs spécialisés dans l’organisation de faux braquages destinés à arnaquer les assurances. Tout est millimétré. On peut même choisir le pack supra, méga ou giga suivant le niveau de violence et de destruction requis. Mais ce jour-là personne n’avait prévu qu’une escouade du GIGN de retour de mission s’arrêterait pour dîner. Tiré d’un fait divers, Les casseurs fraudeurs n’a pas non plus braqué le festival mais sa pulsation comique a bien fonctionné, notamment sur le quiproquo autour d’une lettre, faisant passer un acronyme pour un autre, sans trop en dire. On est presque déçu que ça se termine (se bâcle) si vite. On aurait aimé que les lieux soient plus travaillés, la durée, les groupes de personnages. Y avait moyen de faire un truc fou, effervescent un peu dans la veine de L’innocent, de Louis Garrel.

Elle & Lui et le reste du monde – Emmanuelle Belohradsky – 2024

20. Elle & Lui et le reste du monde - Emmanuelle Belohradsky - 2024Gauche, en sortant de l’ascenseur.

   3.0   Il y est question de téléphone, de SOS dépannage et d’ascenseur(s) coincé(s) malheureusement le film sera nettement moins drôle que Le père Noël est une ordure.

     Le soir de la Saint Valentin, Marco remplace un ami à la centrale d’urgence pour ascenseurs en panne. Une jeune femme est coincée dans le XVIIe mais aucun technicien n’est en mesure de la dépanner. Marco décide d’aller la secourir lui-même or une fois arrivé, la jeune femme a disparu.

     Entre voisins noctambules, vélib saccagé, escale au fish spa, phone repair et flics récalcitrants la nuit sera mouvementée pour Marco. Mais avant cela il faut accepter une demi-heure de parlotte au téléphone, sans contrechamp, façon The guilty, moins le suspense.

     Victor Belmondo sera de quasi tous les plans de cet After Hours du pauvre. Je n’ai rien contre lui – il est peut-être très bien dans d’autres registres – mais il ne suffit pas d’avoir un papy qui excellait dans cette veine pour en être aussi. Il est mou, emprunté, monocorde, pas hyper marrant, quoi. Il y avait pourtant Galatea Bellugi mais elle est davantage réduite à une voix qu’autre chose.

     Le film est vraiment mollasson, parsemé de petites saynètes trop écrites. L’image est sombre. Les rebondissements sans saveur. N’est pas Leo McCarey qui veut : on peut pas reprendre (même une partie) d’un titre d’un grand classique et s’arrêter là-dessus, ne rien proposer d’autre. Surtout ce n’est jamais drôle : Difficile de savoir pourquoi il a été retenu pour un festival célébrant la comédie. Jolie fin (dans le métro) cela dit. Prévisible, mais jolie.

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