Archives pour la catégorie Amy Heckerling

Allo maman, c’est encore moi (Look who’s talking too) – Amy Heckerling – 1991

?????????????Deuxième voix.

   5.0   Où je me rends compte, à la revoyure, que je regardais essentiellement cet opus quand j’étais gamin. Sans doute parce qu’ils sont deux (gosses) à « parler » et que ça redynamise le concept, occasionnant un buddy movie entre bambins. Et Julie est génialement antipathique – Voix de Dominique Lavanant (en VF) aidant, bien sûr. Cette suite est clairement moins intéressante : elle existe uniquement pour faire entrer en scène la petite sœur. Le problème c’est que le film ne l’assume pas et s’embarrasse d’un personnage inutile (Le frère de Molly) qui est juste là pour perturber encore davantage le couple Alley / Travolta. Mais comme il s’agit d’Ellias Koteas (Un peu avant de le retrouver dans Crash, le chef d’œuvre de Cronenberg) ça passe. J’aime toujours autant la séquence accompagnée par Jealous Guy, où l’on voit Mickey souffrir d’être délaissé au profit de Julie : Ce moment me tirait les larmes quand j’étais petit. J’ai retrouvé cette sensation. Ça reste maigre. Un second volet en forme de copie du premier, la fraicheur en moins.

Allo maman, ici bébé (Look who’s talking) – Amy Heckerling – 1990

09. Allo maman, ici bébé - Look who's talking - Amy Heckerling - 1990American way of no life.

   6.5   Contre toute attente, ça fonctionne toujours très bien. Son rythme est endiablé, ses situations toutes plus cocasses les unes que les autres, le tout bien incarné par notre duo de choc Alley/Travolta qui produit screwball et romcom avec entrain, tout en allant un peu plus loin que son dispositif.

     C’est sans nul doute ce qui m’a le plus frappé, moi qui gardais le souvenir d’une petite comédie des familles, pour enfants (rappelons que l’idée première est de faire entendre les pensées du bambin) qui fonctionnait gag sur gag. Ce n’est pas un film très inspiré dans sa mise en scène mais suffisamment acéré en tant que chronique sociale, car son but, outre la comédie familiale, c’est de renverser le rêve américain, le décortiquer de façon à lui révéler son absurdité, de détruire les oripeaux du mode de vie embourgeoisé. Cette curieuse mixture crée son originalité. Ce n’est pas vraiment un film pour enfants, en somme.

     Le film commence par une fécondation, avec course de spermatozoïdes qui parlent, marquant d’emblée le film sous l’égide de deux genres, la comédie romantique et la comédie loufoque. Oui et non pourtant, car c’est rapidement la déprime qui gagne Molly, son personnage principal : Son couple est en crise puis bientôt elle est trompée – humiliation en plein magasin – avant de se faire bouler : le futur papa est tombé amoureux ailleurs. Sa grossesse devient un calvaire. Et son amour pour cet homme, qu’on déteste absolument – créant une douce absurdité entre elle et nous – est paradoxalement toujours vivace. Bref, pas le temps pour Molly d’atteindre les traditionnelles crises d’angoisses et baby blues post accouchement, sa déprime est intégrée bien avant dans son quotidien.

     Plus tard, tandis que Molly cherche l’homme qui offrirait une bonne situation à elle et son bébé, c’est de James, le chauffeur de taxi qui l’a emmené à l’hôpital le jour de son accouchement dont elle tombe amoureuse. Le film s’intéressera souvent à ses interrogations, d’abord son obsession pour la quête d’un idéal de vie aisé, symbolisé par l’imposante présence de ses parents, comptables comme elle, mais bien plus préoccupés par leurs chiffres et les impôts que par leur petit-fils, ensuite ses sentiments pour cet homme, qu’elle n’aurait sans doute jamais remarqué avant qu’elle ne perde les eaux sur sa banquette arrière. D’autant qu’en plus d’avoir été là le jour de son accouchement c’est aussi lui qui vient rendre visite à Mickey. C’est d’ailleurs bientôt lui qui le garde lorsque Molly travaille ou s’absente pour ces nombreux dîners romantiques sans lendemain.

     L’enfant n’a que faire de ce père qu’il ne voit jamais et encore moins de cet éventuel père parfait à venir, ce père de substitution lui convient parfaitement. Mais Molly a souvent l’impression d’avoir affaire à deux gosses, James considérant Mickey comme son meilleur ami et surtout parce qu’il suit un mode de vie beaucoup plus cool et spontané. Elle l’adore, quand bien même ce soit un peu tout son contraire. Pourtant le film évoque aussi les nombreux problèmes d’argents de James (n’hésitant pas à le replacer d’emblée à nos yeux comme un véritable adulte) et l’alzheimer de son père. Tout comme il est intéressant de voir combien l’amie et collègue de Molly rame pour débusquer un homme digne de lui offrir une belle vie de famille et des enfants.

     Dans Allo maman ici bébé, le rêve américain ne dépasse jamais le stade du rêve (Molly, elle, fait souvent des cauchemars) du fantasme, de la volonté naïve. Les personnages ont des espoirs bien plus grands qu’eux et n’ont finalement pas pris l’aiguillage de la réussite. James aimerait être pilote de ligne mais se contente de faire le taxi ; Molly s’auto-persuade d’être destinée au métier de comptable dans la pure tradition familiale. L’appartement newyorkais n’envoie pas du rêve, le petit garçon est aussi mignon qu’il peut être insupportable (rendu forcément sympathique grâce à cette voix quasi permanente) et il lui arrive de trouver des vieilles seringues dans les bacs à sable dans lesquels il s’amuse (scène apparaissant dans le second opus).

     Et pourtant c’est une comédie jamais cynique. Qui voit les interrogations du petit bonhomme au grand jour, notamment vis à vis ses parents dont il a du mal à saisir les accès de fou rire, de colère et de folie, ou tout simplement les futilités habituelles et étapes majeures du développement de l’enfance.

     Le premier volet se termine sur les premiers mots de Mickey, qui dit « papa » en regardant James, provoquant une inéluctable réconciliation des grands qu’il espérait tant. Qu’on espérait tant aussi. On apprend ensuite qu’un deuxième est en route : répétition formelle de l’utilisation initiale du générique avec l’intérieur d’un utérus qui voit de multiples spermatozoïdes s’en donner de toutes leurs forces pour atteindre l’ovule. C’est aussi cela qui reste d’Allo maman ici bébé : La traversée rock’n roll de la cavité utérine avec des têtards qui font la course et des étoiles symbolisant l’ovule fécondé. Toujours eu beaucoup d’affection pour ce film, en grande partie pour Travolta et James, le beau personnage qu’il y incarne.

Clueless – Amy Heckerling – 1996

17. Clueless - Amy Heckerling - 1996“She’s a full-on Monet. It’s like a painting, see? From far away, it’s OK, but up close it’s a big old mess. »

   7.5   Réalisé en 1995 par Amy Heckerling (juste après ses deux opus d’Allo maman ici bébé) et librement inspiré du roman Emma, de Jane Austen, Clueless est le trait d’union impossible entre The Breakfast club et American Pie. Voire entre Freaks & geeks et Bret Easton Ellis. Un pré-Scream sans le slasher. Et qu’il annonce The Bling Ring et Spring breakers. Sans compter le nombre d’adaptations diverses et variées qu’il engendra : Série télé, Série littéraire, comic book, jeux vidéo. C’est une vraie comédie pop, complètement de son temps, drôle, inventive, énergique. C’est d’abord volontiers insupportable, de stéréotypes et d’hystérie, puis ça devient brillant tant ça prend sens et couleurs, tant c’est un geste radical dans sa façon d’explorer un monde hors du monde, un Beverly Hills désinhibé, une jeunesse factice, qui cite Nietzsche et Shakespeare, tout en se goinfrant d’herbe et de shopping. Et tout cela sans cynisme, avec un amour absolu pour chacun de ses personnages car c’est la surprise de Clueless : Son héroïne a beau tout avoir pour qu’on adore la détester, on l’adore tout court. Et en ce sens, Clueless est à l’image de Cher : Agaçant et superficiel au premier abord, attachant et brillant si on accepte de les côtoyer, jusque dans la rom-com. Incarnée par Alicia Silverstone, Cher est cette gosse de riche qui vit dans une villa de Beverly Hills, elle est jolie, populaire, première de la classe, ouverte, généreuse, extravagante, désinvolte et assume pleinement sa virginité. Son équilibre va pourtant s’ébranler un peu lorsqu’elle décide de relooker la nouvelle, drague un garçon gay puis quand elle réalise être amoureuse de son demi-frère (Le déjà génial Paul Rudd). Clueless est une friandise sucrée – à l’image de sa magnifique garde-robe globale et ses nombreux titres pop qui l’accompagnent – mais la tendresse qu’elle déploie pour ses personnages et le monde de l’adolescence en général, la rend plus douce, touchante, unique en son genre. Je savais l’aura culte que ce teen movie dégageait, mais je ne m’attendais à rien. Pas loin d’avoir adoré, je le reverrais déjà volontiers.


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