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Allo maman ici bébé (Look who’s talking) – Amy Heckerling – 1990

allo-maman-ici-bebe-1989-12-gAmerican way of no life.

   5.9   Je ne l’avais pas revu depuis que j’étais gamin et je prends tout autant de plaisir qu’à l’époque. Rythme endiablé, situations cocasses piochées dans la banalité, bien aidées par notre duo de choc Alley/Travolta, drôlerie pas bête digne des comédies américaines d’antan. C’est sans nul doute ce qui m’a le plus frappé, moi qui gardais le souvenir d’une petite comédie des familles, pour enfants (rappelons que l’idée première est de faire entendre les pensées du petit) qui fonctionnait en mode gag sur gag, en fait le film se révèle bien entendu sans réelles imaginations de mise en scène, mais assez acéré en tant que chronique sociale, car son but, outre la comédie familiale, c’est de se replacer dans le réel. En y réfléchissant c’est rare de voir les Américains (dans le domaine film pour le public familial) détruire de la sorte les oripeaux du mode de vie embourgeoisé.

     Le film commence par une fécondation, rien de plus beau et de compassionnel donc, pourtant on sait rapidement qu’il y a un couple en crise. Puis il y a carrément une scène de tromperie, en spectacle. Plus tard, alors que Molly cherche l’homme qui leur donnerait une bonne situation à elle et son fils, c’est de James, le chauffeur de taxi qui l’a emmené à l’hôpital le jour de son accouchement dont elle tombe amoureuse. Le film s’intéressera souvent aux interrogations de la jeune femme, coincée entre un idéal de vie aisé, symbolisé par la présence de ses parents, comptables tout comme elle, bien plus préoccupés par leurs chiffres et les impôts que par leur petit-fils, et ces sentiments pour cet homme, qu’elle n’aurait sans doute jamais remarqué avant qu’elle ne perde les eaux sur sa banquette arrière. Et puis en plus d’avoir été là le jour de son accouchement c’est aussi lui qui vient rendre visite à Micky. C’est d’ailleurs bientôt lui qui le garde lorsque la maman travaille ou s’absente pour ces dîners romantiques sans lendemain. L’enfant n’a que faire de ce père qu’il ne voit jamais, le père de substitution lui convient parfaitement. Le problème majeur pour cette femme c’est qu’elle a souvent l’impression d’avoir affaire à deux gosses, James considérant Micky comme son meilleur ami et surtout parce qu’il suit un mode de vie beaucoup plus cool et spontané, c’est un peu tout son contraire. Pourtant le film évoque aussi les nombreux problèmes d’argents de James (n’hésitant pas à le replacer d’emblée à nos yeux comme un véritable adulte) et l’alzheimer de son père. Tout comme il est intéressant de voir combien l’amie et collègue de Molly rame pour débusquer un homme digne de lui offrir une belle vie de famille et des enfants.

     Dans Allo maman ici bébé, l’american dream est rêvé (Molly, elle, fait souvent des cauchemars) et convoité mais il ne sera jamais atteint, il reste au stade de fantasme, volonté naïve. Les personnages ont des espoirs bien plus grands qu’eux et n’ont finalement pas pris l’aiguillage de la réussite. L’appartement n’est pas très grand, le petit est aussi mignon qu’il peut être insupportable (rendu forcément sympathique grâce à cette voix en permanence) et il arrive de trouver des vieilles seringues dans les bacs à sable dans lesquels il s’amuse. Et pourtant c’est une comédie toute mignonne, jamais cynique. Qui voit les interrogations du jeune garçon au grand jour, qu’ils concernent ses parents dont il a du mal à saisir les accès de fou rire, de colère et de folie, ou tout simplement les futilités habituelles et étapes majeures du développement de l’enfance.

     Le premier volet se termine sur les premiers mots de Micky, qui dit ‘papa’ en regardant James, provoquant une inéluctable réconciliation des grands qu’il espérait tant. Puis on apprend qu’un deuxième est en route : répétition formelle de l’utilisation initiale du générique avec l’intérieur d’un utérus qui voit de multiples spermatozoïdes s’en donner de toutes leurs forces pour atteindre l’ovule. C’est aussi cela qui reste d’Allo maman ici bébé : La traversée rock’n roll de la cavité utérine avec des têtards qui font la course et des étoiles symbolisant l’ovule fécondé ! Le second volet est une copie du premier, ne propose rien de neuf mais il est néanmoins extrêmement sympathique avec l’arrivée de cette petite nouvelle, Julie, dix fois plus antipathique et drôle que l’était son grand frère. Chouette et intelligent divertissement familial donc.


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Auteur:

silencio


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