Archives pour la catégorie André Téchiné

Le lieu du crime – André Téchiné – 1986

27. Le lieu du crime - André Téchiné - 1986L’innocent.

   5.0   Si on retire l’excellente photographie – signée Pascal Marti – dans laquelle baigne le film et par la même occasion les bords de la Garonne de ce village du sud-ouest, pas sûr qu’il ne reste grand-chose de ce Téchiné, qui ne brille ni par ses qualités scénaristiques, ni par son interprétation mais qui en revanche cumule toutes les tares habituelles de son cinéma, avec son petit théâtre désincarné et ses dialogues insupportablement préfabriqués. Mais voilà, toujours est-il qu’il y a des instants de grâce – comme souvent chez lui – par la force de la seule direction artistique, je pense notamment aux séquences sur les rivages du fleuve, dans ce café dancing avec ces guirlandes de lumières, mais aussi de façon plus discrète et domestique aux intérieurs : Les papiers peints, les toiles cirées, les tabliers à motifs. Le film transpire admirablement les années 80. Dommage que ces qualités soient diluées dans un récit peu passionnant et une sauce à la Téchiné qui chez moi ne prend jamais.

L’adieu à la nuit – André Téchiné – 2019

13. L'adieu à la nuit - André Téchiné - 2019Au galop, les ténèbres.

   5.5   C’est un film plutôt attachant malgré son aspect scolaire. Il peut parfois être lourd (l’atroce montage alterné sur « Chandelier » de Sia en famille / l’ennui provoqué par la réunion chez l’imam entre jeunes radicalisés) et parfois trouver des instants discrets, lumineux (la rencontre avec le garçon « fiché S » repenti). Le sujet de société le menace sans cesse, fait craindre le film à thèse ou le salafisme pour les Nuls, mais il ne tombe jamais ni dans l’un ni dans l’autre. Pour autant il n’est jamais aussi beau que lorsqu’il s’en extirpe et s’intéresse à cette dresseuse de chevaux (grandement perturbée quand elle comprend le dessein de son petit-fils, pas vraiment venu passé des vacances dans son centre équestre) incarnée par Deneuve. Elle est excellente là-dedans. Dommage que le film ne mette pas le paquet sur elle et préfère tant se disperser, notamment en filmant de beaucoup trop près les deux gamins en pleine radicalisation : Ils en font un peu trop dans leur registre « Soit déterminé(e), poli(e) et fait la moue ». Bref c’est un film moyen. Un bon Téchiné, donc, un poil mieux que le précédent, mais moins bien que son antépénultième.

Les voleurs – André Téchiné – 1996

11. Les voleurs - André Téchiné - 1996Les égarés de Lyon La Duchère.

   4.0   Techiné pour moi c’est souvent des « Oui, mais je n’irais pas jusqu’à le revoir » (Pas sûr d’avoir revu ne serait-ce qu’un Techiné, tiens) mais aussi régulièrement des « Non » d’ennui absolu. Si Les voleurs fait malheureusement souvent partie de cette deuxième catégorie, j’y vois quand même des choix forts, à l’image du montage non linéaire avec des chapitres qui changent de personnage principal à chaque fois, façon Rashomon, au moyen d’une construction narrative avec ces flashbacks en étoiles. C’est très audacieux. A défaut d’être palpitant. Les voleurs, pour moi, c’est la version française de The yards, au sens très péjoratif du terme, pour le coup. La séquence pivot sur les chemins de fer est probablement la meilleure, d’ailleurs, sans doute parce qu’on y parle moins. C’est un film beaucoup trop bavard, dans son ensemble. D’autant qu’il est aussi trop hystérique, donc on est abreuvé de séquences dialoguées trop écrites, qui fonctionnent uniquement sur des échanges survoltées, parties de ping-pong verbales éreintantes. Mon autre souci c’est Auteuil. J’arrive pas avec ce mec, c’est terrible. Autant je trouve Deneuve, Magimel et les autres, même le gamin, tous très bons ici, autant lui me semble complètement à côté de la plaque, comme d’habitude.

Nos années folles – André Téchiné – 2017

01. Nos années folles - André Téchiné - 2017La complainte du déserteur.

   5.0   Téchiné s’inspire à nouveau de faits réels et replonge dans la guerre de 14 (en étirant le récit jusqu’en 1928) pour conter l’étrange destin de Paul Grappe, déserteur qui se travestit pour ne pas être arrêté et renvoyé au front. Le film est plutôt moyen, très mécanique dans sa première heure, ce bien qu’il prenne l’option de raconter les ellipses par des séquences de représentation théâtrale, qui sont les flashs forward d’une représentation qui aura lieu quand le personnage sera amnistié, acclamé pour sa bravoure plutôt que recherché pour désertion. Pierre Deladonchamps et Céline Sallette donnent corps à ce couple en cavale bientôt condamné par leur propre mensonge puisque si elle lui cache longtemps une grossesse, lui prendra goût à son nouveau statut de femme en allant draguer les hommes au bois de Boulogne la nuit. Cette cavale qui devait les unir finit par les éloigner. C’est la plus belle idée du film que de glisser vers une crise où la folie de Paul Grappe emporte tout sur son passage jusqu’à l’issue tragique. Il y a du Max Ophuls là-dedans. Ça manque sans doute d’amplitude romanesque et d’incarnation, les scènes sont souvent trop courtes et trop écrites, trop bien agencées entre elles, mais c’est pas mal.

L’Homme qu’on aimait trop – André Téchiné – 2014

02. L'Homme qu'on aimait trop - André Téchiné - 2014La fille du casino.

   3.5   Comme pour La fille du RER, Téchiné adapte un fait divers, cette fois-ci pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de l’affaire Le Roux, cette histoire d’héritière du Palais de la Méditerranée disparue dans le plus grand mystère. Mystère toujours d’actualité puisque son corps n’a jamais été retrouvé. Gestion hasardeuse, désaccord entre actionnaires, mafia des casions, avocat véreux, Téchiné plonge là-dedans à pieds joints. Il s’inspire dans le même temps d’Une Femme face à la mafia, le livre de Renée Le Roux (la mère de la défunte). Au casting : Adèle Haenel, Guillaume Canet, Catherine Deneuve, Judith Chemla. Encourageant. Sauf qu’il faut pas cinq minutes pour trouver ça chiant, ampoulé, surjoué (Va vraiment falloir dire à Adèle Haenel que les yeux exorbités pour jouer la tristesse, le désir, la peur, la joie, c’est plus possible) et puis ces mouvements de caméra façon faux reportage j’en peux plus. Cette veine-là de Téchiné me les brise prodigieusement. Là il rate à peu près tout. Sans même évoquer ce ridicule procès final, je suis pas loin d’avoir trouvé ça nul. Je sauve quelques trucs, un peu surprenants : la danse africaine, la photo de la jeune danseuse qui traverse tout le film et prend soudain vie à la fin, le repas en chanson dans la famille italienne. Mais ces brefs instants sont englués dans une mécanique dramatique sans âme, à l’image du personnage incarné par Canet.

Quand on a 17 ans – André Téchiné – 2016

30     7.0   Pas super fan de Téchiné de manière générale mais là j’ai trouvé ça vraiment excellent, autant dans sa façon de brosser la relation entre les deux garçons, son approche du milieu fermier ainsi que de la médecine de campagne (nettement plus intéressante que dans le film de Lilti, c’est un comble) et la dimension romanesque (Le père) qui secoue la « banalité » du récit. Super film. Et les deux acteurs sont merveilleux. Ah et c’est important je trouve que Téchiné filme admirablement la montagne, la neige, Luchon et Saint-Girons.

Les temps qui changent – André Téchiné – 2004

temps-qui-changent-2004-04-g   6.5   Je crois bien que c’est le premier Téchiné que j’aime vraiment. J’ai beaucoup de lacunes c’est vrai mais ça m’a semblé infiniment au-dessus du reste. Pour moi tout ce qui rate dans Impardonnables réussit à merveille ici, je veux dire la dynamique par les flux de sentiments qui s’imbriquent et se croisent. Brillant.

Hôtel des Amériques – André Téchiné – 1981

hotel-des-ameriques_55521_21613   6.0   J’ai aimé, pour deux raisons : Biarritz et Dewaere. Téchiné arrive à filmer magnifiquement ces deux entités fortes tout en les rendant flippantes et fantomatiques. Le film en lui même ne me transcende pas plus que ça, comme souvent chez Téchiné, mais c’est déjà pas mal, il y a une vraie identité.


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silencio


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