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Marseille – Angela Schanelec – 2005

08. Marseille - Angela Schanelec - 2005L’une ou l’autre.

   6.5   Ma rencontre avec le cinéma de la nouvelle vague allemande il y a plus de dix ans fait partie de mes grandes découvertes de cinéphiles. Au même moment que celle de la nouvelle vague roumaine, en gros. Des noms comme Maren Ade, Ulrich Kohler, Jan Bonny, Christian Petzold notamment font partie de ce qu’on appelle alors « L’école berlinoise » et seront une boussole fondatrice pour moi.

     Dans la foulée j’avais découvert Marseille, d’Angela Schanelec, que j’avais trouvé aussi beau que frustrant. Sans doute n’avais-je pas digéré son imposante ellipse centrale et le découpage en trois parties distinctes, Marseille d’une part, Berlin ensuite puis Marseille encore. Pourtant, le film était resté dans ma mémoire, car il filmait la cité phocéenne autrement. Très loin de la carte postale qu’on imagine.

     Et c’est bien cette première partie qui me fascine toujours autant, cet échange d’appartement qui jette Sophie, jeune photographe allemande, dans les rues de Marseille, puis sa rencontre avec un mécanicien. Peut-être ai-je retrouvé un peu de ce que Jonas Trueba, avec Eva en août, avait proposé à Madrid.

     La ville de Marseille n’a rien d’ensoleillé sous la camera de Schanelec, tout y est un peu triste, gris, endormi. D’ailleurs, quand le personnage s’en va sillonner le coin avec une voiture empruntée, la séquence demeure hors champ. Zéro folklore.

     La suite désamorce ce qu’on vient de voir en nous plongeant dans une situation opposée : Le retour en terrain connu, dans une quotidienneté qu’on ne veut plus traverser. Mais cette fois au côté d’un couple d’amis parents, en crise. En somme, il s’agit de faire corps avec le personnage, avec Sophie, complètement endolorie, d’espérer impatiemment le moment où elle choisira de repartir.

     Mais le dernier acte va une nouvelle fois désamorcer cet espoir, un peu à l’image du choix de mettre en scène cette agression. C’est un film très troublant. Jusque dans son ultime plan, où l’on cherche difficilement cette robe jaune au crépuscule sur la plage.


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silencio


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