Archives pour la catégorie Anne Le Ny

Cornouaille – Anne Le Ny – 2012

20147647   2.1   C’est un film qui aurait pu être bien. Par exemple j’aime la séquence avec les cousins (mes deux chouchous de Memory Lane), sorte de retrouvailles qui ravivent les plaisirs de l’enfance. Après voilà c’est un film hyper MELANCOLIQUE c’est placardé dans chaque plan et au gré de dialogues tous plus insipides les uns que les autres, des idées plastiques (C’est un film de fantômes, tout de même, je ne m’attends pas à voir du Epstein mais un peu de considération formelle, non ?) niveau néant et surtout je n’investis pas les lieux, je n’ai jamais cette sensation de la puissance de l’endroit (ce que j’aime dans Nue propriété par exemple) et le film s’appelle Cornouaille mais on n’en voit pas grand chose, sinon de jolies cartes postales.

Les invités de mon père – Anne Le Ny – 2010

Les invités de mon père - Anne Le Ny - 2010 dans Anne Le Ny 19243429

     1.1   Il y a au moins quelque chose qui fonctionne dans ce film ce sont les scènes que se partagent Karin Viard et Fabrice Luchini, deux acteurs que j’adore par ailleurs. Ils sont ici frères et sœurs et ce qui se passe sur le moment dans leur famille (la volonté de leur père d’héberger des sans papiers) va étrangement les rapprocher, alors qu’ils ne se parlaient plus pour ainsi dire depuis dix ans. Mais apparemment sans avoir choisi cela, simplement parce qu’ils ont dorénavant tous deux une vie chacun de leur côté. Ces retrouvailles désorganisées c’est ce que la cinéaste filme le mieux dans son film, peut-être aurait-elle dû ne s’intéresser qu’à cela d’ailleurs. Il y a quand même autre chose que je trouve plutôt intéressant – même si en y réfléchissant très petit bras – c’est le parti pris de ne pas avoir montré ce qu’il se passait réellement dans cet appartement, celui de leur père, qu’ils appellent par le nom de rue entre frangins. Tout marche donc sur un doute, une vérité indicible ou une illusion paranoïaque. Mais voilà, cela va dans le sens du film, dans cette idée dichotomique de répondre à un problème par un autre problème. Les invités de mon père est un film réac gentil, probablement de la pire espèce donc. On fait croire que l’on a des idées de gauche – il faut voir le nombre de fois que les personnages le répètent – pour finalement accoucher sur des valeurs belles et bien à droites. Cette bonne idée de faire un film sur l’immigration pourquoi pas, mais que reste t-il derrière ? Que restera t-il en fin de projection ? Le sentiment que c’est bien d’être gentil c’est vrai, c’est bien de défendre une cause en y mettant les pieds dedans mais malheureusement ça fait exploser une famille. On y parlera de deshéritage. Certains seront anéantis. Puis d’autres n’y verront qu’une solution : tout balancer au service d’immigration. Et qu’y a t-il en échange ? Parce qu’on n’imagine pas que la cinéaste s’arrête là. Et bien elle se dit que montrer des vies qui implosent mais pas forcément en mal ça peut faire passer la pilule. Tatiana sera d’abord une bombe atomique avant de devenir un monstre puis une victime. Tout est prévisible c’est une horreur. A la toute fin, alors que ‘les invités’ auront dû reprendre l’avion, les deux frangins esseulés retrouvent un bulletin de salaire de la petite Solina. De très bonnes notes et des encouragements pour son intégration. Tu te rends compte de ce que l’on a fait, constate Karin Viard en s’adressant à son frère. Oh merde, répond t-il. Puis sa femme à lui, de prendre la feuille et sans la moindre grimace de la foutre dans un sac poubelle. Cette femme, jouée par Benguigui, c’est finalement le vrai visage de cette famille, c’est la seule dont les plaintes et tout le reste fassent vraie. Le reste n’est que mensonge. Comme tout le film. Dans la toute dernière scène du film, Aumont est au bord de la mer, transformé en légume, enfin presque. Une amie pas toute jeune le garde en quelques sortes. Luchini vient lui rendre visite. Son père, allongé sur un transat, a une gaule pas croyable, parce que la vieille femme le nourrit de tisane au gingembre. Rappelons que durant tout le film on se dit qu’il doit bien s’éclater avec Tatiana, du haut de ses 80 printemps. Puis dans sa main il tient une canette. Une canette de Fanta. Le même parfum que celui qu’utilisait Tatiana pour accompagner son champagne. Voilà l’unique trace qu’aura laissée cette jeune femme dans la vie de cette famille : Une bite en l’air et du fanta. Puis une petite phrase pour finir, afin de détendre l’atmosphère. Comme si on en avait vraiment besoin. Les deux hommes regardent alors l’océan et nous tournent le dos. Evident qu’ils tournent le dos aux pays de l’Est. Tout comme la réalisatrice en fin de compte…


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silencio


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