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Au service de la France – Saison 1 – Arte – 2015

30(2)« Tamponné. Double tamponné. »

   6.5  Paris, 1960. André Merlaux est recruté comme stagiaire au sein des services secrets. Destiné à devenir un espion, il doit apprendre le fonctionnement, les rouages, épaulé par trois agents suffisants, des assistantes mystérieuses, un colonel inquiétant. En bon élève, à son arrivée Merlaux répond au téléphone, première erreur. « La logique m’échappe (…) Vous n’êtes pas à la sécurité sociale Merlaux » lui dira Moïse, le directeur des opérations, un peu dégouté de devoir recevoir la délégation du Dahomey venue quémander son indépendance. Plus tard, alors qu’il semble faire seul des heures supplémentaires dans le vide, Marie-Jo s’en inquiétera : « Vous êtes encore là ? Il est pourtant presque six heures moins vingt ! » avouant aussi une autre fois qu’on finit plus tôt le jeudi afin de préparer comme il se doit le pot de vendredi. On est donc chez les feignants, pas vraiment ce à quoi nous ont habitué les films de CIA. Mais on se rapproche du climat OSS117, avec ces agents simplets, ringards et réacs, champions de la vanne sur les complets bleus, rien d’étonnant puisque Jean-François Halin en était aussi le scénariste. Ce qui a changé ici, concrètement ? L’absence de Jean Dujardin, quoique le jeune Hugo Becker s’en sorte très bien. C’est surtout une question de mise en scène. Là où Hazanavicius parvenait à insuffler un rythme énorme, avec plein de changements de ton, des répétitions savoureuses, un comique subtil de l’enchainement, Au service de la France perd sur la durée, ne parvenant pas créer un véritable élan, soit en étant trop courte (regarder un épisode n’est vraiment pas suffisant) soit en s’embourbant sur la longueur (En découvrir quatre successivement comme le proposait chaque semaine Arte crée un peu de lourdeur). Et Alexandre Courtès fait le job mais peut-être un peu trop bien le job, justement. On voudrait que ça déborde et surprenne davantage. L’épisode à Alger apporte une rupture bienvenue, A bout de souffle dans un autre fait aussi beaucoup de bien à une dynamique moscovite assez faiblarde. On en voudrait encore. Davantage. Eh bien la série va nous l’offrir. Dans le dernier tiers, chaque épisode est meilleur que le précédent, ouvrant à la fois des tiroirs scénaristiques à faire rougir n’importe quel opus de James Bond et se libérant dans une vivacité d’humour qui fait un bien fou, qu’on n’avait pas entrevu depuis Le Caire, nid d’espions. Ici, on détourne un avion vers Londres pour assister au match de Rugby France/Pays de Galles ; là on évalue le service, plongé en plein code taupe, grâce à un détecteur de mensonges. Et la série se ferme provisoirement (espérons une saison 2, bordel !) sur un stratagème archi complexe qui s’achemine vers une résolution kafkaïenne qui prend des proportions aussi fortes qu’inattendues. Bref, c’est top.


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Auteur:

silencio


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