Archives pour la catégorie Benoît Forgeard

Yves – Benoît Forgeard – 2019

27. Yves - Benoît Forgeard - 2019« Carrément rien à branler »

   2.0   Le peu de crédit que j’accordais à Forgeard après le déroutant et assommant Gaz de France c’était dans sa faculté à s’approprier un univers absurde et un regard moderne, critique. Il enterre ces éventuelles promesses avec Yves, film sans aucune cohérence, entre la gentille folie de son récit de Hal-Frigo qui nourrit l’inspiration et l’indigence (pour ne pas dire l’inexistence) formelle qui l’enveloppe. C’est simple on ne retient rien. Pas une idée intéressante ni un plan farfelu, rien. Le néant. La palme du frisson de la honte étant atteinte lors de ce concours de l’Eurovision chanté par une cafetière italienne, un aspirateur portugais ou une machine à laver allemande. Il faut attendre les deux dernières minutes pour apprécier un semblant d’étirement surprenant, de subversion érotique. Mais il est déjà trop tard, malheureusement. Et puis Cronenberg est passé par-là avant. Et puis un frigo – hormis sa giclée de glaçons finale – a quand même moins de personnalité, d’élégance et de propension au fantasme qu’une voiture. Le sentiment qui nous parcourt durant tout le film est parfaitement résumé par le refrain (quasi méta, du coup) de la chanson de Jérem « Carrément rien à branler » d’autant que les dialogues et l’humour sont de ce niveau, insipides, la romance complètement idiote et les seconds rôles affreux : Katerine lui-même semble se demander pourquoi il est là. C’est par ailleurs la première fois que je trouve William Leghbil insupportable. Il tente de jouer comme Vincent Lacoste, sans doute pour récupérer un peu de sa magistrale énergie de loser qui mange des bananes dans Les beaux gosses, mais ça ne fonctionne pas. Est-ce que c’est en tournant avec dans Première année qu’il a été contaminé ? Qu’importe, un Leghbil lacostisé n’en vaut pas deux. Dans le registre de la comédie française absurde 2019, Yves, comme Convoi exceptionnel, de Blier, ont raté le coche. Ruez-vous plutôt sur le magnifique dernier Dupieux : Le daim.

Gaz de France – Benoît Forgeard – 2016

12. Gaz de France - Benoît Forgeard - 2016L’absurdité de l’Etat.

   3.5   Dans un futur indéterminé, la cote de popularité du président de la république chute historiquement dans les sondages. Une réunion de crise est organisée à l’Elysée, on convoque la matière grise du pays soit des échantillons de population très disparates, pour proposer chacun à sa manière, discrètement dans les sous-sols du palais, un storytelling miracle et SAUVER la situation. J’aime beaucoup l’idée. Ça peut vraiment donner quelque chose de très actuel autant qu’absurde, politique et populaire : j’attendais OSS117 chez Pierre Schoeller. J’y vois davantage du Groland dans Les rencontres d’après minuit – le film plus ridicule que poético absurde de Yann Gonzalez – Je ne sais pas trop pourquoi j’ai pensé à ce film, la photo probablement, le côté huis clos sans doute. Il y a bien cet humour à contre-courant, vraiment à contre-courant et rien que pour ce parti pris ça m’aurait plu d’aimer le film car il donne envie qu’on le défende tant il tente autre chose, un tempo différent, tant il ne cherche guère à plaire au plus grand nombre comme la majorité des comédies dans le paysage hexagonal aujourd’hui. Sauf que voilà, d’une part ça na m’a jamais fait rire, d’autre part je m’y suis vite fais chier, à l’instar du Tip Top, de Serge Bozon, qui lui aussi tentait de créer un autre espace comique.


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