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Better Call Saul – Saison 2 – AMC – 2016

13124610_10153648320222106_2501814626625886719_nFrères d’arme.

   8.5   Better Call Saul prend donc l’amplitude que la saison d’ouverture promettait. Le spin off de Breaking Bad est noyé sous la richesse thématique, mise en scénique et sous-textuelle que chaque épisode impose, loin, très loin, de l’emblématisme de la série référente. Néanmoins, à l’instar de Walter White se métamorphosant en Heisenberg lors de son premier vrai fait d’armes tragique de la fin de saison 2 c’est aussi lors de cet avant dernier mouvement de la saison que Better Call Saul choisit d’entrevoir et de faire de James McGill le Saul Goodman qu’il sera, probablement bientôt, en offrant le point de non-retour de la relation entre les deux frères – On verra que c’est bien plus compliqué que cela.

     Tout d’abord lorsque Jimmy se débarrasse de Chuck, pas directement certes, mais de manière brutale comme par Ko après un rude combat. Malgré la cordialité qui résiste entre les deux hommes, on ressent l’affrontement depuis le début, entre la réussite de l’un et les échecs à répétition de l’autre, le rejet maladif de l’électronique pour Chuck, les petites combines à répétition de Jimmy ; Cette manière qu’à Jimmy de s’occuper de Chuck tandis que ce dernier semble ne vouloir d’aucune aide. Les dix derniers minutes de cet épisode (absolument parfait, mais toute la saison aura une fois de plus tenu une tenue exemplaire hallucinante) se déroulant « à la photocopieuse » sont à la fois jubilatoires, anxiogènes et cruelles. Ce « Call 911, call 911 » que répète inlassablement Jimmy à personne, dans la pénombre, sans pour autant bouger le petit doigt, rappelle forcément l’immobilité d’enfoiré puissance mille de Walt face à l’overdose de Jane. Pourtant, l’épisode suivant, bien qu’un poil en deça nous emmène ailleurs encore.

     C’est une rivalité fraternelle qui sert de trame narrative durant toute cette saison. Un flashback en ouverture du dernier épisode nous permet d’appréhender la genèse de cette rivalité, où au chevet de leur mère mourante, Jimmy, petit préféré, devient bête noire de son frère, sans le savoir. Quand il va donc se battre contre Chuck pour un dossier important (Mesa Verde) il le fait surtout pour Kim (Quand Saul fera plus tard les choses pour Saul, uniquement) sans jamais laissé tomber son frère pour qui il préfère, bon joueur, avouer son coup plutôt que de le voir démissionner et sombrer dans la dépression. Chuck, lui, n’a pas cette tendresse pour son frère, il reste à tout jamais marqué dans son ego par leur rivalité. Il est donc prêt à user de la faiblesse de Jimmy pour parvenir à ses fins. Ce qui en fait le grand méchant, quand bien même le récit lui révèle une fascinante complexité.

     La saison se ferme là-dessus, sur le dernier des sales coups. Jimmy ne pourra plus jamais être un Mc Gill après cela. C’est là que Walt (de Breaking Bad) et Jimmy sont en totale opposition dans leurs actes. Ils ont tous deux franchi un palier de non-retour, auquel ils ont réagi de façon opposée. Cela ne fait que confirmer la volonté des créateurs de ne pas refaire un portrait à la Walter (Le mec lambda qui devient une ordure) mais celui d’un homme complexe, tiraillé par son besoin de réussite et son attachement indéfectible à ses proches. Je trouve que c’est la meilleure idée de BCS : Avoir créer une réelle empathie pour un personnage qui était apparu si antipathique jusqu’alors.

     En parallèle nous suivons toujours Mike, qui ne croisera quasi pas la route de Jimmy durant ces dix épisodes mais se retrouve lui aussi dans une situation inexorable après son altercation avec Tuco qui le conduit à rencontrer Hector Salamanca, encore sur ses deux jambes. Pour le coup on te prépare vraiment le terrain Breaking bad. L’étau se resserre donc pourtant la série se redéploye constamment. C’est d’un tel niveau de maitrise, fascination, perfection, ça frise l’insolence. Je pense que l’on peut d’ores et déjà y voir la marque d’un classique instantané.

Better Call Saul – Saison 1 – AMC – 2015

11152711_10152877589512106_3707044060217165250_nLe Jeune Berger des Alpes.

   8.5   Non sans craintes, je me suis jeté dans la découverte de Better Caul Saul, spin off officiel de Breaking bad. Comment passer après un tel chef d’œuvre ? Surtout comment y parvenir en prenant comme personnage central le déluré Saul Goodman, le plus antipathique de la série mère ? Et dans le même temps, après tout, c’était celui dont on sentait qu’il méritait d’être le plus étoffé, celui dont on avait aucun élément dramatique à portée, celui qui faisait le clown, personnage immédiat, amusant ou détestable, selon les épisodes. L’idée rejoint finalement l’univers des créateurs, jamais dans la facilité, jonglant avec tous ce qui leur est offert.

     Mes craintes furent aussitôt balayées dès l’instant que j’avais retrouvé la patte Gilligan, le tempo, l’écriture qui faisait le sel de Breaking bad. Certes c’est une autre histoire, mais quel plaisir énorme de retrouver un terrain connu, que l’on croit connaitre par cœur, mais qui va révéler de nombreuses nouvelles zones d’ombre. Disons que l’ombre de Breaking bad plane sans cesse sur Better Caul Saul, comme si nous avions affaire à un Breaking bad 0. Avant que Saul Goodman ne devienne Saul Goodman. Quand Saul Goodman était encore James Mc.Gill. Sans parler des multiples crossovers purement jouissifs et ceci dès le premier épisode, bien que l’on sente combien la série en garde volontiers sur la pédale, pour les prochaines saisons.

     Sauf qu’à ce stade de perfection là, il n’y a plus vraiment de comparaison à faire : Better Call Saul est une œuvre à part, qui ne doit rien à personne et on ressent cela à mesure que les dix épisodes s’offrent à nous, tous merveilleux, magnifiquement écrit, tout en trompe l’œil, lente progression dramatique. Dévastateur. Je ne m’attendais pas à ça. La série se débarrasse même des facilités qui faisaient partie de la série d’origine, surtout dans les deux premières saisons. On enchaine les épisodes comme des gâteaux apéritifs. Addictif à mort. En espérant plus grand, évidemment. En espérant que Gould & Gilligan en gardent autant sous le pied que durant leur merveille que constitue l’intégralité de Breaking bad, qui n’a donc pas fini de susciter fascination et dérivés. Mais un spin off comme celui-là, qui peut se targuer de parvenir au niveau de son référent, je me demande si ce n’est pas exceptionnel, franchement.

     Quoiqu’il en soit, il faut souligner à quel point chaque personnage prend une dimension phénoménale à mesure, à l’image de Chuck Mc Gill, ce frangin allergique aux ondes, de Kim (dont je suis littéralement tombé amoureux fou, notamment de sa voix) son amie/collègue chez HHM  voire Howard… Sans parler du rôle prépondérant, deuxième personnage principal (comme pouvait l’être Jesse dans BB) que campe Mike. Quel bonheur de le retrouver, n’empêche. Vivement la suite.


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silencio


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