Archives pour la catégorie Bruce Conner

Report – Bruce Conner – 1967

12. Report - Bruce Conner - 1967Le film cassé.

   5.0   Au-delà de leur facture formelle très avant-gardiste, frénétique et/ou renversée, A movie (1958) et Breakaway (1966) s’offraient au plaisir du regard. C’était justement cette étroitesse entre le geste fou et le résultat fascinant qui rendait le produit troublant et restait de façon très surprenant collé à notre rétine, notre mémoire. Report va beaucoup plus loin. Trop loin, pour ma part. Il tourne autour de l’assassinat de Kennedy. Reprend les images télévisuelles rabâchées à l’époque en les déconstruisant un maximum, créant un sorte de ralenti décalé sans cesse renouvelé, sur la voiture ici, sur le fusil là. Le film vire même au noir durant trois minutes pour ne laisser que la bande sonore du commentateur radio d’époque. Pire, dans la deuxième partie, il s’en va saisir de l’avant 1963, dans un montage reprenant les mêmes codes, insérant tout ce qui fit l’Amérique sous Kennedy, son développement publicitaire et nucléaire, notamment. C’est intéressant mais ça gratte, hein, mieux vaut prévenir.

Breakaway – Bruce Conner – 1966

33. Breakaway - Bruce Conner - 1966Be kind rewind.

   6.0   Clip halluciné qui décompose le corps de la danseuse et chanteuse Toni Basil aka Antonia Christina Basilotta, qu’elle soit nue, presque nue ou habillée, arborant nuisette blanche ou collants à pois. En fragmentant chacun de ses mouvements par une suite de photogrammes isolés le film fait naître, par effet stroboscopique, ce corps qui danse, qui flotte, qui vole. Ça ne dure que le temps de la chanson, soit 2 minutes et 30 secondes avant que le film ne reparte, mais en arrière, images et son mêlés, formant un palindrome inattendu. Le clip dans sa fonction visuelle n’a pas trop changé (puisque l’image y était déjà fragmentée) mais le clip dans sa fonction sonore a disparu, ne reste qu’un amas informe. C’est aussi barré que réjouissant.

A movie – Bruce Conner – 1958

11. A movie - Bruce Conner - 1958En quatrième vitesse.

   6.0   Si l’on s’amusait à effectuer un comparatif à l’emporte-pièce en associant l’agencement de matières sonores existantes et celui d’images déjà utilisées, en musique on pourrait ranger ça dans la catégorie « Field recording ». Au cinéma, on appelle plutôt ça le found-footage : On glane et on assemble les éléments glanés. Pas certain d’avoir compris grand-chose, ni le pourquoi du choix de ces images ni celui de leur enchainement, en revanche certaines sont parmi les plus folles, agencées de cette façon-là, que j’ai pu voir, qu’il s’agisse d’un champignon nucléaire, d’un rafiot affrontant des vagues géantes, d’un pont tremblant sur le point de s’affaisser. Le film va à cent à l’heure. C’est une symphonie du désastre et de la folie : Un plan, deux secondes sur une voiture qui se jette d’une falaise, supplanté par un autre plan, deux secondes, sur un couple de funambules traversant entre deux tours. Impossible que Godfrey Reggio n’est pas vu ça pour son Koyaanisqatsi. Je me suis aussi demandé si Godspeed You ! Black Emperor n’avait pas utilisé les mêmes images mixées par Conner pour leur concert auquel j’avais assisté en 2015.


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silencio


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