Archives pour la catégorie Cédric Kahn

La prière – Cédric Kahn – 2018

09. La prière - Cédric Kahn - 2018Une vie d’amour et de foi.

   6.0   Difficile de savoir ce qui motive tant Cédric Kahn à s’essayer systématiquement à autre chose, un autre genre, dans un nouveau lieu, avec de nouveaux acteurs. Quel point commun y a-t-il entre Les regrets, Une vie meilleure, Vie sauvage et La prière ? Quatre films sur ces dix dernières années, quatre films singuliers, pas tous de la même qualité, mais tous de qualité, au sein desquels la griffe de l’auteur n’est pas si évidente à détecter. Ça n’empêche pas ce dernier film d’être assez réussi dans son ensemble. On observe une donnée nouvelle ici : Le film est dépourvu de star – Ni Attal / Tedeschi ni Canet / Bekhti, ni Kassovitz / Sallette. On connait Anthony Bajon pour son apparition brève mais géniale dans Les ogres, et Damien Chapelle grâce à Marie et les naufragés mais c’est tout (Ou presque : Un petit rôle pour Hanna Schygulla, un autre plus petit encore pour Magne-Håvard Brekke) et ça renforce quelque chose, rend le film sinon plus naturaliste, plus empathique disons, plus proche d’une certaine authenticité convoitée, que ce récit de guérison par la foi et l’amour est à même de convoquer. C’est un beau film, sans réelle fausse note, toujours à la bonne distance, à l’image de ces échanges que Kahn ne filme jamais dans un banal champ / contrechamp mais plutôt régulièrement en trois (types de) plans successifs : d’abord d’ensemble, avant d’enchainer sur le visage de l’un, puis finir sur le visage de l’autre – à la manière de la grande scène pivot dans Hunger, de Steve McQueen. Si je suis moins convaincu par l’aparté miracle dans le brouillard sur la montagne, le film tient quelques beaux instants de grâce ne serait-ce que dans sa fin, lumineuse, magnifique, mais aussi dans cette jolie séquence des confessions des anciens drogués face à leurs compagnons, donc quasi face caméra puisqu’elle nous installe parmi l’un d’eux. Un choix fort parmi d’autres, le film bien que très sobre en apparence, en regorge.

Vie sauvage – Cédric Kahn – 2014

409006Loin d’elle.

   7.0   C’est dans ses extrémités que le dernier film de Cédric Kahn prend toute son ampleur tragique, physique et bouleversante. D’une part, via vingt premières minutes à couper le souffle, d’une sécheresse terrible. Puis quinze dernières en quasi huis clos, d’une charge qui rappelle certaines fins de films Dardenniens – L’enfant, surtout. Ici, les Dardenne produisent. Rien d’étonnant tant Kahn n’avait encore fait à ce point du Dardenne-like quoique le déjà excellent Une vie meilleure avait embrayé ce virage plus social. Il y a trois parties dans Vie sauvage. Et la partie centrale, la plus longue, qui donne son titre au film, raconte les dix ans de fuite d’un père et de ses deux fils. C’est réussi mais moins fort sans doute parce que c’est davantage comme je l’attendais ou me l’était imaginé. Mais Kahn une fois de plus, ne fait que les bons choix, autant dans le développement de ce nouvel univers, la gestion du temps (Une ellipse géante, point ; le reste se fond dans la masse) et les diverses rencontres cévenoles qui peuplent cette croisade utopique loin des normes. Inutile de préciser que Céline Sallette et Mathieu Kassovitz y sont excellents, enfin si car vraiment ils le sont.

Les regrets – Cédric Kahn – 2009

Les regrets - Cédric Kahn - 2009 dans Cédric Kahn 3591543072La femme d’à côté.   

     5.5   Ce que j’en garderai à long terme ? Probablement pas grand chose. Les regrets (mauvais titre) du réalisateur de Roberto Succo ne fait pas dans l’originalité faisant d’une part grandement référence à un chef d’oeuvre de Truffaut, et d’autre part ne proposant pas des idées de génie en terme de mise en scène, excepté son rythme fulgurant. Oui car si Truffaut a fait une histoire de passion déchirante filmée comme un polar au ralenti, Kahn propose une histoire de passion déchirante mais filmée comme un polar d’action. Procédé qui peut agacer, ces sentiments décalés en permanence nous offrent une espèce de course d’1h45 entre deux êtres, l’un vers l’autre, l’un fuyant l’autre. Personnellement, à ce petit jeu, je suis assez conquis, et la fin n’est pas loin d’être très belle. Et je trouve que Tedeshi et Attal s’en sortent au moins aussi bien qu’Ardant et Depardieu. Mais ça manque un peu de chair et de texture, quoi.


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silencio


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