Archives pour la catégorie Chloé Zhao

Les éternels (Eternals) – Chloé Zhao – 2021

14. Les éternels - Eternals - Chloé Zhao - 2021Bande à part.

   4.5   Alors c’est donc ça le renouveau Marvel ? On prend une cinéaste en plein essor, récemment oscarisée (mais surtout surcotée) et ça devrait suffire à rendre cette nouvelle histoire différente, plus moderne, comme si le simple fait d’avoir « un auteur » en l’occurrence « une auteur » (et ça prend plus d’importance encore) à la barre était gage de qualité. On est chez Marvel, on imagine que Zhao n’est pas libre de grand-chose sur le produit final.

     Car je n’ai pas vu de changement si évident, moi. Les scènes intimes et les scènes d’action sont les mêmes que dans les précédents Marvel. Il semble qu’il y ait moins de fonds verts, certes et plus de décors naturels, mais l’ensemble reste laid. Les scènes d’action, Zhao ou pas, sont d’une laideur sans nom, décalquées sur ce que studio nous a concocté ici ou là depuis quinze ans.

     Or ce que les premiers films du MCU avaient tout de même réussi c’était de faire rentrer les personnages un par un, de films en films, avant de leur offrir un film, Avengers – puis des suites d’Avengers après les suites de Thor, Captain America, Ant-man et consorts) qui les réunisse tous. C’était quelque chose de complètement bancal mais de construit. Assez beau par moment, notamment dans le feu d’artifice en deux temps que furent Infinity war puis Endgame.

     Là il y a un film qui fait entrer dix nouveaux personnages en même temps. Et qui n’en traite fondamentalement aucun : le premier X-men (Bryan Singer, 2000) s’en tirait nettement mieux, par exemple. La seule obsession de The Eternals c’est son discours inclusif, c’est sa volonté de diversifier – qui est une bonne idée en soi puisqu’il s’agit aussi de faire de ces Eternels les protecteurs et représentants du genre humain – et donc d’intégrer une parité évidente, un enfant, une sourde-muette, un personnage noir homosexuel, des asiatiques, etc. Pourquoi pas. Mais il faut que la mise en scène intègre ça aussi. Là tout est au même niveau, filmé pareil, éclairé pareil, monté pareil, qu’on soit dans le passé comme dans le présent.

     Il faut se coltiner un truc totalement dans l’ère du temps, à l’image de toutes ces blagues débiles autour des smartphones ou de celui qui filme tout. Se coltiner un twist complètement absurde au mitan. Se coltiner un humour toujours aussi lourdingue. Se coltiner deux acteurs de Game of thrones, qui jouaient Rob Stark et Jon Snow, le premier mauvais comme un cochon, le second aussi utile que le petit doigt de pied, même si la scène post générique nous apprend qu’on va le revoir. J’en peux plus de ces scènes post générique toutes pourries, comme si chaque film devait se fermer sur une promesse de suite.

     Passé ces nombreux griefs, je n’ai pas trouvé ça désagréable non plus, c’est toujours mieux que Nomadland. Je ne me suis pas trop ennuyé malgré ses 2h35. J’aime plutôt bien sa narration étoilée, même si l’on ne ressent à aucun moment que ces personnages ont passé sept mille ans sur Terre. Je suis content de pas m’être farci ça en salle.

Nomadland – Chloé Zhao – 2021

14. Nomadland - Chloé Zhao - 2021Oubliés, les oubliés.

   3.5   L’écurie Marvel est allée repêcher un nom bankable en la présence de Chloé Zhao pour l’un de ses prochains opus à venir: Eternals. Avant cela, Zhao reçu grâce à Nomadland, son troisième film, une pluie d’éloges : Lion d’or, Golden globe, Oscar. La totale. Une incompréhension absolue pour moi tant j’ai trouvé ça terriblement lourdingue et malhonnête, à l’image de Frances McDormand qui écrase tous les (vrais) personnages qui ne sont que des esquisses sans vie, ou encore des plans contemplatifs ultra-léchés qui annulent la puissance des paysages, voire de la petite musique larmoyante qui brise chaque élan émouvant. Le seul intérêt du film résidait dans l’écoute des nomades, les vrais – et ces moments-là sont beaux mais trop brefs – mais Zhao n’en fait rien, trop occupée à offrir une nouvelle statuette à l’actrice de Fargo et à emballer tout cela dans un filmage à la Malick. Le film ne sait plus s’il doit filmer le deuil impossible d’un personnage ou les vrais visages oubliés de l’Amérique. A noter que lors d’une brève séquence, le personnage marche en ville, passe devant un cinéma où l’on projette Avengers. Petit clin d’œil / coup de pub à la franchise que Zhao va bientôt intégrer, qui révèle finalement toute l’hypocrisie de son projet politique, d’autant qu’elle réserve un peu plus tôt le même sympathique sort pour le géant Amazon. Très embarrassant, pour rester poli.


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