Archives pour la catégorie Christophe Regin

La surface de réparation – Christophe Regin – 2018

29. La surface de réparation - Christophe Regin - 2018Petit joueur.

   6.0   C’est un assez beau premier film, noir, sur un loser attachant, aussi intègre avec lui-même qu’il est gauche avec le monde. Un type qui a raté sa vocation de footballeur autant qu’il a raté sa reconversion. Il souhaite servir son club de toujours, coacher des jeunes, mais il n’est qu’un homme de l’ombre, homme à tout faire, certes, mais dont le quotidien consiste à surveiller les entrées de boite de nuit, maquiller les diverses adultères des joueurs, rafistoler leurs beuveries. Il vend des billets à la sauvette les soirs de matchs pour arrondir ses fins de mois. Il échouera aussi dans son histoire amoureuse.

     Ça n’en a pas l’étoffe mais il y a du James Gray dans ce récit. Cette famille du football ressemble à la société de chemins de fer dans The yards à ceci près qu’on n’y déploie pas suffisamment de matière tragique. Le film manque clairement d’amplitude sur tous les fronts – puisqu’il reste aussi en surface de la vie footballistique – mais c’est pourtant ce qui le raccorde avec son personnage central, Franck (Parfaitement incarné par Franck Gastambide) qui n’a pas vraiment d’aspiration, ni d’histoire sinon un passé fait d’échecs qui le poussent à préserver les jeunes qui en veulent autant qu’il reste insensible à ces vieux briscards privilégiés. La médiatisation footballistique fait malheureusement qu’un club choisit parfois la vieille star déchue (l’arrivée d’un nom pour combler un départ, par exemple) à la jeune garde montante. On peut aussi imaginer que c’est ce que Franck a jadis vécu.

     Le film, très subtilement, n’explicitera rien, n’appuiera pas sur son background. C’est tout à son honneur de la jouer ouvertement non-spectaculaire. C’est aussi sa limite que de ne pas oser se déployer. Par sa mise en scène ou un glissement narratif. Car de la même façon qu’on sait que Franck n’ira jamais tenter ses rêves de Brésil, on sait le film incapable de s’extirper de sa petite zone de confort, quitte à s’ouvrir sur le mélo, le thriller, l’horreur, qu’importe. Il joue de l’épaule alors qu’on voudrait le voir tacler.

     A part ça, outre la jolie musique de Para One (qui n’atteint certes pas son travail sur Naissance des pieuvres), on notera la présence de la toujours épatante Alice Isaaz (qu’on avait déjà adorer dans Elle, et dans La crème de la crème) et qui incarne un personnage qui a tout du faire-valoir un poil cliché (La séductrice des joueurs de football) mais qui se révèle bien plus à mesure qu’elle se rapproche de Franck au point qu’elle tend à vraiment lui ressembler. Le vrai récit tragique se trouvait là je pense, dans cette impossibilité de relier deux paumés cabossés par des passés similaires. Dommage qu’on ne fasse qu’effleurer ça.


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