Archives pour la catégorie Claude Chabrol

La rupture – Claude Chabrol – 1970

29Le monstre familial.

   6.0   Je ne suis pas un grand admirateur de Chabrol mais s’il y a bien une période durant laquelle je le trouve au meilleur de son inspiration, c’est bien celle couvrant la fin des années 60 et le début des années 70, de La femme infidèle aux Noces rouges, en gros. La rupture est le film qu’il réalise dans la foulée de son chef d’œuvre, Le boucher. Et c’est un film passionnant autant qu’il est un peu raté dans sa mécanique. Trop froid, trop à distance de ses personnages alors que le film a tout pour être franchement bouleversant : L’histoire d’une femme qui souhaite récupérer la garde absolue de son enfant face à un mari toxicomane et violent, protégé par sa famille, de riches bourgeois qui pensent avoir leur droit sur tout. Tout le début est fort, autant l’introduction d’une violence inouïe que la discussion, très belle, entre Stéphane Audran et son avocat dans un tram. Quand le film se permet de s’étirer de la sorte c’est très beau. Dès que Jean-Pierre Cassel entre en scène, l’espèce de machination qui l’accompagne (Il est engagé par les riches beaux-parents pour trouver La preuve qui permettra à la mère de se faire rejeter la garde par le juge) prend trop de place et brise l’élan dramatique en déroulant les coutures d’un scénario aussi visible qu’alambiqué. Et puis j’ai un problème avec certains points de l’interprétation, notamment le mari (Drouot) ou les vieilles joueuses de tarot. Ça pourrait parfois donner un truc barré à la Polanski mais ça ne prend vraiment jamais. Reste quelques belles séquences malgré tout. Et Michel Bouquet, toujours impeccable quand il s’agit de camper le monstre haut de gamme.

Le scandale – Claude Chabrol – 1967

12987138_10154099321297363_2308914864612121369_nThe Champagne murders.

   4.2   C’est le titre du film lors de sa sortie outre-Atlantique. C’est n’importe quoi, mais j’aime bien. Le film : la première partie est affreuse. Presque aussi mauvaise que Pas de scandale, de Jacquot. Ces deux films n’ont certes rien en commun mais il fallait que je fasse d’une pierre deux coups. Ronet et Perkins cabotinent comme des cochons. La satire bourgeoise chère à l’auteur prend les contours d’une farce lourde et grotesque, où la mise en scène est d’ailleurs d’une pauvreté hallucinante. Bref, c’est chiant comme la pluie, il faut se faire violence pour ne pas couper. Puis le film s’améliore nettement dans sa dernière demi-heure, notamment durant la soirée chez la sculptrice qui permet d’entrevoir de belles idées formelles dans les intérieurs. Il étire davantage, se débarrasse de ses saccades et de son hystérie insupportables ; Et puis il y a Stéphane Audran, invisible, mystérieuse, sexy, brutale. Sublime, quoi. Ça ne sauve pas ce Chabrol, qui se situe vraiment dans sa période creuse, avant ses plus grands chefs d’œuvre, mais ça permet d’en garder un petit quelque chose et d’entrevoir parfois, une porte vers cette merveille qu’est La femme infidèle.

Rien ne va plus – Claude Chabrol – 1997

35.14Point de non-retour. 

   2.1   J’ai enfin trouvé le dernier tournant de la carrière de Chabrol. En 94 il fait L’enfer, excellent. Puis en 95 La cérémonie, l’un de ses meilleurs films. Et en 97 il y a ce Rien ne va plus, qui est en fait un gros nanar. Et ensuite, Chabrol ne fera plus rien de potable ou presque. C’est triste. Ce film est du cinéma triste. On sent qu’il n’y croit plus. Et le titre raconte déjà tout c’est d’un vertigineux.

La fleur du mal – Claude Chabrol – 2003

la-fleur-du-mal-claude-chabrol-2003-1024x763Secrets de famille.  

   5.0   Au-delà de la mise en scène extrêmement plate, sans envergure et du sur jeu constant (les trois quarts des dialogues sonnent faux) il y a pourtant une histoire qui me séduit car elle perpétue le style Chabrol et achève d’inscrire son penchant pour la satire bourgeoise en enfonçant encore plus le clou, jouant cette fois ci sur la culpabilité de génération en génération. Il y a un truc assez délectable qui se crée dans cette machine infernale même si le film fait in fine indéniablement partie de la période régressive de Chabrol, post La Cérémonie.


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Auteur:

silencio


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