Archives pour la catégorie Clément Cogitore

Les Indes galantes – Clément Cogitore – 2017

34. Les Indes galantes - Clément Cogitore - 2017Tous en scène.

   6.5   C’est une commande de l’Opéra de Paris, ça ne dure que cinq minutes mais ce mec, Clément Cogitore – nommé deux fois cette année aux César catégorie courts – raconte dix fois plus de trucs que Noé dans Climax, uniquement en observant une troupe de danseurs de Krump improviser façon battle sur Rameau. Les Indes galantes ici ose le paradoxe fulgurant : Les images semblent être volées par un caméraman spectateur parmi la foule en cercle, pourtant elles sont absolument démentes, ne tremblent pas mais se cognent, ne se font pas témoins de la transe mais s’en accommodent, dans une contagion sublime. Je pense sincèrement que Cogitore fait partie des futurs grands. J’avais des réserves sur Braguino mais le film me hante littéralement, à tel point que je l’ai acheté il y a quelques semaines. Je veux le revoir, Braguino. Et Les indes galantes c’est pareil. Vivre dedans. Voir, entendre, vivre cette danse à jamais.

Braguino – Clément Cogitore – 2017

26. Braguino - Clément Cogitore - 2017Ennemi invisible.

   6.0   Les promesses valent parfois plus que le résultat. Le simple fait d’aller tourner en pleine taïga sibérienne (loin, très loin de toute civilisation) ce documentaire sur « l’affrontement » entre deux familles que rien n’oppose (Elles ont toutes deux choisi de vivre dans cette contrée perdue) mais que tout oppose (Elles ont choisi le même lieu, uniquement séparé par une barrière, découpé par ce fleuve no man’s land) relevait d’un conte d’explorateur fou, quelque part entre le cinéma d’Herzog et celui de Wang Bing. Au final, il me semble que le film ne va pas suffisamment en profondeur, aussi bien dans son approche du réel, que du point de vue du conte comme du registre expérimental. Cogitore n’est pas Rouch et si la fameuse séquence de l’ours évoque La chasse au lion à l’arc, elle est surtout là pour appuyer la sidération plutôt que la faire grimper. Il me manque de la matière écrite pour y trouver ce que je peux trouver chez Herzog, il me manque du vertige pour y trouver ce qui m’avait tant fait voyager dans les œuvres expérimentales de Julien Loustau (Sub) et Lucien Castaing-Taylor et Vénéna Paravel (Leviathan). Du coup je ressens un déséquilibre, entre cette forte ambition de conter moins une utopie autarcique que l’échec d’une utopie communautaire, et une tendance à sur esthétiser, ce qui ne colle pas vraiment avec la sécheresse du récit. Si le film avait duré plus longtemps, ces instants gênants se seraient révélés forts, probablement, là ils me paraissent un peu poseurs. Quitte à calculer, à surjouer le réel, j’attendais une envolée shakespearienne entre les enfants Braguine et les enfants Kiline, par exemple. Ceci étant c’est très beau. Et puis c’est rare de filmer des enfants ainsi, qui portent autant l’innocence que la terreur.

 


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silencio


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