Archives pour la catégorie Coline Serreau

La crise – Coline Serreau – 1992

15. La crise - Coline Serreau - 1992Tout est chaos.

   4.0   Sujet percutant et o combien d’actualité (la crise sous toutes ses formes) mais traité avec la finesse caractéristique de Coline Serreau, très mère-la-morale, qui fait que j’ai trouvé ça globalement insupportable la première moitié avant d’être un peu séduit par bribes dans la seconde. Les dialogues, bien que trop écrits, sont hyper cinglants. La scène avec Maria Pacôme, incarnant la mère de Lindon a de loin ma préférence et notamment cette réplique mémorable :

     « Alors Victor, tu arrêtes, tu arrêtes tout de suite, tu te tais et tu m’écoutes !… Alors écoute bien… Tes problèmes de boulot, tes problèmes avec ta femme, tes problèmes de fric, tes problèmes en général et en particulier, moi, ta mère, je m’en fous comme de l’An quarante… Tu m’entends, je m’en fous mais alors je m’en fous, je ne peux pas te dire à quel point je m’en fous, je n’en ai vraiment rien, rien, rien à foutre… Je peux te dire encore mieux : non seulement je me fous de tes problèmes mais je me fous également des problèmes de ta sœur, je m’en fous totalement!… Attends, il y a encore plus rigolo : je me fous royalement des problèmes de ton père… Non, non, mon lapin, tu ne rêves pas ! Pendant trente ans, je vous ai torchés, nourris, couchés, levés, consolés tous les trois, j’ai repassé vos chemises, lavé vos slips, surveillé vos études, je me suis faite des monstres de bile, je n’ai vécu que pour vous, qu’à travers vous… J’ai écouté toutes vos histoires, vos problèmes et vos chagrins sans jamais vous emmerder avec les miens… Alors maintenant, je prends ma retraite ! »

     Voilà, ça reste de la prouesse d’écriture (et d’interprétation) : Le film a par ailleurs obtenu le César du meilleur scénario en 1993 et c’est pas vraiment une surprise : C’est un pur film de scénario. Du théâtre filmé. Aussi enlevé dans le texte qu’il est tristoune à l’image. A l’époque ça m’aurait sans doute davantage séduit. Après, je veux bien que le film soit assez hybride, qu’il soit déprimant et aussi très drôle, à la fois corrosif et in fine très vain. Mais cette fin c’est pas possible. On peut pas vouloir tout flinguer à ce point et s’en aller sur un câlin de retrouvaille.

La belle verte – Coline Serreau – 1996

14. La belle verte - Coline Serreau - 1996L’évangile selon Sainte Coline.

   2.0   De La belle verte – que je rêvais de voir – je connaissais la scène de l’automobiliste, incarné par Francis Perrin, séquence devenue aussi culte que « les pieds souvent dans la gueule » de Chuck Norris, disons. Un chef d’œuvre de scène embarrassante dont j’ignorais qu’elle serait pulvérisée par une autre, celle du Danube bleu au Parc des Princes. Un frisson de la honte tel qu’il est rare d’en avoir, vraiment. Et La belle verte en est parsemée, de ces savoureux moments. On va pas tergiverser le film est nullissime, gênant, fabuleux, bref à la hauteur des espoirs que j’avais placé en lui. Un immense naveton qui sous ses fausses allures de comédie hippie est persuadé d’afficher la recette miracle pour sauver la planète, qu’il arbore de sa petite morale neuneu rentrée au chausse pied. Les êtres humains sont donc débiles et le seul moyen de les sauver c’est de les déconnecter, autrement dit leur laver le cerveau, afin qu’ils ne soient plus que de pauvres marionnettes inoffensives (le rôle le plus embarrassant qu’ait eu à camper Lindon, assurément). Bref un truc qui se pense gaucho-écolo mais qui respire le passéisme mi catho mi fasho. Mais le pire (c’est dire le niveau) se joue probablement au niveau de la forme, tant c’est le néant. Une suite de sketchs découpés n’importe comment, montés à l’arrache, interprétés avec le cul (mention spéciale à Serreau elle-même d’ailleurs). C’est irregardable, franchement.

Trois hommes et un couffin – Coline Serreau – 1985

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Trois en un.   

   6.5   Hum. Bon allez je me jette à l’eau : j’ai aimé (pas jeter de cailloux stp). Tout d’abord il faut situer le film dans ce qu’il représente pour moi, car je le regardais beaucoup étant petit, je me souviens que j’étais très ému par ce film. Je pensais détester aujourd’hui ne l’ayant pas revu depuis peut-être quinze ans. Et bien pas du tout ! Je le trouve toujours aussi attachant. Bien sûr en terme de mise en scène laissons tomber, c’est du Serreau de toute façon donc on est prévenu. Quoique je ne trouve pas que la réalisation à l’intérieur de l’appartement soit ratée, il y a vraiment des choses intéressantes dans la manière de filmer chaque pièce suivant le personnage et le salon comme un no man’s land. Dès qu’elle en sort c’est là que ça se gâte. Au-delà de ça je trouve les dialogues enlevés, les situations savoureuses même si on aurait aisément pu se passer de quelques aberrations, bien entendu. Mais surtout je trouve que le film est beau sur ce qu’il raconte de la transformation des personnages et leur fierté personnelle à ne pas s’avouer leurs faiblesses. Ce qui me surprend le plus c’est de le voir se jouer admirablement du stéréotype homme/femme et toute proportion gardée ça m’a rappelé Kramer vs Kramer (dans mon panthéon personnel) puisqu’il y a 3 hommes mais on pourrait dire qu’il n’y en a qu’un, aux personnalités multiples. D’ailleurs, la mère s’efface dans les deux cas à la fin, consciente que son enfant est entre de bonnes mains. On peut le voir comme une version bouffonne et couche culotte du film de Robert Benton mais je trouve que outre quelques ratés ci et là (le sachet de came par exemple) le film grimpe vraiment bien émotionnellement. Surprise donc, comme il y a longtemps, ça m’a ému.


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silencio


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