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Sicilia! – Danièle Huillet & Jean-Marie Straub – 1999

sicilia1Voyage en Italie.

   7.2   Je suis absolument ravi. Découvrir un cinéaste – ici un couple de cinéastes – déjà c’est découvrir un cinéma. Donc de ce point de vue là j’étais très enthousiaste, très impatient. J’avais entendu dire que c’était un cinéma difficile, exigeant. Est-ce parce qu’il s’agit de Sicilia !? Toujours est-il que j’ai trouvé ça beau et passionnant d’un bout à l’autre. En tout cas ça ne m’a pas paru inaccessible au contraire. Donc Sicilia ! Œuvre très intéressante, dès le premier plan, dès la première parole. Beau comme du Akerman (le cadre, l’attente, le bruit), profond comme du Bergman (le cadre aussi, le dialogue, la nervosité). Sauf qu’ici Huillet & Straub empruntent le roman Conversation en Sicile de Vittorini. Un homme d’origine italienne, vivant en Amérique depuis longtemps, retourne sur ses terres natales et observe, se souvient. Un vendeur d’oranges, un voyageur dans un train, sa propre mère et un remouleur. Autant de situations dialoguées pour parcourir l’histoire de la Sicile. La séquence mère/fils est somptueuse, très poétique. Séquence qui doit durer une bonne moitié du film qui m’a semblé aussi forte émotionnellement que l’histoire contée par Bibi Andersson dans Persona. Le couple cinéaste dynamite toute nostalgie ou mélancolie nuisible. Des faits, des souvenirs seulement, pas de jugement, chacun est écouté pour ce qu’il a à dire. On nous imprègne des odeurs, des bruits. On nous laisse imaginer les couleurs. Le port de Messine, le trajet de ce train (encore une fois on pense à Bergman et Akerman respectivement pour Le silence et Les rendez-vous d’Anna), le hareng sur le feu… Les personnages ne vivent pas vraiment l’histoire, ils récitent. Ils récitent Vittorini. Jean-Marie Straub a dit « C’est un texte qui n’est pas d’eux ! Donc il ne faut surtout pas qu’ils donnent l’impression que c’est d’eux ! ». Je suis entièrement d’accord avec ça. Aussi, une scène, que l’on ne verra d’ailleurs pas qu’une fois, m’a beaucoup marqué : l’objectif effectue une panoramique gauche/droite déployant l’immensité de l’espace, la campagne et la ville, avant de revenir en sens inverse et de s’arrêter sur la ville. L’objectif c’est l’œil humain ici. L’œil de l’homme sur le retour. Celui qui scrute l’horizon, qui apprend à ré apprivoiser l’endroit, sans doute celui qu’il connaissait jadis par cœur.


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silencio


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