Archives pour la catégorie David Lean

Le pont de la rivière Kwaï (The bridge on the river Kwai) – David Lean – 1957

02. Le pont de la rivière Kwaï - The bridge on the river Kwai - David Lean - 1957Mad men.

   8.5   Adapté du roman éponyme d’un auteur français, Pierre Boule (qui est aussi l’auteur de La planète des singes) écrit en 1952, Le pont de la rivière Kwaï raconte l’histoire, en pleine jungle thaïlandaise durant la seconde guerre mondiale, d’un régiment de soldats britanniques prisonniers dans un camp japonais, contraints de construire un pont stratégique, au-dessus de la rivière Kwaï, afin que la ligne de chemin de fer relie Rangoon à Bangkok.

     Le récit se déploie en deux grands mouvements. Se joue dans un premier temps une résistance téméraire de la part du colonel Nicholson, qui, s’appuyant sur un texte des accords de Genève, refuse l’ordre du colonel Saïto de faire travailler tous les prisonniers, y compris les officiers. De fait, ces derniers sont mis « au four » ces espèces de cabanes de tôle sous lesquelles il doit faire une chaleur à crever. Quant aux autres soldats, et sous le commandement japonais, ils doivent construire un pont, en un temps limité, mais ils n’y mettent pas beaucoup de cœur.

     Un rapport de force passionnant s’établit entre les deux officiers en chef, quand bien même l’issue ne souffre d’aucune surprise : On sait pertinemment que l’officier japonais flanchera, il a besoin de ce pont, donc de main d’œuvre, donc de soldats, qui pour qu’ils soient efficaces se doivent d’être à l’écoute de leur supérieur britannique.  

     Dans un second temps, un montage alterné nous permet de suivre l’édification du pont, que le colonel Nicholson prend étrangement au sérieux, au point d’engager un nouvel ingénieur qui modifiera l’emplacement du pont, et d’accentuer la charge de travail. Pour lui, ce pont pour l’ennemi, représentera la gloire de l’armée britannique : Entre autres il servira à rapatrier les blessés. Mais de nous intéresser aussi, en amont de la rivière, à un commando chargé par l’état-major des forces alliés, de faire exploser le dit-pont le jour de son inauguration.  

     Le pont de la rivière Kwaï faisait partie de ces immenses classiques, multi-oscarisé, au succès planétaire (rien qu’en France le film fait plus de treize millions d’entrées, impensable aujourd’hui pour un film de ce standing) que j’avais vu sans les voir, au détour d’extraits et passages télés (quand j’étais gamin) ou pour avoir entendu mon grand-père (qui l’adorait) en parler ou parce que j’ai lu plein de choses à son sujet, surtout quand j’ai commencé à m’intéresser au cinéma, à lire sur le cinéma et qu’on commence toujours par ces grands classiques accessibles et indéboulonnables.

     Classique, Le pont de la rivière Kwaï semble pourtant l’être de moins en moins, j’ai l’impression. Mais, classique – un terme qui par ailleurs n’a plus vraiment de sens – il ne l’est justement pas tant que ça. Ou bien La grande illusion, de Renoir, est un classique. Les deux films se ressemblent beaucoup, par ailleurs, tant ils traitent tous deux de la relation ambiguë entre des prisonniers de guerre et leurs geôliers.

     C’est d’autant plus passionnant d’un point de vue théorique que cet étrange affrontement est aussi celui de David Lean, le scénariste Carl Foreman (dont Lean réécrira une grande partie du script) et le producteur Sam Spiegel. Cette collaboration qui n’est pas sans conflit, finit par porter ses fruits – d’autant plus quand on sait le succès du film ensuite – au même titre que la collaboration Nicholson / Saïto permettra in fine d’établir dans les temps un pont encore plus beau et solide que celui préalablement prévu dans les plans.

     Et peut-être que pour que ça fonctionne à ce point, il fallait un vrai décor, un pont grandeur nature au milieu de la jungle. Faute de trouver le site souhaité en Thaïlande, le film se tournera au Sri Lanka, autour d’un ouvrage colossal, l’un des plus grands décors jamais construits pour un film. Et qui sera donc entièrement détruit (avec le train) pour la grande séquence finale. En une seule prise, à cinq caméras. Fallait pas se louper.  

     En outre, sous ses allures de grande fresque guerrière, Le pont de la rivière Kwaï est aussi un film très doux dans ses plans, très contemplatifs aussi, alternant les plans de couchers de soleil, d’animaux, de jungle luxuriante, de cascade, de pluie, et bien entendu des plans d’ensemble hallucinants révélant une batterie phénoménale de figurants.

Oliver Twist – David Lean – 1948

13. Oliver Twist - David Lean - 1948Le petit orphelin.

   6.0   Dans un style similaire je préfère Les grandes espérances, l’autre adaptation de Dickens signée Lean, un an avant celle-ci. Oliver Twist est quand même une bonne porte d’entrée (Et pour les enfants, aussi) dans le cinéma de Lean, afin d’apprécier son ambition visuelle et narrative, d’autant plus qu’ici sa vision de Londres est fortement inspirée par l’expressionnisme allemand. Et si le récit se finit bien (Pour son petit orphelin de dix ans) le film est parcouru de visions cauchemardesques, quasi horrifiques, symbolisée par ce monde d’adultes brutaux, pervers, implacables, aussi bien dans la première partie se déroulant dans l’orphelinat d’une paroisse de l’ère victorienne que dans la seconde, en compagnie d’une bande de voleurs des rues londoniennes.

Les amants passionnés (The passionate friends) – David Lean – 1950

20. Les amants passionnés - The passionate friends - David Lean - 1950Ample rencontre.

   8.0   Je prends mon temps, mais chaque découverte d’un film de David Lean est un émerveillement. Celui-ci est fabuleux évidemment, un film-cousin de Brève rencontre – la passion étirée contre la passion éphémère, toutes deux impossibles – qui brille aussi bien dans sa narration (l’écriture est un bonheur de chaque instant, raffinée, dense, limpide, passionnante) que visuellement : impossible d’oublier ce qu’il fait ici d’Annecy et des Alpes, mais aussi de ces scènes d’intérieurs ou de métro.

     C’est un grand film sur une passion inachevée, pour laquelle le vertige temporel est palpable : le film se déroule sur plusieurs temporalités, enchâssant retrouvailles et séparations, visions et souvenirs, avec parfois des flashbacks dans des flashbacks, sans jamais nous perdre et sans jamais perdre la mélancolie du présent. Une splendeur de chaque instant. Une fois de plus, merci Arte pour la découverte !

Les grandes espérances (Great expectations) – David Lean – 1947

25. Les grandes espérances - Great expectations - David Lean - 1947Orphelin et gentleman.

   6.5   Un an après Brève rencontre, Lean ambitionne d’adapter Charles Dickens. Avant Oliver Twist, il sera d’abord question de Great expectations. Le film est somptueux visuellement. Mais il manque du souffle romanesque qu’on retient souvent de lui, essentiellement ses fresques épiques. Le film est un peu trop engoncé dans sa beauté noire et son récit dense. L’histoire d’un jeune orphelin de l’Outre-manche promis à devenir forgeron, qui devient gentleman londonien grâce à un mystérieux bienfaiteur. Le film m’impressionne surtout dans sa première partie, aussi bien ses plages écarlates que ce cimetière embrumé, mais aussi dans cet antique manoir figé dans le temps déployant un univers gothique passionnant.


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