Archives pour la catégorie Duncan Jones

Warcraft – Duncan Jones – 2016

13. Warcraft - Duncan Jones - 2016Mixture immangeable.

   1.7   Houla. Vu uniquement car Duncan Jones est aussi le réalisateur des excellents Source code et Moon. Là j’ai pas compris. Ça tend vers les derniers blockbusters de Jackson, type Le Hobbit, mais sans la cible familiale. Du coup, niveau rythme et construction c’est plutôt original, mais c’est terriblement chiant à regarder. Même pas pu finir. Je découvrais totalement l’univers car je ne connais pas le matériau original et il semblerait que ce soit vraiment pas pour moi. Concernant cette sortie de route de Duncan Jones je ne m’en fais pas, ça sent la commande, il faut bien qu’il mange et je suis persuadé qu’il me séduira autrement la prochaine fois.

Source code – Duncan Jones – 2011

Source code - Duncan Jones - 2011 dans Duncan Jones source_code_movie_2011-550x343

Breaking now.

   7.1   La magie de Source Code ne se borne pas à l’énergie qu’il déploie dans la construction de ces allers et venus temporels, comme cela peut être le cas dans un film de Tony Scott (Déjà vu), c’est dans son refus de se placer du côté du pouvoir donc d’appréhender le point de vue de la victime que le film grimpe crescendo vers des cimes émotionnelles qu’il n’est pas coutume de se voir offrir de cette manière là dans un film du genre, n’acceptant quasiment aucune facilité.

     Et choisir le camp de la victime c’est en quelque sorte refuser un suspense qui est à priori celui que l’on va rechercher en premier, à savoir le drame à l’échelle planétaire (la résolution de l’attentat pour en éviter un second) et non le drame individuel (exploitation du cerveau d’un homme condamné). Source Code est proche de Moon, sur de nombreux points. Et le thème central chez Duncan Jones c’est l’exploitation humaine par la technologie, la matérialisation par les souvenirs, le clonage par la morphologie et l’impact qu’il a sur l’individu en question qui s’en rend compte.

     Chez Jones, cette découverte se propage par la complicité. C’était l’ordinateur et le deuxième clone dans Moon, c’est l’employée du réseau secret dans Source Code. L’Homme ne pourra jamais se sortir des griffes du système tout seul c’est ce qui semble ressortir de ce cinéma qui choisit la rébellion de la victime plutôt que le héros sauveur du monde.

     Le Colonel Stevens est mort en Afghanistan, disons plutôt qu’il fut déclaré mort. Plus rien ne fonctionne hormis son cerveau, qui alimenté par un procédé scientifique lui permet à la fois de matérialiser ses pensées (donc de s’imaginer coincé dans cette capsule qui l’a probablement tuée) mais aussi de le projeter dans le passé et le corps d’une personne morphologiquement similaire à lui. Et c’est ainsi que cette organisation secrète le garde et s’en sert de cobaye pour la résolution de cette enquête visant à arrêter le terroriste qui tua les passagers de tout un train aux abords de Chicago le matin même, avant qu’il ne récidive, comme cela est prévu, dans la métropole même. L’enjeu c’est donc ce code source, à savoir huit minutes de projection dans la peau d’un passager du train afin de débusquer les indices qui mènent à la bombe et au terroriste. Mais si la projection semble illimitée en quantité, problème est qu’elle se limite donc à ces huit minutes et surtout le temps continue de tourner dans le réel.

     Source code joue habilement ce côté Code Quantum/Un jour sans fin où les projections répétées aboutissent à quelque chose (découverte de la bombe dans les toilettes) ou à rien (poursuite d’un homme suspect finalement simplement pris par le mal du train). Et en parallèle, puisque c’est le sujet, le personnage dans la peau d’un autre tombe progressivement amoureux de la jeune femme qu’il a en face de lui qui semble être une collègue de l’homme dont il a investit le corps. L’univers parallèle devient le leitmotiv principal. Un nouveau monde. Une strate temporelle qui ne serait plus dépendante de l’autre à laquelle il faut mettre fin, en débranchant le Colonel Stevens pendant qu’il est projeté et déjoue la mort du personnage qu’il habite. La fin à Chicago est magnifique. J’aime un peu moins les dernières secondes du film qui laissent supposer que dans ce nouveau monde, l’expérience du code source est simplement repoussée, donc que la projection du Colonel Stevens, suivant l’univers dans lequel il se trouve, est inévitable. J’aurais préféré que le film s’achève là, devant ce monument de verre aux multiples reflets qui nous disait déjà tout.


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Auteur:

silencio


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