Archives pour la catégorie Édouard Molinaro

La mort de Belle – Édouard Molinaro – 1961

14. La mort de Belle - Édouard Molinaro - 1961Le beau coupable.

   7.0   Difficile de croire que Molinaro aura ensuite cette filmographie émaillée de comédies populaires quand on voit La mort de Belle, l’un de ses premiers films, d’une noirceur totale. Une adaptation de Simenon (que lui-même revendiquait comme l’une des plus fidèles et réussies) dans laquelle un homme ordinaire est très vite suspecté du meurtre d’une jeune étudiante américaine et fille d’une amie, qu’ils hébergeaient, lui et sa femme, dans leur pavillon de Genève. Belle, la demoiselle en question, est en effet retrouvée morte étranglée, un matin dans sa chambre. Le juge d’instruction, l’opinion publique et sa femme elle-même soupçonnent vite cet homme et rien, sinon un jeune policier plus scrupuleux, ne se mettra en travers de ce soupçon général. La fin est terrible. C’est un grand film sur une machine judiciaire disloquée et sur un homme perdu, bientôt rongé par la culpabilité de n’être que lui-même. Jean Desailly y est incroyable.

Pour cent briques, t’as plus rien – Edouard Molinaro – 1982

23. Pour cent briques, t'as plus rien - Edouard Molinaro - 1982« Deux mille huit cents pages, d’un coup, il a pas supporté. C’est pas un intellectuel »

   5.0   Je m’attendais à un nanar des familles puissance dix (ce titre déjà…) d’autant que c’est l’adaptation d’une pièce. Mais la première partie est plutôt chouette, dans la veine de Viens chez moi j’habite chez une copine (Patrice Leconte, 1981) ou Marche à l’ombre (Michel Blanc, 1984) car on suit le quotidien de deux losers (Sam & Paul, Auteuil & Jugnot) sur le point de l’être encore davantage quand Sam se retrouve au chômage. Ça ira même jusqu’aux huissiers. « Comment on va faire sans télé ? » se lamente Paul, qui passait ses journées devant. Autrement dit : Comment fait-on sans fiction pour échapper au réel ? Il ne reste plus qu’à devenir sa propre fiction et voilà nos deux paumés décidés à commettre un braquage, prenant exemple sur ceux des films ou d’autres faits divers qu’ils suivaient sur la petite lucarne. La deuxième partie sera plus attendue : une sorte de version casse du Père Noël est une ordure, la drôlerie en moins (quelques dialogues font mouche mais dans l’ensemble c’est très poussif). Un banal huis clos qui devient pièce de théâtre filmée, où les acteurs s’amusent comme des fous. Nous moins, jusqu’à une sortie de banque très décevante car bâclée.

L’emmerdeur – Édouard Molinaro – 1973

16. L'emmerdeur - Édouard Molinaro - 1973« Salaud ! Neurologue de mes fesses ! »

   5.5   S’il en a même tiré un remake (que je me refuse toujours de voir) avec Timsit & Berry, difficile encore aujourd’hui de ne pas considérer L’emmerdeur comme un film de Francis Veber : Tout Veber ou presque y est déjà. Notamment ce curieux duo, apparemment mal assorti qui se révélera touchant et complémentaire. Plus tard ce sera, pour le meilleur de Veber, Pierre Richard & Gérard Depardieu aka Pignon/Perrin & Lucas/Campana Mais on peut déjà y trouver de belles prémisses au sein de celui formé dans Le Jouet, entre un gosse de riche et un monsieur qu’il a entrepris qu’on lui offre. Très beau film, qui compte beaucoup pour moi et qui sera finalement le tout premier film de Veber, en tant que réalisateur. Car s’il écrit L’emmerdeur c’est bien Édouard Molinaro qui se charge de le réaliser. Et Molinaro, c’est souvent très moyen, pour rester poli mais ici il s’en tire plutôt bien, surtout durant la première partie du film, toute l’installation et la présentation des deux personnages jusqu’à ce que leurs chemins se croisent enfin. Quand le moment attendu arrive, que le film apparemment noir (Ventura tient le rôle d’un tueur à gages missionné pour éliminer un parlementaire) se transforme en buddy movie, le film se repose quasi intégralement sur les présences de Brel & Ventura, géniaux tous les deux. Puis le film en fait finalement trop, se perd dans ses gags, accélère son tempo, sort beaucoup trop de cet immeuble. Ça devient un peu trop n’importe quoi. Mais on s’en remet à cette étrange association d’acteurs et le film reste malgré tout relativement plaisant jusqu’au bout.

Le souper – Édouard Molinaro – 1992

10. Le souper - Édouard Molinaro - 1992La petite bouffe.

   3.0   Molinaro ou pas (son cinéma m’intéresse peu) la curiosité s’éveille sitôt qu’un film cast Claude Rich & Claude Brasseur, qui plus est s’ils incarnent Fouché et Talleyrand, pour une confrontation verbale autour d’un diner, ayant eu lieu le 6 juillet 1815, juste après la défaite de Waterloo, pendant que le peuple manifeste sa colère dans les rues. Il faut savoir que cet épisode historique a d’abord été mis en scène au théâtre, dans une pièce déjà incarné par les mêmes interprètes. Le défi pour Molinaro est donc d’en faire un film de cinéma, de nous faire oublier ses velléités théâtrales. Malheureusement la forme est d’une banalité terrible, morbide, d’un ennui colossal. Il y a l’opposition de deux présidents (du Gouvernement provisoire et du Conseil) pour décider de l’avenir de la France. Deux monstres qui se détestent et s’admirent. C’est tout. Il y a Rich, Brasseur et le texte de Brisville. Molinaro, lui, n’invente pas grand-chose.

Quand passent les faisans – Edouard Molinaro – 1965

Jean Lefebvre, Bernard BlierEscrocs mais pas trop tôt.

   6.0   Le voilà mon Molinaro préféré. A ce jour, du moins. Ça s’essouffle un peu sur la fin mais ça reste très chouette, très drôle, hyper rythmé, bien écrit. Les dialogues d’Audiard sont parfaitement distillés, parfois tonitruants et ne contaminent pas le récit comme c’est malheureusement souvent le cas ailleurs. Et Bernard Blier est génial. Il forme un super duo avec Jean Lefebvre. Quant aux seconds rôles Meurisse/Serrault, ils sont tellement parfaits qu’ils parviennent à s’imposer, leur voler un temps la vedette puis leur laisser à nouveau le champ libre. C’est du juste dosage et ce n’est pas si évident sur le papier, avec ces gais lurons-là.

Beaumarchais, l’insolent – Édouard Molinaro – 1996

19. Beaumarchais, l'insolent - Édouard Molinaro - 1996Molinaro, l’assommant.

   4.0   C’est sans doute très bien sitôt qu’on parvient à y entrer, d’autant que la mise en scène, sans être fulgurante, est plutôt soignée, énergique. Les décors aussi, les costumes, les dialogues tout est minutieux, bien travaillé. Ajoutez un casting hallucinant : Qui excepté Molinaro, était capable de réunir dans un même film, Fabrice Luchini, Sandrine Kiberlain, Michel Piccoli, Jean Yanne, Michel Aumont, Jean-François Balmer, Jean-Claude Brialy, Patrick Bouchitey, Alain Chabat, Isabelle Carré, José Garcia, Martin Lamotte, Florence Thomassin, Michel Serrault, Axelle Lafont, Guy Marchand et j’en oublie ? Sans pour autant que chacun tente d’imposer sa partition habituelle sur les autres. Très fort. Et puis le film a la décence d’être court (1h40 à peine) pour un truc historique avec des stars de partout. Oui mais voilà, je m’y suis ennuyé comme un rat mort. Ça ne s’explique pas. C’est moi ou ce n’était pas le moment, tout simplement.

Mon oncle Benjamin – Édouard Molinaro – 1969

32pMourir pour mourir.

   4.5   Ou la grande différence avec Fanfan la tulipe : L’époque. Non pas celle du récit mais bien celle de la sortie du film. Mon oncle Benjamin sort peu après Mai 68, Fanfan la tulipe post Les Nuls. Il voudrait utiliser l’élan glorieux de Mission Cléopâtre mais se vautre constamment dans le non-gag, appuyé, répété, vulgaire. Sans parler de la mise en scène lourdingue de Krawczyk ; Pas étonnant qu’il soit le moteur de Taxi 2 celui-là. Dans l’un on enfile donc les bites/couilles/chattes comme des perles, les pointes homophobes et misogynes quand l’autre déballe son défilé de nichons, embrassades de culs et autres ambiguïté sexuelle avec un certain équilibre. Molinaro cultive le divertissement lourd (Surtout durant l’hystérique première partie) mais parvient à se poser et laisser libre cours à ses acteurs – Brel, Blier, Jade et les autres s’amusent beaucoup. Krawczik est lui à la moquerie, l’autosuffisance beauf. Et ses acteurs sont tous plus nuls les uns que les autres. On a les époques qu’on mérite. Bon après, sans faire de comparatif avec la bouse ultime, Mon oncle Benjamin ce n’est tout de même pas terrible.


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