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La forêt d’argent – Emmanuel Bourdieu – 2019

36. La forêt d'argent - Emmanuel Bourdieu - 2019Le bouleau ou l’asphalte.

   3.5   David, cadre supérieur à la Banque européenne de développement, se voit confier un contrat important concernant la modernisation des infrastructures routières roumaines. Il propose à la nounou de son fils, Roxana de lui servir d’interprète. Roxana lui décrit la région de son enfance, ses forêts, ses monastères. David y puise l’idée qui fera la différence auprès de sa direction. Tout à son ambition, il embarque la jeune femme dans sa folle aventure, sans en mesurer le danger.

     C’est moins affreux que son film sur Céline. Comment faire pire, ceci dit ? Vraiment, je ne comprends pas ce qu’est devenu ce type, Emmanuel Bourdieu ? Il a tout de même écrit trois (supers) films avec Arnaud Desplechin et réalisé un film que j’adore (car il ne ressemble finalement pas à autre chose qu’à lui-même) : Les amitiés maléfiques. Je l’ai vu il y a plus de dix ans, mais j’avais été marqué par ce récit de vampirisation estudiantine, je me souviens de plein de choses et notamment ses personnages, ses visages, par l’excellence (un poil décalée) de son interprétation, Malik Zidi et surtout Thibault Vinçon, que je retrouverais plus tard dans Memory Lane, de Mikhael Hers. Tout était singulier dans ce petit film à l’atmosphère si étrange. Il ne reste rien de cette singularité ici.

     Alors, peut-être a t-il besoin de glamour, de romanesque pour se déployer pleinement dans sa forme. Que ses sujets soient plus légers afin que sa mise en scène brille et s’aère. La forêt d’argent n’est qu’un téléfilm (pour Arte) certes, il ne doit donc avoir ni le budget ni la liberté de faire une vraie proposition intéressante, personnelle, mais quand même, quelle tristesse de voir un truc aussi plat et bourgeois, dépourvu de passion et d’aspérité. Duvauchelle sait parfois être très bien, mais lui non plus n’y croit pas ici, ça se sent. Reste Marina Palii, qui incarne la jeune Roxana, belle révélation. C’est peu.

Louis-Ferdinand Céline – Emmanuel Bourdieu – 2016

A146R6WTAgités du bocal.

   2.5   Qu’Emmanuel Bourdieu (Dont j’avais adoré Les amitiés maléfiques, il y a dix ans) oublie de faire de Céline un génie littéraire (On le voit tout juste griffonné quelques lignes courtes par-ci par-là) mas n’omet pas sa face sombre antisémite, c’est une chose. Il y a forcément un déséquilibre puisqu’on a la sensation deux heures durant qu’il nous parle d’un pauvre type, d’un escroc. Mais tout cela fait partie du projet, que l’on retrouve jusque dans le sous-titre du film : Deux clowns pour une catastrophe. En adaptant l’ouvrage de Milton Hindus, ce jeune universitaire juif qui rencontre l’auteur (qu’il admire d’abord, avant d’en être répugné) peu après la guerre, le film a tout du pamphlet anti-Céline. Le film rencontre d’autres problèmes qui ont moins à voir avec sa dimension éthique, c’est que formellement ce pamphlet est morne, statique, grisâtre : Succession de petites scènes hyper gênantes accompagnés non-stop d’une musique lénifiante. On est dans les codes lourds du téléfilm. Jusque dans l’interprétation : Si Géraldine Pailhas est celle qui s’en tire le mieux en Lucette, le jeune qui joue Hindus est inexistant et Lavant, en Céline, et son jeu outré, vulgaire, caricatural, nous refait un Monsieur Merde sans substance. Pas grand-chose à sauver, en fait.


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