Une histoire d’amours et de désirs.
5.5 Joan n’est plus amoureuse de Victor mais n’ose pas lui avouer pour ne pas le faire souffrir. Alice n’éprouve plus rien pour Éric mais se satisfait pleinement de cette relation dépassionnée. Quant à Rebecca, elle entretient une liaison avec ce dernier. Toutes trois sont amies. Et le film ne sera qu’un vaudeville autour de leurs histoires d’amour, de cœur, de conflits amoureux.
L’amour et le désir seront les seuls événements du film. Aucun fond, ni politique ni sociologique n’entrera en jeu. On ne parle ni famille, ni argent, ni travail. Ma meuf me disait justement qu’elle avait été gênée qu’on définisse les personnages en profs de collège, tout en les voyant enseigner au lycée.
Mouret ne filme jamais le travail. Il s’en cogne tellement. Rien n’existe sinon la conversation sentimentale. La question de la sexualité est d’ailleurs perpétuellement évincée chez lui. Cela en fait un film concept et théorique un peu désuet mais aussi très ludique et décalé.
Je suis toujours très sensible à la mise en scène de Mouret, les déplacements de ses personnages dans le cadre, le jeu avec le décor, les cloisons, les portes, isolant les corps, allant parfois jusqu’à les utiliser hors champ.
J’aime beaucoup la douceur avec laquelle le réalisateur de Chronique d’une liaison passagère fait entrer la mort dans son cinéma. Lui qui était si talentueux dans le vaudeville léger et comique, ses atermoiements amoureux habituels se teintent ici d’une gravité qu’on n’avait peu vu chez lui sinon dans le très raté Une autre vie.
Reste que pour un film plaçant le désir en son centre, je peine à vouloir y vivre, à désirer ses personnages, comme dans un Rohmer par exemple. Là il me semble qu’on avance davantage au gré d’un scénario sophistiqué hyper bien agencé mais très balisé. Sur la longueur, le film m’épuise. J’ai la sensation qu’il m’a offert ses meilleures cartouches dans la première demi-heure.
Je crois aussi avoir un problème avec les trois actrices. Peut-être même ces trois personnages. J’achète assez peu leurs circonvolutions sentimentales et encore moins le fait qu’elles soient amies. Je suis plus sensible aux personnages masculins ici. Cela partait donc plutôt bien, mais en définitive j’aime autant ce film que son Mademoiselle de Jonquières. Pas beaucoup.





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