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Engrenages – Saison 6 – Canal + – 2017

ENGRENAGES Saison 6Les sentiers de la perdition.

     8.5   C’est la grande série française du moment, juste après Le bureau des légendes – Je mets Un village français de côté car on approche de la fin. Engrenages continue de progresser, de marquer son territoire. Et ce n’est pas avec cette brillante, fulgurante, addictive saison 6 que ça va changer. Saison qui parvient à réitérer l’efficacité dont elle est devenue coutumière, tout en gommant les quelques fautes de goût qui parsemaient ses deux dernières sorties. C’est son deuxième âge d’or, après son immense saison 3. C’est bien simple on a là tout ce qu’Engrenages peut offrir de génial, avec son enquête centrale en millefeuille (Une sombre affaire de tronc – d’un flic de la BAC – retrouvé sous un tas d’encombrants bientôt suivi du corps d’une adolescente sur le chantier d’un squat) qui manie des policiers corrompus, des frangins de cité gérant d’une salle de boxe, les filles d’un camp de Roms, une histoire de lingots d’or, puis bientôt un proxénète de l’est et un accoucheur clandestin.

     Il faut peu de temps pour qu’on retrouve nos marques (Rappelons que trois années se sont écoulées depuis la saison précédente) dans les bureaux et couloirs de la DPJ, avec un nouveau patron qu’on va d’abord détester parce qu’il est aussi autoritaire qu’il est à la ramasse et qu’on va bientôt adorer pour les mêmes raisons, tout simplement parce que c’est sa manière à lui d’exister et de combattre cette angoisse permanente qui le plonge dans d’importantes crises d’urticaires. On retrouve les planques, les filoches, les pics d’humour (notamment entre Gilou et Tintin, aussi absurde que cela puisse paraître quand on connaît l’issue de la saison) comme les grands coups de gueules, qu’Engrenages a toujours réussi à mettre en scène, faire grimper ou au contraire canaliser, contrairement à une série tape à l’œil comme Braquo – Le dosage de la réplique bien sentie (que les deux séries utilisent beaucoup) en est l’illustration parfaite. On retrouve aussi Herville, muté en banlieue nord, qu’on va recroiser puisqu’il est à la tête de l’équipe qui subit le meurtre de leur collègue. C’est fou ce qu’on détestait ce type avant et comme on va l’adorer maintenant.

     Si Laure a enquêté toute la saison précédente alors qu’elle était enceinte, l’ellipse (assez courte en fin de compte) qui ouvre la saison, permet de la propulser dans un quotidien de soins (son bébé est en réa puis en néonatologie) qu’elle peine à assumer puisqu’elle ne peut s’empêcher de retourner travailler. Quand bien même, la saison dit de grandes choses sur la maternité hoquetante, dans la mesure où Laure peut adorer l’idée d’être mère avant de la rejeter l’instant suivant. Et ça dure une saison toute entière. On pourrait dire que ça tourne en rond mais c’est aussi une belle métaphore de comment se situe Laure aujourd’hui, dans son groupe, dans son enquête. Sa relation avec Gilou n’arrive pas là par hasard, ne sort donc pas du chapeau (Pour faire banale histoire d’amour) : Ils se sont toujours plus ou moins cherché tous les deux. Simplement, quand c’était Gilou qui était au fond du trou (junkie en saison 2, rappelons-le) il n’avait pas l’épaule de Laure comme elle a eu la sienne durant l’intégralité de cette saison 6. Pas prêt d’oublier les mots de Gilou un moment donné où Laure parle de vivre ensemble « Quand tu entres dans la vie d’un enfant, t’as pas le droit d’en sortir » Grosse déclaration d’amour qui m’a embué les yeux.

     Hors DPJ, beaucoup d’histoires secondaires passionnantes. A commencer par le viol de Joséphine et sa bataille (perdue ?) pour d’abord retrouver son agresseur, puis s’en débarrasser en justicière, puis échapper aux accusations dont elle est victime. Vraiment puissant. Et ce d’autant plus ces temps-ci, en plein scandale Weinstein et cie. Je me demande si ce n’est pas ma saison préférée pour cette raison, l’impression qu’elle capte à merveille l’air du temps. L’épisode 9 avec la marche funèbre, impossible que les créateurs n’aient pas écrit en pensant à l’affaire Adama Traoré. Concernant Roban, le pauvre, il affronte à la fois l’arrivée d’une tumeur, le privant d’une partie de sa mémoire et donc de son efficacité dont il est coutumier, mais il doit aussi faire face à une curieuse affaire d’homicide dont le meurtrier involontaire (Une histoire de cul ayant mal tourné) s’avère être le procureur Machard. Ça aurait pu être too much mais Engrenages, comme à son habitude, traite cette histoire avec brio.

     C’est une saison extra sombre en fait. Noire de chez noire, notamment cet épisode 5 : L’adolescente retrouvée morte, le petit Enzo à baffer, le fils de Tintin qui lui fait passer des heures difficiles, Roban et sa biopsie, la dépression de Joséphine, Laure qui ne veut plus aller voir son bébé. J’étais pas bien, complètement sonné. On va pas aller jusqu’à dire que l’épisode suivant nous repose, mais il très différent. Davantage dans l’action avec la séquence Gare du Nord, la filature des mecs de la BAC, la perquisition dans le camp de Rom, mais aussi très fort émotionnellement : Laure et Gilou, Laure et Romy, Tintin et Rubben.

     La fragilité a toujours fait partie intégrante d’Engrenages. Depuis les crises de manque de Gilou jusqu’aux doutes de Tintin. Un personnage va canaliser toute cette détresse dans cette nouvelle saison, un personnage que l’on ne connaît pas mais qui compte déjà beaucoup puisqu’il est le prolongement de Laure : Son bébé, né prématuré. Et il faudra attendre de nombreux épisodes avant d’avoir la confirmation qu’il est tiré d’affaire. Ça permet surtout de se mettre d’équerre avec l’ambiance globale du groupe, à fleur de peau, sur la brèche et l’entente de nos trois inséparables sur le point d’exploser.

     Mon seul reproche c’est qu’on voit tout venir sur les deux derniers épisodes. On se doute que le Camara n’y est pour rien à plus grande échelle (les meurtres) puisqu’il tient Gilou par les couilles, autant dire qu’il est impossible qu’on laisse l’affaire en suspens ni qu’on se sépare de Gilou. Impossible. Donc durant la scène de la station-service, on comprend qu’il va s’en sortir in extremis. Et du coup il devient très vite clair que les mecs de la BAC sont embarqués dans un truc trop gros pour eux. Ils sont l’arbre qui cache la forêt : ces fameux gynéco clandestins et proxénètes psychopathes qui accouchent des minettes comme des bouchers et découpent des types en cas de gêne. Mais bon, ça reste une saison gigantesque. Et ses dernières secondes sont déchirantes.

Engrenages – Saison 5 – Canal+ – 2014

11049562_10153004276477106_780180919799672690_nLes réprouvés.

   8.5   Je suis à la fois hyper enthousiaste et mesuré. D’une part je trouve que la scission de la fin de l’épisode central casse quelque peu la dynamique car franchement, la première partie de saison est haut la main ce que la série aura fait de mieux, c’est ahurissant de maîtrise, de suspense, de densité, de zones d’ombre, de filatures. Franchement, c’est du niveau The Wire, sans forcer. C’est éblouissant dans la construction, vertigineux dans le tempo et ça ne redescend jamais. Mais le final du 6, c’est une tarte, une vraie. Réaliste, absurde et brutal à la fois. Avec le recul on peut se dire qu’on l’attendait tant tout ne tenait plus qu’à un fil et tant le climat n’avait jamais été si électrique à l’image de l’altercation entre Gilou et Tintin ou de ces étranges saignements de nez de Roban.

     La suite est très bien malgré tout, essentiellement le dernier épisode qui m’a fichu dans un état de stress sans précédent. Mais c’est un peu plus du Engrenages comme on l’attend, comme on la connaît. Il y a deux trucs forts : d’une part l’exploitation pleine du season final dernier, on a vraiment la sensation de ressentir son impact dans chacune des situations. Sami n’est plus, Brémont est éclipsé, Herville sur la sellette, Laure dans un deuil violent, Tintin s’en veut de ne pas avoir été là quand Gilou, curieusement se retrouve à composer avec tout ça et à recoller les morceaux – Un comble lorsque l’on se remémore les saisons précédentes, même s’il ne sera pas vraiment épargné plus tard non plus.

     Puis il y a La thématique globale, subtile et surlignée à la fois : l’idée que ce soit la saison des enfants. Pas pour les enfants, loin de là, mais sur les enfants et la tourmente des parents ou futurs parents. Ce n’est que ça. Au départ, une fillette est retrouvée morte dans les bras de sa mère, noyée elle aussi, dans un canal. Au départ toujours, on apprend que Laure Berthaud est enceinte. Au départ encore, le principal suspect de ce double meurtre n’est autre que le père, en fuite avec son petit garçon. Au départ, continuons, Tintin ne rentre plus chez lui, insupporté par ses gosses tyrans. On ne peut pas faire plus clair. Plus tard, c’est une bande de filles que l’on recherche, que l’on suspecte, au détour d’autres recherches et suspections, comme Engrenages sait très bien nous en concocter, au beau milieu d’une histoire de vol de sac, de la mort d’un policier en fonction, de braqueurs de Dab ou de recèle organisé.

     De nombreuses storyline qui se croisent ou non, comme d’habitude, mais avec une fluidité encore plus déconcertante ici. J’aime beaucoup quand la série parvient à me donner le vertige de la sorte. A la fin je commence davantage à tout sentir venir même si, soyons honnêtes, tout fonctionne admirablement. C’est juste que cet entonnoir inévitable commun entre le destin de l’enfant de la capitaine, cette nouvelle petite fille enlevée, cette autre agressée par des chiens et celle bourreau que sa mère a toujours rejeté, crée une légère sensation de trop plein. Sans compter la mise en scène d’un final complètement ratée.

     Quoiqu’il en soit, c’est l’une des plus belles choses que j’ai vu cette année en matière de série, du niveau des quatre dernières saisons d’Engrenages (Série ô combien indispensable je le répète) qui fait d’ailleurs la part belle aux filoches (pour reprendre les mots d’usage) bref le bonheur. J’aurais pu tout mater d’une traite tellement j’étais à fond. Je suis juste déçu de ne pas pouvoir crier que c’est la meilleure saison du show et la seule série avec Breaking Bad où chaque saison est nettement meilleure que celle qui précède tant dans ses six premiers brillants épisodes il n’y avait à mes yeux absolument pas photo.

Engrenages – Saison 4 – Canal+ – 2012

10151956_10152088359907106_4635921358698888042_nHaute tension.    

   8.5   Et donc Engrenages, quatrième opus. Je suis a deux doigts de crier au chef d’œuvre. Je ne sais pas encore si je préfère celle-ci ou la troisième saison. Toujours est-il qu’on a ingurgité non-stop ces douze sublimes épisodes. Tous plus surprenants, angoissants et tristes les uns que les autres. Je ne suis pas prêt d’oublier les doutes de Tintin, la scène de la péniche, l’arrestation du sans-papier, ce commissaire ignoble, le dilemme de Laure, la scène de la carrière, celle du commissariat à la fin, entre autres car j’en oublie. J’en ai des frissons rien qu’en y repensant. Et puis j’adore le fait que cette saison reprenne quasiment là où s’arrêtait la précédente. Franchement je n’ai jamais vu un groupe (dans la police) aussi bien rendu, étoffé, réel que dans Engrenages. C’est fascinant à quel point la mise en scène ne fait que des bons choix. Je parle très bientôt de la saison 5, promis.


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